
Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On enquille avec une équipe qui a surpris son monde en 2025 et qui compte bien capitaliser en 2026. Place aux Marlins de Miami.
Retour sur 2025
Après une saison 2024 catastrophique, on n’attendait rien de ces Marlins version 2025. Au mieux continuer de renflouer son farm system et au pire enchainer avec une autre saison cata. Ce qui n’aurait pas été le scandale du siècle, vu que Miami est en plein rebuild suite à la prise de pouvoir d’un nouveau GM. Mais force est de constater que cette équipe a été plutôt bonne toute la saison, même si les débuts furent compliqués (24 victoires pour 40 défaites au 9 juin), les Floridiens vont faire une belle remontée durant l’été (55-55 le 3 août) avant de s’effondrer à la toute fin de saison pour terminer en 79-83. Un bilan plus que raisonnable pour une équipe qui n’affichait aucune ambition. Il faut donc rendre hommage à Clayton McCullough, ancien membre du coaching staff des Dodgers, qui a fait du très bon travail pour sa première année en tant que Manager. Il faut dire qu’il a pu compter sur une jeunesse qui a performé dès qu’on a fait appel à elle. C’est ainsi que 3 joueurs de l’effectif vont finir dans le top 13 du trophée de rookie de l’année. Signal que le rebuild approche de la fin.

Allez plongeons-nous sur ce qui a bien marché pour les Marlins. Et comment ne pas parler de Jakob Marsee. Débarqué en Floride en 2024 dans le trade avec les Padres pour Luis Arraez, il n’avait pas le profil d’un top prospect mais plutôt d’une darling des analytics. Preuve de la nouvelle philosophie du front office de Miami qui s’inspire des Rays, vu que le GM Peter Bandix en est un pur produit. Même s’il était considéré comme le 9e meilleur prospect des Padres, il ne présentait pas des stats étincelantes, il avait tout de même une énorme capacité à monter sur base. Et c’est ce qu’il a montré dès son arrivée en MLB le 1er août. Tout simplement une machine à coup sûr. Exemple parfait pour son premier match MLB : 4 arrivées sur base en 5 at-bats (1 hit et 3 but sur balles). Une telle machine que sa moyenne au bâton montera jusqu’à .436 avant de se lisser et que lui aussi ne subisse un contre-coup en fin de saison. Au final, il termine avec .292 à la batte avec 5 HR et 33 RBI ainsi que 14 bases volées contre seulement 48 strikeouts. Est ce qu’on peut dire que les Marlins ont trouvé la « regen » d’Arraez, j’en ai bien l’impression. Pour couronner sa saison, Marsee finira 8e au trophée de Rookie de l’année.
Mais, il y en a un qui a encore fait mieux mais dans un registre complétement différent. Et je suis pas peu fier car il s’agissait de mon joueur à suivre en 2025 dans la preview des Marlins : Agustin Ramirez. Arrivé des Yankees dans le trade de Jazz Chisholm Jr, le receveur a fait des étincelles. 21 HR et 67 RBI pour sa première saison avec aussi 16 bases volées. Le tout avec une moyenne au bâton de .231. En revanche, défensivement c’est plus difficile et il serait mieux de l’envisager comme un DH. Mais du haut de ses 23 ans, c’est l’une des figures de proues de ces nouveaux Marlins, et un des fers de lance offensivement. Ramirez fera mieux que Marsee avec une 6e place au trophée de rookie de l’année. Les deux se complétant bien, l’un montant sur bases, l’autre pouvant le faire rentrer à la maison. Fan de Miami vous pouvez commencer à vous habituer à cette rengaine.

Et pour terminer sur les rookies offensifs performants, on peut citer le nom d’Heriberto Hernandez. C’est le pur produit du scouting du front office puisqu’il est arrivé dans l’anonymat en provenance, tiens tiens, des Rays. S’il n’a pas été étincelant en ligues mineures, il a profité des nombreuses opportunités chez les Marlins pour se faire une place. Il termine la saison avec .266, 10 HR et 45 RBI et auréolé d’une 13e place au rookie de l’année. Capable de jouer sur les 3 postes de l’outfield, il est un bon complément pour cette attaque.
Mais LA véritable sensation de la saison, c’est Kyle Stowers. Pièce majeure du trade avec les Orioles pour Trevor Rogers, l’outfielder a été étincelant pour sa première saison complète en MLB (après 3 saisons alternant MLB et ligues mineures). Mais on y reviendra plus tard. On peut également signaler, la très bonne saison de Xavier Edwards, lui aussi une machine à monter sur bases et excellent défenseur (.283/3HR/43RBI et 27SB)
On ne peut pas en dire autant du reste de l’attaque. 27e en nombre de HR (154) ou 16e en points marqués (709), le groupe dans son ensemble a été à la peine. Des joueurs comme Dane Myers (.235/6HR/18RBI), Eric Wagaman (.250/9HR/53RBI) ou même, et étonnamment, Connor Norby (.251/8HR/34RBI) ont montré leurs limites.

