Preview 2026 : New York Mets – Changement de vitesse

Ça y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Aujourd’hui, direction le Queens pour se pencher sur le cas des New York Mets très très ambitieux.

La saison 2025 des New York Mets commence comme dans un rêve. Pendant deux mois, l’équipe joue un baseball idéal, précis, puissant, sûr de lui. À la mi‑juin, le bilan de 45–24 en fait la meilleure équipe de la Ligue et Citi Field respire l’optimisme. L’attaque tourne à plein régime, portée par un Juan Soto impérial, auteur d’une ligne de .263/.396/.525 de 43 home runs et de 105 RBI, tout en menant la MLB en walks. À ses côtés, Francisco Lindor livre l’une des saisons les plus complètes de sa carrière, avec 172 hits, 31 home runs, 31 bases volées et une moyenne de .267, symbole d’une régularité qui rassure autant qu’elle impressionne. Pete Alonso, fidèle à lui‑même, frappe 38 home runs et produit 126 points, tandis que Brandon Nimmo ajoute 154 hits, 25 home runs et 92 RBI, confirmant son rôle de moteur essentiel du haut de lineup.

Jusqu’ici tout va bien… ©mlb.com

Pendant cette période, la rotation tient encore debout. David Peterson, avec ses 150 strikeouts et son ERA de 4.22, assure une stabilité bienvenue. Clay Holmes surprend dans sa transition du bullpen en starter avec une saison solide (3.53 ERA, 129 K), et Kodai Senga, bien que limité à 22 départs, reste brillant avec une ERA de 3.02. Tout semble aligné pour une course sereine vers l’automne, malgré quelques mauvais signes, notamment la méforme grandissante de Senga, la saison cauchemardesque de Manaea et le criant manque de régularité des lanceurs dans leur ensemble.

Puis l’été arrive et avec lui les premières fissures. Les blessures s’accumulent, les vétérans s’essoufflent et la rotation se délite. Les Mets deviennent incapables de renverser un match serré, au point de terminer la saison avec un incroyable 0–70 lorsqu’ils sont menés après la huitième manche. Le bullpen, malgré un Edwin Díaz retrouvé (1.63 ERA, 28 saves, 98 K), craque de toutes parts. L’équipe finit par utiliser 46 lanceurs, un record MLB qui résume à lui seul l’ampleur du chaos.

C’est dans cette tourmente que se produit l’un des tournants les plus importants de la saison : l’intégration progressive des jeunes lanceurs du farm system. Le premier à franchir le pas est Nolan McLean, début août. Ancien two‑way player devenu phénomène de rotation, il apporte immédiatement une énergie nouvelle. En quelques semaines, il compile un 5–1, une ERA de 2.06, une FIP de 2.97 et un K‑BB% de 21,8 %, tout en étouffant les gauchers à .178. Son chef‑d’œuvre contre les Phillies, huit manches sans encaisser le moindre point, devient l’un des moments forts de la saison et rallume un Citi Field qui commençait à s’éteindre.

Quelques jours plus tard, c’est Jonah Tong qui rejoint la rotation. Son premier départ, cinq manches et un seul point concédé contre Miami, laisse entrevoir un potentiel réel. La suite est plus difficile, avec une ERA de 7.71 sur cinq starts, mais son arrivée en pleine course aux playoffs envoie un message clair : les Mets n’hésitent plus à faire confiance à leurs jeunes, même dans les moments de tension maximale.

Enfin, début septembre, Brandon Sproat est appelé pour combler les absences de Senga. Son premier match est un coup d’éclat : cinq manches un tiers sans le moindre coup sûr à Cincinnati avant de céder trois points. Son deuxième départ, six manches sans encaisser le moindre point contre Texas, confirme qu’il n’est pas là par hasard. En deux sorties, il totalise dix strikeouts et deux quality starts, et rappelle pourquoi il était considéré comme l’un des meilleurs prospects du système.

La seule étincelle de la fin de saison, voir les 3 prospects en action ©mlb network

L’arrivée de ces trois jeunes bras change subtilement la perception de la saison. Certes, les Mets terminent à 83–79, loin des ambitions du printemps. Mais l’intégration réussie de McLean, Tong et Sproat envoie un signal fort à tout le farm system : la porte vers le Queens est ouverte et l’organisation est prête à miser sur ses talents internes. Pour les prospects en attente, de Christian Scott à Blade Tidwell en passant par Dominic Hamel ou Carson Benge, cette saison devient un précédent encourageant.

