Preview 2026 : Houston Astros – Vaincre le signe indien

Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Il est l’heure de passer aux Astros de Houston, qui après 8 saisons consécutives en postseason, ont fini par regarder le baseball d’octobre à la maison. La faute, aussi, à une montagne de blessures.

(NDLR : TSO a décidé de me confier la preview des Astros, moi le fan devant l’absolu de cette franchise. Alors préparez-vous car je vais vous envoyer un roman. Je m’en excuse d’avance mais on va se régaler, promis.)

L’un des piliers offensifs de Houston, Alvarez a loupé une grosse partie de la saison. Photo DR

S’il fallait retenir un mot de cette saison 2025, ce serait « blessure ». Houston a connu une hécatombe comme rarement. Yordan Alvarez, Isaac Paredes, Cristian Javier, Spencer Arrighetti etc… J’aurais pu continuer encore longtemps. La plus significative étant bien entendu celle d’Alvarez, le moteur de cette attaque de Houston. Le Cubain n’a pu jouer que 48 rencontres. Une force de frappe incommensurable en moins. Les Astros n’avaient pas besoin de ça, puisque l’intersaison 2024-2025 a été douloureuse pour les fans avec les départs de Kyle Tucker ET d’Alex Bregman. En fin de contrat, les deux joueurs ne rentraient pas dans les finances serrées de la franchise texane, encore emmêlées dans les nombreuses erreurs et contrats juteux donnés à des joueurs moyens (Montero et José Abreu). Bregman a attendu très longtemps avant de finalement trouver un projet à la hauteur de ses espérances (financières). On peut se poser des questions car Houston, lui avait pourtant proposé un peu moins d’argent mais sur une plus longue période. Mais son avide agent a décidé de prendre l’argent des Red Sox et un contrat de 3 ans avec des options pour sortir du deal. Autre dommage collatéral : Kyle Tucker. Ce dernier arrivait dans sa dernière année de contrat et ses exigences dépassaient largement ce que Houston pouvait lui offrir. Après Springer, Correa, Cole et donc Bregman, c’est au tour de Tucker d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Mais, après la peine de cœur causée par le départ de nouveaux membres importants de la période dorée de Houston, les fans ont pu se remonter le moral en voyant que Dana Brown, le GM, s’en était plutôt bien tiré. En effet, c’est 3 joueurs qui débarquent dans le deal dont Isaac Paredes et Cam Smith. Ces deux-là vont jouer un rôle importantissime dans la saison 2025.

Le premier, Paredes, est un gaucher qui aime envoyer ses frappes sur son côté gauche. Ca tombe bien à Houston, le terrain est plus petit sur le côté gauche, grâce aux Crawford Boxes. Le mariage était donc écrit et le Mexicain va tout de suite se sentir à l’aise. Après avoir explosé aux yeux du grand public en 2023, il avait connu un exercice 2024 plus compliqué (.238/19HR et 80 RBI). Pas de quoi inquiéter Houston qui récupère ce joueur capable d’évoluer en 3e base et de remplacer immédiatement Bregman. Sans perdre trop en production. Et il va répondre présent avec .254/20HR et 53 RBI. Lui offrant une sélection au All-star game. Malheureusement, une blessure va venir le tenir éloigné des terrains pendant deux mois. Engagé dans une course effrénée pour une qualification en postseason, Houston va précipiter son retour pour le sprint final en septembre. Mais ce ne sera pas suffisant. Houston galérant sur la 2e partie de saison avec un très mauvais 31 victoires pour 35 défaites.

Après seulement 32 matchs de ligues mineures, Cam Smith a déjà été appelé en MLB. Photo DR

On disait qu’il y avait eu deux retours majeurs pour le club dans ce trade de Kyle Tucker. Le 2e étant le rookie sensation Cam Smith. Drafté en 14e position de la draft 2024, le natif de Lake Worth va évoluer dans 32 rencontres de ligues mineures entre le Simple A et le double A. Arrivé à Houston durant l’intersaison, il va éblouir tout le monde durant le Spring training, forçant le front office à l’intégrer au roster dès le début de saison. Ses débuts vont être laborieux et il va être à la peine jusqu’en mai. Avant qu’il ne trouve finalement ses marques. Il sera ensuite excellent jusqu’au mois de juillet, avant de s’essouffler sur la fin de saison. A l’image de Houston au final. Sans doute sur-utilisé, mais Houston n’avait pas trop d’autres options devant l’hécatombe de blessures. Ce n’est pas moins de 27 joueurs qui vont joueur au moins un match avec l’équipe première. Pour revenir sur Smith, le bilan de son année est plutôt mitigé avec .236/9HR et 51 RBI au niveau statistique pur. Mais il ne faut pas oublier que le garçon n’a que 23 ans (il les a eu le 22 février dernier) et que cette première saison a surtout servi d’adaptation et de mise à niveau de la MLB. On a vu qu’il a su se remettre en question et travailler en cours de saison. Ah oui et est-ce que je vous ai dit qu’il a fait tout ça en apprenant un tout nouveau poste ? En effet, après avoir joué toute sa carrière en temps que 3e base, Cam Smith s’est retrouvé à couvrir le champ droit. Et il a été l’un des meilleurs défenseurs de la ligue à ce poste. Double apprentissage donc pour lui. Ce qui peut excuser ses performances offensives en demi-teinte. L’avenir semble néanmoins radieux pour celui qui a terminé 10e au vote de Rookie de l’année. Et pour Houston qui a immédiatement trouvé le remplaçant de Tucker.