Pour le pitching, on peut saluer la saison de retour de Sandy Alcantara suite à sa longue blessure. La bonne nouvelle c’est qu’il est parvenu à jouer 31 matchs. Même si statistiquement on est loin des standards du Cy Young 2022, Alcantara paye surtout un gros trou d’air en mai (ERA atteignant 8.47 au 28 mai) mais il va bien cravacher pour le ramener à 5.36 pour finir la saison. De bonne augure pour la suite car il a également lancer pour 142 strikeouts en 174.2 manches. Même constat pour le jeune Eury Perez. Lui aussi a loupé l’entièreté de la saison 2024 et faisait son retour sur le monticule en 2025. Il a été plus en réussite qu’Alcantara puisqu’il termine avec 4.25 d’ERA sur 20 matchs avec 95.1 manches et 105 strikeouts. Il est considéré comme le futur ace en puissance de cette rotation sachant qu’il n’a que 23 ans. Autre pépite des Marlins, Max Meyer. Lui aussi connait pas mal de blessures et n’a joué que 12 matchs cette saison mais a montré de sérieux axe de progression en signant ses meilleurs stats en carrière (4.73, 64.2 manches et 68 strikeouts).
Mais c’est bien Edward Cabrera qui a été étincelant sur le monticule des Marlins. 3.53 d’ERA en 26 starts pour 137.2 manches lancées et 150 strikeouts faisant de lui l’ace en puissance du club. Rien à dire sur sa saison, costaud, efficace, il s’installe comme un des très bons lanceurs de MLB. Pour le reste de la rotation, ce fut plus de la figuration et des mangeurs d’innings comme Cal Quantrill (5.50 d’ERA en 110 manches) ou Janson Junk (4.17 d’ERA en 110 manches).
Belle satisfaction dans le bullpen. Calvin Faucher a été solide dans le rôle de closer (3.28 d’ERA et 15 sauvetages) mais surtout McCullough a trouvé 3 autres lanceurs sur qui compter : Tyler Phillips (2.78 d’ERA et 4 sauvetages), Ronny Henriquez (2.22 et 7 sauvetages) et enfin Anthony Bender (2.16 et 4 sauvetages). Avec ce dragon à 4 têtes, le manager peut s’avancer sereinement pour la suite.
Qu’attendre pour 2025 ?
Justement la suite c’est quoi ? Eh bien c’est le plus dur avec les années de confirmation pour Ramirez et Marsee mais également Stowers qui doit maintenant assumer le statut de star. Il ne faut pas brûler les étapes du côté des Marlins, l’équipe progresse oui, mais elle est encore en construction. La preuve avec le trade à l’hiver d’Edward Cabrera. Meilleure valeur marchande du club, il permet au club de récupérer 3 prospects en provenance des Cubs dont le très estimé et prometteur Owen Caissie (voir plus bas).
On s’attendait au départ de Sandy Alcantara mais sa dernière blessure continue d’inquiéter les autres franchises. Mais s’il continue sa progression, il pourrait être l’un des joueurs à suivre à la deadline. Surtout qu’il ne sera agent libre qu’en 2028 (une option de club pour 2027). Ou alors les Marlins pourrait continuer leur chemin avec l’ace surtout qu’Alcantara est un peu la figure du club. En effet, au club depuis 2017, il est celui avec le plus d’ancienneté au club. Et à seulement 30 ans, il pourrait servir de grand frère et de mentor aux jeunes lanceurs floridiens. Pour terminer sur la rotation de 2026, on attendait Ryan Weathers (l’un des lanceurs les plus réguliers ces deux dernières saisons malgré des blessures), mais ce dernier a été envoyé chez les Yankees contre 4 prospects. Il fait les frais du surplus de bons lanceurs à Miami, et du non départ d’Alcantara.