Au milieu de cette transition, l’équipe vit aussi un moment tire-larmes : le retrait du numéro 5 de David Wright, le 19 juillet. Une cérémonie émouvante, un stade debout, un hommage à l’un des visages les plus aimés de la franchise. La défaite qui suit, 5–2, semble presque symbolique de cette saison : belle en surface, frustrante dans le fond.

Lorsque les Mets referment leur année 2025, ils laissent derrière eux une impression paradoxale. L’effondrement de l’été a coûté cher, mais les performances individuelles de Soto, Lindor et Alonso, combinées à l’émergence de trois jeunes lanceurs, dessinent un avenir plus lumineux que le classement ne le laisse penser. La saison n’a pas tenu ses promesses, mais elle a ouvert une voie nouvelle, plus cohérente, plus structurée, et peut‑être plus durable.

Après une saison 2024 plus que réussie, le noyau dur de l’équipe, héritage de l’ancienne direction, s’était vu conforté dans ses fonctions, et avait les clés du camion pour aller plus loin en 2025. Hélas, on vient de voir que la saison s’est finie en eau de boudin et qu’aucun membre du clubhouse n’a su montrer un véritable leadership pour redresser la barre.

La saison morte aura donc été le théâtre du grand nettoyage chez les Mets. Tout d’abord, la quasi-totalité du coaching staff mis dehors. Ils paient l’incapacité à trouver des solutions quand les joueurs ont failli durant l’été. Ce qui signifie que le poste du manager Carlos Mendoza ne tient qu’à un fil.

Ensuite, fini le noyau des talents locaux, souvent en friction avec Lindor et Soto. Brandon Nimmo, envoyé au Texas en échange de Marcus Semien, a été sacrifié à cause de son rendement défensif pauvre dans l’outfield. Jeff McNeil, envoyé peu importe où joue les Athletics, vidé à cause de son rendement offensif pauvre et de son attitude souvent maussade dans le clubhouse.

Semien, Bichette et coach Leiper (3e base), nouveaux visages chez les Mets ©northjersey.com

Pete Alonso, pourtant un favori parmi les fans, n’a pas choisi de prolonger à New York. Malgré les déclarations d’amour à la ville et au club, l’attrait des millions a été plus fort et il est parti à Baltimore. Dans la même veine, Edwin Diaz est parti monnayer son talent chez les Dodgers. « If you can’t beat them, join them » comme le dit le proverbe…

C’est donc un effectif en total recomposition qui va attaquer la saison. En plus de l’arrivée de Marcus Semien, les différents trous du lineup ont été comblés, mais par forcement avec des spécialistes des postes.

La première base, un des points d’amélioration défensif, principal grief envers Pete Alonso, va être confié à Jorge Polanco. Shorstop de formation, il n’a joué qu’un seul match en première base au cours de sa carrière MLB, commencée en 2014.

Dans l’incapacité de recruter Kyle Tucker, les Mets se sont retournés vers Bo Bichette. Sur le papier, la machine à hits qui a fait les beaux jours des Blue Jays est une belle prise. Mais le shortstop de formation doit transitionner en 3e base, poste qu’il n’a jamais occupé dans sa carrière.

Pourquoi tant de paris dans l’infield des Mets en 2026 ? Et bien, le nouveau bench coach n’est autre que Kai Correa. Surnommé « Infield Guru », Correa arrive avec une réputation de stratège défensif et de magicien de l’infield. Son parcours durant les dernières saisons (defensive coordinator chez les Guardians, bench coach et interim manager chez les Giants) parle clairement pour lui et sera certainement un motivateur pour que les joueurs et le boss Mendoza donne le meilleur d’eux même.

Après son passage à San Francisco, Dubon est devenu un défenseur Gold Glove (2023, 2025)

Enfin, l’outfield verra son newbie avec certainement un passage de Brett Batty dans le left field, qui sera de nouveau en chantier jusqu’à l’explosion prévue de Carson Benge. Le champ droit reste la propriété de Juan Soto, et le nouveau venu, Luis Robert Jr, apporte sa défense Gold Glove en center field, à défaut de son attaque inexistante depuis quelques saisons.