Walker et Altuve ont été moins brillants que prévu pour les Astros. Photo DR

Il y avait également une grosse recrue pour ce Houston version 2025 : Christian Walker. Après avoir connu trois saisons prestigieuses du côté des Dbacks, les Astros vont sortir le chéquier pour attirer le première base. Mais la malédiction de ce poste va continuer puisqu’il va être en immense difficulté offensive avec .238 à la batte. Heureusement, en fin de saison, il va retrouver un peu de sa superbe et atteindre la barre des 27 HR et 88 RBI. Mais, on a été un peu déçu de ses performances que l’on peut également mettre sur un début de saison et une préparation tronquées suite à une blessure aux ischios. Petite saison également pour José Altuve. La légende de Houston a connu une saison spéciale. D’abord envoyé dans le champ gauche suite à la pénurie de joueur dans ce secteur, il a vite montré ses limites à ce poste. L’absence d’Alvarez aura du moins permis à Altuve d’évoluer en DH et ainsi limiter sa présence sur le terrain, lui qui voit sa défense décliner à vitesse grand V. Si au niveau des HR, le petit vénézuélien a répondu présent (26), ce qui faisait sa force – sa moyenne au bâton – a drastiquement chuté à .265. Sa pire moyenne en carrière (outre la saison COVID). Après 13 saisons dans le Texas, le MVP 2017 (eh oui n’en déplaisent aux Yankees) commence à se faire rattraper par son âge. Autre petite déception, la saison de Yanier Diaz. Le receveur a lui aussi a vu sa moyenne drastiquement baisser, passant de .299 en 2024 à .256 en 2025. Même s’il a frappé 20 HR (4e meilleur total de l’équipe).

Enfin dans les bonnes nouvelles offensives, à noter la très belle saison de Jeremy Pena. Le MVP des World Series 2022 lors de sa saison rookie est entré dans une autre dimension en 2025. Outre le fait d’être un défenseur hors pair, il a également prouvé qu’il pouvait être une force offensive. Avec .304 au bâton, 17 HR et 62 RBI et 20 SB, il a été le moteur de l’attaque Texane. Et on peut ensuite évoquer le retour de Carlos Correa dans sa maison. Après avoir quitté Houston en 2021 pour rejoindre les Twins, le numéro 1 de la draft 2012 a été envoyé à Houston par la franchise de Minnesota dans une optique de réduction de coûts. Une arrivée au meilleur moment, puisque il a pu prendre la suite de Paredes au poste de 3e base suite à la blessure du mexicain. Un retour qui a semble t-il fait du bien à Correa puisqu’il frappera .290 avec 6 HR et 21 RBI en 51 matchs soit quasiment autant que pour les Twins en 93 rencontres début 2025.

Valdez a encore sorti une grosse saison pour les Astros. Photo DR

On l’a dit, Houston a souffert des blessures, ce fut également le cas pour le pitching staff. Seuls Hunter Brown et Framber Valdez vont lancer plus de 100 manches. Valdez qui a encore prouvé qu’il était l’un des lanceurs les plus régulier et efficace de la MLB avec 3.66 d’ERA en 192 manches. Pour Brown, on y reviendra plus bas. Mais derrière eux ce fut compliqué de trouver des bras à envoyer sur le monticule. On l’a dit que ce soit Arrighetti (5.35 d’ERA en 35.1 manches), Cristian Javier (4.62 en 37 manches) ou Ronel Blanco (4.10 d’ERA en 48.1 manches), tous ont loupé une immense partie de la saison. C’est donc des joueurs comme Ryan Gusto (4.92 d’ERA en 86 manches) et Colton Gordon (5.34 d’ERA en 86 manches) qui vont d’abord colmater les brèches. Le premier sera ensuite envoyé chez les Marlins dans le trade pour Jesus Sanchez, loin d’être une réussite. Un trade rendu possible par les retours de blessures de Lance McCullers et Javier. Tandis que Gordon ne pourra terminer la saison suite à …. une blessure; Vous commencez à avoir l’habitude. La seule bonne nouvelle fut la trouvaille de Jason Alexander. Récupéré mi-mai sur la Waiver, il va être la bouffée d’oxygène sur le monticule. Il sort une saison avec 3.66 d’ERA en 71.1 manches lancées. Au final, c’est pas moins de 15 lanceurs qui vont débuter au moins une rencontre pour Houston.

