
Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. C’est l’heure de débuter les équipes ayant participé à la postseason et on attaque avec la belle première saison des Reds version Terry Francona.
Que retenir de 2025
La grande nouvelle pour les Reds en 2025 fut le choix de mettre la légende Terry Francona aux manettes de l’équipe. L’impact du manager deux fois champions avec les Red Sox (en ayant mis fin à la Bambino Curse) puis à la tête d’une franchise des Indians/Guardians toujours solide (il n’a connu que deux saisons en négatif à Cleveland), a été immédiat sur les rives de l’Ohio River. C’est simple Francona a ramené la franchise en postseason dès sa première saison. Alors oui, ils n’ont rien pu faire face aux Dodgers lors de la Wild Card. Mais ce n’est pas un scandale de perdre, avec les honneurs (5-10 puis 4-8) face à des Dodgers dynastiques. Il faut dire qu’il a pu compter sur une rotation stratosphérique menée de main de maître par un Hunter Greene en mode Cy Young. Après deux premières saisons d’apprentissage, le 2e choix de la draft 2017, est entré dans une autre dimension depuis 2024. 8e au trophée de meilleur lanceur avec 2.75 d’ERA en 26 starts et 150.1 manches ainsi que 169 strikeouts, Greene atteignait enfin son plein potentiel. Après cette saison la plus complète de sa carrière, on attendait énormément du natif de LA.
Et son début de saison fut à la hauteur des espérances. Au 3 juin, il affichait un ERA de 2.72 sur 11 rencontres et 59.2 manches lancées avec un impressionnant 73 strikeouts au compteur. Des stats qui le plaçait déjà dans les conversations de meilleur lanceur de la National League, pourtant toutes tournées vers Paul Skenes. Mais voilà, et c’est sans doute le grand drame de sa carrière. Son corps ne veut pas le laisser tranquille. Il va ainsi se blesser et louper deux mois de compétition, entre juin et mi-août. Mais à son retour le 13 et jusqu’à la fin de la saison, il va rester dans les mêmes standards que son début de saison. Huit matchs pour achever 2025 avec 2.81 d’ERA en 48 manches lancées et 59 strikeouts. Au final sa ligne de stats est assez impressionnantes avec 2.76 d’ERA en 107.2 manches pour 132 strikeouts. Mais seulement 19 matchs joués, ce qui l’empêche de figurer dans le classement des récompenses de fin de saison. Cependant le message est clair, Hunter Greene est entré dans le cercle fermé des aces, non pas d’une franchise, mais bien de la MLB. Au même titre que des Skubal ou Skenes. Et cela, à seulement 26 ans.

Mais pour le plus grand bonheur de Francona, les Reds disposent d’une jeunesse triomphante sur le monticule. Greene est ainsi parfaitement épaulé par Nick Lodolo. A 27 ans, il a claqué sa meilleure saison en carrière (et de loin). 29 matchs disputés pour 3.33 d’ERA en 156.2 manches lancées et 156 strikeouts. Drafté en 7e position de la draft 2019, il répond enfin aux attentes placés en lui par Cincinnati. Et il a le profil d’un parfait 3e de rotation. Solide, fiable et qui mange de la manche. Seulement 3e me direz-vous ? Eh bien oui, car il y en a un qui confirme qu’il a bien les épaules pour être une star. Andrew Abbott continue sa progression fulgurante. 3e année consécutive où il améliore ses records personnels en carrière et 2025 a été tout simplement exceptionnelle. 29 matchs disputés pour un ERA de 2.87 en 166.1 manches et 149 strikeouts. Tellement étincelant qu’il a été récompensé d’une sélection au all-star Game et d’une 8e place au trophée du Cy Young. Ca vous dit quelque chose ? Exactement, il est sur les mêmes bases qu’Hunter Greene. A la différence qu’Abbott semble avoir un corps résistant mieux aux pressions de la balle aux coutures rouges.