Et la rotation ? C’est précisément dans ce département que les interrogations sont les plus pressantes. L’effondrement collective de la saison dernière n’a pas poussé le front office à s’emballer et se jeter sur tout ce qui bouge dans la free agency. On a vu que les performances des lanceurs sont très volatiles, à l’instar d’un Senga ou d’un Manaea entre 2024 et 2025.

Le noyau des lanceurs est resté le même, en espérant un rebond des mauvais performeurs de la saison dernière. Un échange coûteux amène Freddy Peralta, l’ace des Brewers, dans le Queens, contre Jett Williams et Brandon Sproat, deux prospects de qualité. Peralta se positionne de facto comme le lanceur n°1, et devrait être épaulé en haut de la rotation par la pépite Nolan McLean. Le reste des départs se jouera entre un groupe de lanceurs homogènes : des vétérans comme Senga, MAnaea et Peterson et des jeunes aux dents longues, Jonah Tong ou l’ancien Brewers Tobias Myers. Du nombre, mais de quelle qualité ? Les premières indications du Spring Training semblent pointer vers un rebond de la part de Manaea et Senga, mais l’Opening Day est encore loin et la saison est longue.

Enfin, le bullpen, cet éternel chantier, est orphelin d’un des meilleurs closers des 5 dernières années, Edwin Diaz, parti sous le soleil californien. Sa difficile succession sera entre les mains de Devin Williams, ancien Brewers aussi, qui a eu quelques difficultés chez les voisins du Bronx la saison dernière.

Devin Williams et la lourde tâche de remplacer Edwin Diaz ©mlb.com

Les attentes sont bien sûr hautes du côté des supporters, mais avant tout, ne pas reproduire la saison dernière, une lente dégringolade sans aucun contrôle ou tentative apparente de sauvetage.

Cette équipe a besoin de leaders, de locomotives pour pousser les limites et se faire mal dans les moments durs. Le GM, David Stearns, a décidé de s’appuyer sur des joueurs qu’il connaît depuis Milwaukee (Peralta, Williams, Tyrone Taylor) et de donner leur chance aux nouveaux joueurs maison que sont Benge, McLean, Tong. Cette nouvelle période, qui s’apparente à un « retooling » plutôt qu’à une reconstruction, va peut être permettre aux Mets d’atteindre l’objectif d’être un participant perpétuel aux playoffs et un candidat sérieux au titre.

Nolan McLean n’a pas mis longtemps à faire parler de lui. À 24 ans, ce lanceur droitier originaire de Willow Spring, en Caroline du Nord, s’est imposé comme l’une des révélations de 2025. Longtemps considéré comme un talent hybride – un two-way player à Oklahoma State, capable de frapper la balle aussi fort qu’il la lançait – il a finalement choisi la voie du monticule en arrivant chez les Mets. Un pari qui, dès 2025, a commencé à porter ses fruits.

24 ans, mais l’attitude d’un vétéran ©amNY

Son ascension est fulgurante. Après avoir dominé en Double-A puis en Triple-A, McLean est appelé en MLB le 16 août 2025. Il ne tarde pas à imposer son style : un mélange de puissance, de sang-froid et d’une capacité à faire disparaître les bâtons adverses. Lors de ses huit premières sorties, il affiche une fiche de 5–1, une ERA de 2.06 et 57 strikeouts en seulement 48 manches, un ratio qui le place immédiatement parmi les jeunes lanceurs les plus prometteurs de la ligue.

Ce qui frappe chez McLean c’est la maturité de son arsenal. Sa sinker, qui tutoie régulièrement les 97–98 mph, semble s’écraser au dernier moment, forçant des ground balls ou des swing ‘n miss. Sa slider, quant à elle, tranche la zone avec une violence qui rappelle certains des meilleurs finisseurs du circuit. Lors de sa troisième sortie, il blanchit les Phillies – futurs champions de la division – sur huit manches, sans accorder le moindre walks. Une performance qui, pour beaucoup, a marqué le véritable début de sa légende naissante.

Sa première saison chez les Mets n’est pas seulement une réussite statistique : c’est une révélation. Dans un club en difficulté, McLean devient soudain un point d’ancrage, un jeune bras capable de stabiliser une rotation en perte de repères. Son WHIP de 1.04, son taux de strikeouts de 10.7 par neuf manches et son calme apparent sur le monticule laissent entrevoir un plafond bien plus élevé encore.