Bryan Abreu fait sans doute partie des meilleurs releveurs de la MLB. Photo DR

Dans le bullpen, la satisfaction est de mise. Le trio Hader, Abreu et King a été ultra dominant. Hader d’abord qui termine la saison avec 2.05 d’ERA, 28 sauvetages, 76 strikeouts en 48 matchs et 52.2 manches. Lui aussi loupera la fin de saison suite à sa blessure début août. Il fut bien secondé par Bryan Abreu. Sans doute l’un des meilleurs releveurs de la MLB, hors closer. Il signe 2.28 d’ERA, 105 strikeouts, 7 sauvetages en 71 manches. Il serait closer dans beaucoup d’autres franchises. Et enfin le 3e larron, Bryan King, qui enchaine une 2e saison de haute voltige avec 2.78 d’ERA en 68 manches.

Au final, malgré les innombrables blessures, Houston aura été dans le coup jusqu’à la toute fin de saison. Et ne cédera que de 3 petits matchs face aux Mariners pour le titre de l’AL West. Et finira même juste derrière les Tigers pour la dernière wild card. Encourageant, même si l’absence de postseason après 8 saisons de suite, fait tout de même mal.

Devant ses blessures, Houston a d’abord décidé de changer son staff médical. Ce qui est le minimum. Ensuite, la franchise s’est renforcée dans la profondeur d’effectif et notamment au pitching. Surtout que le club a assisté à un nouveau départ d’un de ses joueurs phares : Framber Valdez. S’il a été l’une des plus belles réussites de Houston, que ce soit dans son évolution sur et en dehors du terrain, la fin d’aventure avec le gaucher a laissé un gout amer. Sur fond de dispute autour de son contrat, le dominicain a connu une fin de saison compliquée sur le terrain. Avec en point d’orgue, ce moment wtf avec son receveur.

Une attitude honteuse et dangereuse qui aura sans doute heurté sa crédibilité sur le marché des agents libres, avant qu’il ne trouve preneur avec les Tigers. Du coup c’est 3 renforts au pitching qui ont été signés. D’abord Ryan Weiss, l’un des meilleurs lanceurs du championnat coréen avec deux saisons à 2.85 et 2.82 d’ERA. S’il ne sera sans doute pas dans ces eaux-là en MLB, il peut s’avérer être solide grâce à sa confiance acquise en KBO. Ensuite, Houston s’est lancé dans un trade avec les Pirates et les Rays qui a permis de récupérer le prometteur Mike Burrows en échange de deux des meilleurs prospects du club, Jacob Melton et Anderson Brito. Burrows arrive donc de Pittsburgh après avoir signé 3.94 d’ERA en 94 manches et 97 strikeouts. Mais c’est son arsenal qui a plu au front office texan, qui espère encore polir le lanceur de 26 ans. Enfin, et c’est LA grosse recrue de 2026 et peut être la moins attendue, l’arrivée du japonais Tatsuya Imai (j’y reviens juste en-dessous). Offensivement, deux petits changements, Nick Allen, arrive dans le trade de Mauricio Dubon. Le couteau suisse ultime fait ses valises dans cet échange purement dans l’optique de faire de la place dans la masse salariale texane.

Excellent en Corée, Ryan Weiss espère faire un comeback triomphant en MLB. Photo DR

Et Joey Loperfido fait son retour dans la franchise. Après avoir été envoyé à Toronto en échange de Yusei Kikuchi, Houston est parti le récupèrer en envoyant Jesus Sanchez au Canada. Là encore, un mouvement dicté par les finances du club, mais après les piteuses performances de Sanchez et le potentiel de Loperfido, on peut dire que Houston en sort presque gagnant.

Sinon, le club va surtout espère que ses blessés reviennent à leur meilleur niveaux. On assistera donc aux retours de Javier, McCullers ou encore Yordan Alvarez. Houston va prier qu’ils restent le plus longtemps en bonne santé. Si au niveau de la rotation, le club a désormais des options viables, offensivement, il y a moins de profondeur.