Avec ces trois-là, les Reds possèdent sans doute une des meilleures rotations de la MLB et une des plus jeunes. Mais ce qui est fou c’est qu’il y a encore deux phénomènes qui sont en préparation du côté de Cincinnati. Rhett Lowder (23 ans) d’abord. Il avait été exceptionnel en 2024 lors de ses débuts en MLB (1.17 d’ERA en 30 manches et 6 starts) avant de se blesser et de revenir progressivement en 2025 dans les ligues mineures. Et bien ce monstre sera de retour en 2026 avec pour ambition de rappeler à tout le monde que lui aussi peut briller. Mais surtout Chase Burns, 2e choix de la draft en 2024, mais on y reviendra. Il faut également souligner la très belle saison de Brady Singer qui a été la véritable ancre de cette rotation. Puisque c’est lui qui aura lancé le plus de manches pour les Reds (169.2) avec un ERA très convenable (4.03) accompagné de 163 strikeouts. Arrivé dans le trade de Jonathan India aux Royals, Cincinnati semble avoir très sensiblement gagné cet échange. Enfin Nick Martinez, a qui on avait donné un énorme contrat, a rendu de bons services avec 165.2 manches et un ERA de 4.45.
Au final cette rotation terminera 7e de MLB en terme de strikeouts (832) et 9e en ERA collectif (3.85). Prometteur pour l’avenir. Dans le bullpen, il y aura eu un peu moins de satisfaction. Le closer maison Alexis Diaz a continué sa descente aux enfers, après deux très bonnes saisons, le frère d’Edwin, ne finit plus de dégringoler statistiquement. Si bien qu’il aura connu 3 franchises en 2025 (Reds, Dodgers puis Braves) sans montrer quoi que ce soit (8.15 d’ERA). Heureusement pour Cincinnati, Emilio Pagan a élevé son niveau de jeu pour sortir une excellente saison, devenant même le closer de la franchise. Il termine avec 32 sauvetages avec un ERA de 2.88 et 81 strikeouts en 68.2 manches. Il a été superbement épaulé par Tony Santillan qui claque 2.44 en 73.2 manches, 75 strikeouts sur 80 sorties et 7 sauvetages à la clé. Enfin, on peut également citer la belle saison de Connor Phillips (2.88 d’ERA en 25 manches). Pour le reste du bullpen ce fut plutôt quelconque.
Enfin, on termine par ce qui a fait du mal à cette équipe des Reds : l’attaque. Ne parlons pas tout de suite d’Elly de la Cruz, on y reviendra. Mais il fut le seul à surnager. On à l’impression qu’à trop vouloir trouver des Home runs, l’attaque a perdu en équilibre et s’est un peu effondrée sur elle-même, notamment en deuxième partie de saison. La meilleure moyenne au bâton n’est que de .269 (Gavin Lux) tandis que même dans les HR, personne ne surpasse les 22 unités (De la Cruz). Et ces lacunes ont été d’autant plus criantes lors des Wild Card Series, avec seulement 13 hits au compteur et une moyenne collective de .194. Alors certes face aux Dodgers mais tout de même. Le hitting coach, Pat Valaika, pourtant un fidèle de Francona des années Cleveland, va devoir cravacher pour soit changer son approche, soit parvenir à trouver le déclic, car sur le papier cette attaque a fière allure avec De la Cruz, Steer, McClain, Stephenson ou encore Marté.
Au final, on peut dire que ce fut une année de la confirmation du côté des Reds. On sait que du côté du pitching, aucun problème, on est bien équipé et qu’on a de l’immense qualité et de la quantité pour affronter n’importe qui. Il faut donc saluer le travail du pitching coach Derek Johnson. En revanche un sacré chantier va s’ouvrir du côté offensif, et le club va devoir trouver des solutions en interne car – on le sait – la franchise des Reds est à budget limité. Francona va devoir user de sa magie. S’il y parvient, il faudra faire très attention à cette équipe.
Qu’attendre pour 2026

J’en ai un peu parlé plus haut, mais la rotation des Reds semblent « locked » avec ses jeunes lanceurs. Aucun renfort n’est à signaler et on comptera donc sur Abbott, Lodolo, Singer, Burns et Lowder. Le point noir, c’est la blessure qui semble plutôt sérieuse (au moment où j’écris ses lignes, l’avis médical n’est pas encore sorti) d’Hunter Greene. Et au vu de son historique, ce n’est pas très rassurant. Heureusement, on l’a dit la rotation est profonde et qualitative. Offensivement, il y a eu un gros mouvement chez les Reds, c’est le retour d’Eugenio Suarez. Après avoir affolé les compteurs chez les Dbacks puis les Mariners (49 HR), Suarez retrouve la franchise qui l’a mis sur le devant de la scène (2015-2021). Il devrait évoluer au poste de DH et apporter sa puissance de frappe colossale et sa clutchitude à cette équipe qui en manque cruellement. On assistera surtout à l’émergence de Sal Stewart, 34e meilleur prospect de MLB, le rookie qui a tout écrasé sur son passage en ligues mineures. Il a même pu goûter aux joies de la MLB pour 18 matchs la saison passée avec plutôt une belle réussite (.255/5HR et 8RBI). Sinon on repart avec le même effectif, plus deux ajouts pour le banc : JJ Bleday et Dane Myers pour renforcer la sortie de banc dans l’Outfield.
Enfin le gros chantier a été dans le bullpen avec 3 belles arrivées pour renforcer la piste de lancement avant le binôme Santillan/Pagan. Brock Burke d’abord arrivé dans le trade à 3 équipes (Angels et Rays) qui a vu Cincy se séparer de Lux. Burke a été solide en 2025 avec 3.36 d’ERA en 61.2 manches. Dans le même profil : Caleb Ferguson (3.58) et Pierce Johnson (3.05) débarquent en agent libre. Des renforts qui améliorent grandement la qualité et la profondeur de ce bullpen.
Le joueur à suivre : Chase Burns