Les Mets, conscients de tenir un diamant brut, l’intègrent immédiatement dans leurs plans d’avenir. En 2026, il est même sélectionné pour représenter Team USA au World Baseball Classic, un honneur rare pour un joueur aussi jeune, preuve de la confiance que lui accordent déjà les observateurs et les dirigeants.

Nolan McLean n’est pas seulement un prospect devenu phénomène : il est l’incarnation d’une nouvelle génération de lanceurs, capables de combiner puissance, précision et intelligence de jeu. Sa première saison chez les Mets a été courte, intense, et surtout annonciatrice. Si son début de carrière est un prélude, alors New York pourrait bien avoir trouvé son futur ace — un lanceur capable de changer le destin de la franchise à lui seul. Et contrairement à un jeune ayant eu le même début de parcours chez les Mets, il y aura du run support.

Juan Soto n’a que 27 ans, mais il possède déjà l’aura d’un vétéran dont la trajectoire semble tracée vers Cooperstown. Né à Santo Domingo, formé par son père qui lui lançait des bouchons de bouteilles pour affiner son œil, il est devenu l’un des frappeurs les plus redoutés de sa génération. Sa signature avec les Mets de New York a marqué un tournant : l’arrivée d’un phénomène offensif, déjà vainqueur de WS, quadruple All-Star, perpétuel candidat au MVP.

©mlb.com

Son arrivée dans le Queens, en 2025, a été accueillie comme un événement fondateur. Les Mets, en quête d’un visage offensif incontestable, trouvaient en Soto un joueur capable de transformer une franchise par sa seule présence au bâton. Et dès sa première saison, il a répondu aux attentes avec une régularité presque insolente. Il a disputé 160 matchs, frappé 152 coups sûrs, claqué 43 HR et produit 105 RBI, tout en affichant une moyenne de .263 et un OPS de .921, un chiffre qui le plaçait parmi les meilleurs frappeurs de la Ligue nationale.

Ce qui marque, au-delà des statistiques brutes, c’est la manière dont Soto impose son tempo. Son approche au marbre est un mélange de patience calculée et d’agressivité chirurgicale. En 2025, il a soutiré 127 walks, un total qui témoigne de sa discipline presque surnaturelle. Il ne chasse pas les mauvais lancers : son chase rate de 15.2% est le plus bas de la ligue (la moyenne MLB est de 28.4%) . Et lorsqu’il décide de frapper, la balle part souvent loin. Très loin.

Dans le vestiaire des Mets, on raconte que son calme est contagieux. Sur le terrain, il avance avec cette démarche confiante, presque dansante, qui lui a valu le surnom de Childish Bambino. Mais derrière le sourire, il y a une mécanique implacable : un swing compact, une lecture précoce de la trajectoire, une capacité à frapper avec puissance dans toutes les zones.

Sa première saison à New York a aussi été celle des records personnels : 120 RBI, 38 bases volées – un total surprenant pour un joueur davantage associé à la puissance qu’à la vitesse – et une présence constante parmi les leaders de la ligue en OPS, en HR et en RBI.

Soto n’est pas seulement un frappeur d’élite : il est un phénomène statistique. Depuis ses débuts en 2018, il affiche une moyenne en carrière de .282, 244 HR et un OBP de .417, des chiffres qui le placent dans une catégorie rare, celle des joueurs capables de combiner discipline, puissance et constance.

À New York, il a trouvé un théâtre à sa mesure. Le Citi Field, longtemps considéré comme un stade difficile pour les frappeurs, est devenu son jardin. Les fans, eux, ont rapidement adopté ce joueur qui transforme chaque passage au bâton en événement. Sa première saison avec les Mets n’a pas seulement confirmé son statut : elle a redéfini les attentes.

Juan Soto n’est pas un simple renfort. Il est devenu, dès 2025, le cœur de l’attaque new-yorkaise, un joueur dont la présence modifie la manière dont les lanceurs adverses abordent chaque manche. Et si cette première saison n’est qu’un prélude, alors les Mets tiennent peut-être l’un des chapitres les plus prometteurs de leur histoire récente

90 victoires – 72 défaites.


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