Il faudra également trouver une place pour Isaac Paredes. Ce dernier est bloqué par Correa en 3e base, Walker en première voire même Altuve en deuxième. Mais quand on connaît les risques de blessures, c’est peut-être pas plus mal. Surtout qu’à l’heure où j’écris ces lignes, on a appris que Jeremy Pena s’était fracturer l’annulaire, l’éloignant des terrains pour le début de saison.

Moins réputé que d’autres, mais tout aussi efficace, Imai arrive à Houston avec une belle réputation. Photo DR

C’était l’un des noms les plus convoités sur le marché des lanceurs et contre toute attente il a fini par atterrir à Houston. Le club, sans doute aidé par son nouveau sponsor Daikin (marque japonais de climatisation), voit donc arriver l’un des meilleurs lanceurs du championnat japonais pour 54 millions et 3 saisons (avec des options pour le joueur de sortir du contrat en 26 et 27).

A 27 ans, il quitte sa terre natale après avoir tout dominé dans son championnat. 962 manches lancées en NPB pour un ERA moyen de 3.15. Mais c’est vraiment à partir de 2023, qu’il a commencé à afficher un niveau de très haut calibre. Pour preuve en 2025, il conclut son périple japonais avec une saison en 1.92 d’ERA sur 163.2 manches et 178 strikeouts. Moins électrique, dominant ou hype que des lanceurs comme Yamamoto, Sasaki ou Darvish, il n’en reste pas moins l’un des meilleurs lanceurs japonais de sa génération.

Houston récupère donc un très bon lanceur pour sa rotation, qui vient remplacer numériquement Framber Valdez. Le club compte sur sa changeup phénoménale et sans doute l’une des meilleurs de la ligue, pour se rapprocher des stats de Valdez.

Le nouvel ace des Astros, c’est lui ! Photo DR

Qui d’autres que Hunter « Diesel » Brown. Il a tout simplement été le meilleur joueur du roster des Astros. Et sans doute l’un des meilleurs lanceurs de la MLB. Après 3 saisons à monter en puissance, il est enfin arrivé à maturité. Le natif de Détroit a pu bénéficier des conseils de son idole Justin Verlander en 23 et 24. Et cet impact s’est ressenti sur son jeu en 2025. Intouchable avec sa balle rapide et sa nouvelle sinker, il a dominé toute la saison et n’a pas semblé perturbé par le départ de Verlander ou son nouveau statut d’ace qu’il a embrassé au fur et à mesure des sorties. Il termine avec 2.43 d’ERA en 185.1 manches et 206 strikeouts. Soit une moyenne de 10 strikeouts par 9 batteurs. Tout simplement impressionnant. Des performances de haute voltige qui lui ont valu une sélection au All-star game, une première pour lui et aussi une 3e place au Cy Young. Permettant à Houston de récupérer par la même occasion, un choix de draft (NDLR : La MLB a mis en place des récompenses si des joueurs formés au club parviennent à se placer sur le podium des trophées individuels de fin de saison lors de leur contrats rookies, afin de favoriser le fait de faire jouer des joueurs du cru).

Maintenant qu’il est entré dans une nouvelle dimension, reste à savoir s’il va parvenir à endosser définitivement ce rôle de véritable ace. Il n’a plus de lanceur pour le protéger (après Verlander ou Valdez par exemple), à lui de montrer qu’il est le vrai alpha.

Houston rempile avec une attaque sensiblement identique centrée autour d’Altuve et Alvarez ainsi que les lieutenants Correa, Walker et Paredes. Derrière, le champ extérieur semble toujours un chantier, même si Smith et Meyers ont été plus ou moins efficaces. Au niveau de la rotation, beaucoup de paris avec notamment Imai qui est LA grande interrogation. Pourra t-il être aussi efficace en MLB ? Après est ce que Javier et McCullers retrouveront leurs niveaux ? Beaucoup de questions et la seule certitude semble être Hunter Brown. Dans le bullpen Josh Hader est toujours blessé et fait son maximum pour faire son retour.

Sur le papier donc Houston semble avoir les armes pour une nouvelle fois rivaliser avec les meilleures équipes de la MLB. Mais la compétition sera rude, au sein même de l’AL West qui continue de monter en gamme avec l’émergence des Athletics derrière les favoris Astros, Mariners et Rangers. Personnellement, je vois Houston retrouver la postseason qu’elle n’a loupé que d’un cheveu l’an passé malgré les nombreuses blessures.

92-70, premier de l’AL West.


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