On retrouvera donc Eury Perez et Max Meyer sur le monticule, qui on l’espère seront épargnés par les blessures. On devrait assister au retour de Braxton Garrett absent toute la saison 2025 et qui avait montré de très belles choses en 2022 et 2023. Et pour remplacer numériquement Cabrera, les Marlins sont partis chercher Chris Paddack, qui devrait pouvoir faire le travail dans le bas de la rotation et manger des manches. Mais surtout tenir la place au chaud pour Thomas White, l’un des prospects les plus hype de MLB (18e). Il a écrabouillé le niveau Double A (1.59 d’ERA en 45.1 manches) avant de se montrer à son aise en Triple A (3.86 d’ERA en deux rencontres). Il affiche surtout un taux de strikeout par 9 manches assez impressionnant (14.55 K/9 en 2025). S’il devrait commencer la saison en Triple A, il n’est plus très loin d’atteindre la MLB. Par ailleurs, Miami possède, encore, l’un des meilleurs farm system de la MLB avec 4 joueurs dans le top 50 des meilleurs jeunes (avec notamment le receveur Joe Mack).
La grosse prise des Marlins en 2026, c’est la signature de Peter Fairbanks. Le closer all-star des Rays (2.83 d’ERA, 27 sauvetages en 60.1 manches) vient soulager un peu Faucher et devient une arme de plus pour ce bullpen qui commence à paraitre de haute voltige.
Offensivement, peu de changement, mais la saison 2025 a permis de faire le tri dans les joueurs. On va repartir sur les mêmes bases avec Marsee et Edwards en dynamiteurs de début d’alignement. Suivis par les puissants Stowers et Ramirez mais c’est ensuite que les Marlins apparaissent un peu faible notamment dans les coins de l’infield. En première base, Christopher Morel a été recruté pour apporter sa capacité à jouer un peu partout et on lui a demandé d’apprendre la première base. Histoire de concurrencer Liam Hicks, le détenteur pour l’instant. Il pourrait également mettre un peu de pression à Connor Norby, très décevant. Il ne faut pas oublier le jeune Deyvison De Los Santos encore en Triple A (.241/15HR/54RBI/16SB en 106 matchs) et un de mes petits chouchous avec Ramirez l’an dernier. Il a un profil similaire à Ramirez et pourrait apporter encore un peu de puissance à cette attaque qui en manque cruellement. Enfin Owen Caissie devrait s’emparer du champ droit et avoir le champ libre cette saison pour s’habituer à la MLB et démontrer son talent.
Le joueur à suivre : Owen Caissie

J’avais déjà parler de Caissie dans ma preview de la World Baseball Classic. En effet, il sera de la partie pour représenter le Canada. On pourra donc se délecter de son jeu dés le début du mois de mars. Mais c’est aussi Miami qui peut se frotter les mains de voir sa nouvelle pépite face aux meilleurs joueurs du monde. Je l’ai dit plus haut, c’est la pièce maitresse du trade avec les Cubs pour Edward Cabrera. Il a débuté en MLB en fin de saison dernière pour 12 matchs, où il a été en difficulté (.192/1HR/4RBI). Mais auparavant il avait survolé le Triple A avec .286/22HR/55RBI. Il semble avoir le même profil que Stowers, capable à la fois de frapper avec constance mais aussi avec autorité. Avec Caissie, les Marlins ont leur trio dans l’outfield pour un paquet d’année et sont complémentaires. Et s’ils ne sont pas au niveau du trio Yelich, Stanton, Ozuna, cet outfield a quand même une sacrée gueule et apporte une stabilité tant offensive que défensive. Après attention, ils restent jeunes, il va falloir confirmer.
La star : Kyle Stowers

On avait des doutes sur son niveau depuis son arrivée en MLB lors de la saison 2022. Il a d’ailleurs pas mal fait l’ascenseur par la suite. Mais en 2024, a été l’année de l’émergence. En 19 matchs pour les Orioles, il frappe pour .306/1HR et 9 RBI avant d’être envoyé chez les Marlins avec Connor Norby en échange de Trevor Rogers. Si on s’attendait que Norby soit la pièce maitresse, c’est finalement Stowers qui va épater tout le monde. Pas sur sa fin de saison 2024, où il aura été en difficulté. Mais cette présence continue en MLB et se frotter au meilleur vont lui permettre de franchir un cap. Et les effets se feront sentir en 2025 où Stowers va nous sortir une saison de fou. 117 matchs au compteur, pour .288 de moyenne à la batte, .368 de présence sur base, 25 HR et 73 RBI. Avec à la clé une sélection au all-star game.
Est-il capable de reproduire ce type de saison ? Ou était-ce une saison en état de grâce ? Si on regarde ses saisons de ligues mineures, il a souvent tourné autour des 20 HR avec une moyenne dans les 26%. On est donc dans la fourchette haute de ses capacités. Il est donc largement capable de reproduire ce genre de saison ou de s’en rapprocher. Il est pour l’instant le leader de l’attaque des Marlins, mais il a plus un profil de solide lieutenant derrière une grosse star. A 28 ans, il approche de son prime, et il pourrait porter Miami encore une fois cette saison.
Notre prono
J’ai hâte de voir ces Marlins en action. Et je suis pas loin d’en faire ma darling pour 2026. Le projet est clair et on voit que le front office travaille bien. Puisque les trades effectués par Pete Bandix semble tous portés leur fruit pour l’instant. Les jeunes joueurs montrent de l’envie et sont performants et enfin l’attaque semble prendre forme. Néanmoins, on est encore à une, voire deux saisons d’un Miami en course pour la postseason. Il manque encore 2 ou 3 stars à cet effectif pour encore hausser son niveau et se frotter aux meilleurs de la ligue. Il faut deux gros joueurs offensivement et un starter. Ce sera sans doute le projet du club à l’intersaison 2026. En attendant, Miami sera une équipe à l’affut de la moindre perte de vitesse de ses concurrents en NL East et devrait naviguer autour des 50% de victoires.
80 victoires et 82 défaites.