J’avoue, j’ai longtemps hésité avec Sal Stewart qui semble avoir un beau petit potentiel. Mais Chase Burns ade quoi devenir le nouvel ace des Reds. Et c’est dire, quand on connaît le talent que possède la rotation de Cincinnati. Il est passé par deux des meilleures universités de baseball (Tennessee et Wake Forest) et a été très bon. Notamment sur sa dernière année en universitaire avec les couleurs de Wake Forest (2.70 d’ERA en 100 manches et 191 strikeouts). Il sera drafté en 2e position de la cuvée 2024, et va connaître une ascension supersonique. 3 matchs en A+ (3.09 d’ERA), 8 en Double A (1.29 d’ERA) et seulement deux petites rencontres en Triple A (2.19). 13 petits matchs en Minors pour un total de 66 manches, 89 strikeouts (!!!!) et 1.77 d’ERA en cumulé. Intouchable. De telles performances qui ont forcés les dirigeants des Reds a l’envoyer dans la cour des grands. Histoire de déjà le confronter à la MLB.
Et en 13 matchs (8 départs), il a été plutôt convaincant avec 4.57 d’ERA en 43.1 manches. Une première adversité pour le joueur de seulement 23 ans qui peut être bienvenue dans sa progression. Il a même pu se frotter à la postseason avec une sortie depuis le bullpen (1.2 manches, aucun coup sûr encaissé et un strikeout). L’absence, probabl, d’Hunter Greene va lui assurer une place dans la rotation et on très hâte de suivre ses progrès.
La star : Elly De La Cruz

On ne présente plus le dominicain. Visage des Reds et de la MLB depuis son arrivée dans le Show en 2023, il n’a cessé de briller de cette petite chose que seule les stars possèdent. Après un exercice 2024 de folie avec 67 bases volées, record MLB et une saison terminée avec .259/25HR et 76 RBI, De La Cruz est entré encore un peu plus dans une nouvelle dimension, celle des superstars. 8e au trophée MVP, all-star et leader de son équipe, le shortstop a fait étalage de tout son talent et a éclaboussé la MLB. On en attendait beaucoup de lui pour 2025, surtout avec Francona aux commandes, lui qui a l’habitude de faire passer un cap à ses joueurs (Lindor, Ramirez etc…). Surtout on voulait voir s’il parvenait à gommer un gros défaut dans son jeu. Sa propension à se faire sortir sur strikes, 218k en 2024 soit le plus gros total MLB. Et bien, c’est ce qu’il a fait avec « seulement » 181 strikeouts à son actif pour 2025. Une belle amélioration qui se lit également dans ses stats avec une moyenne au bâton encore en progression (.264). Il a également réussi l’exploit de jouer l’intégralité des matchs de la saison. Pour le reste, grosse baisse dans son vol de bases volées avec « seulement » 37 coussins dérobés par le dominicain. Pour le reste de sa stat line : 22 HR et 86 RBI et une présence sur base de .336. Une saison complète de niveau All-Star, qu’il a été pour la 2e saison d’affilée mais moins « superstar ». Sans doute le fait du marasme offensif des Reds. Avec l’arrivée d’Eugenio Suarez, De La Cruz sera mieux protégé et devra (pourra ?) moins jouer aux super-héros.
Notre prono
Une rotation jeune, talentueuse et avec de la profondeur, un bullpen renforcé, et une attaque avec une superstar. Non je ne parle pas de Cleveland, mais bien de Cincinnati. Évidemment, il y a des ressemblances entre les équipes entraînées par Terry Francona, et on espère pour les fans de Reds que leur franchise aura la même réussite que sa voisine. Mais pour cela il va falloir que son attaque se mette au niveau. Car la NL Central, n’est pas l’AL Central, la compétition y est bien plus rude. Et dans cette division tout le monde voudra se qualifier, même si les Cards semblent un poil en dessous. En tout cas les Reds ont toutes les cartes en main pour y arriver, et l’arrivée d’Eugenio Suarez pourrait être ce petit truc en plus qui fait la différence.
85-77, Wild Card
