Preview 2026 : Atlanta Braves – 2025 n’a jamais existé

Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Étonnement, on s’attaque aujourd’hui, aux Braves d’Atlanta.

Après 7 ans de playoffs consécutifs (dont un titre en 2021), la série des Braves a pris fin en 2025. Pourtant sur le papier, l’équipe avait tout pour perpétuer cet héritage. Mais voilà, une série de blessures sans précédent et de méforme va venir contrecarrer les plans. On a l’impression que le club a subi le contrecoup de ces 7 ans de succès.

La moustache magique des Braves a retrouvé les terrains en 2025 mais n’a pas été aussi impactant. Photo DR

Le principal souci des Braves a sans doute été son pitching staff. Un comble pour une franchise qui a si souvent construit ses succès sur ses lanceurs. Alors, ils ont été loin d’être ridicules, mais pas suffisamment bons pour offrir une place en playoffs. Après avoir manqué la majorité de 2024 suite à une Tommy John, Spencer Strider a fait son retour à la compétition et a eu du mal à retrouver le rythme. Le lanceur si dominant de 2022 et 2023 a été à la peine avec 4.45 d’ERA en 125.1 manches et 131 strikeouts. Si on voit le bon côté, c’est plutôt bien d’avoir pu le voir lancer 23 matchs après sa grave blessure. Mais la question est de savoir s’il retrouvera son niveau d’antan. D’habitude solide, Bryce Elder s’est effondré en 2025 avec 5.30 d’ERA, même s’il est parvenu à lancer 156.1 manches, permettant d’ôter un peu de pression à son bullpen. C’est d’ailleurs lui qui a lancé le plus de manches pour les Braves. On attendait Reynaldo Lopez, mais ce dernier n’aura joué qu’un match avant de rater toute la saison pour blessure. Son remplaçant, Grant Holmes, un releveur converti starter, se révélera comme une bonne surprise avec 3.99 d’ERA en 115 manches. Pour un remplaçant au pied de la lettre c’est plutôt pas mal, sans casser trois pattes à un canard. Dans les points positifs, la renaissance de Chris Sale, elle se poursuit. Son arrivée à Atlanta a complètement relancé le gaucher qui a surfé sur son exceptionnelle saison de 2024, auréolée d’un trophée de Cy Young.

En difficulté pour débuter la saison, Chris Sale va bien monter en température à mesure que la saison avance. Au 18 juin, il affiche un ERA de 2.52 et vient de lancer 8.2 manches face aux Mets. Malheureusement, il se blesse et ne reviendra que pour le dernier mois de compétition mais en affichant le même niveau qu’avant sa blessure. Il termine avec 2.58 d’ERA en 125.2 manches et 165 strikeouts. L’absence du gaucher de 36 ans marque également le gros de mou des Braves au courant de l’été avec seulement 8 victoires pour 17 défaites en juillet. Enfin pour terminer dans ce secteur, Spencer Schwellenbach a lui aussi été en feu pour débuter 2025. Au 28 juin, il affiche 3.09 d’ERA, et on se dit que ses performances pourraient limiter l’impact de l’absence de Sale. Oui mais voilà, lui aussi va se blesser sur ce mois de juin maudit pour les Braves. Et marquera la fin de la saison pour sa 2e année en MLB.

Mais tout de même chapeau aux Braves qui vont tout de même terminer la saison avec deux mois en positif (16-13 en août puis 14-11 en septembre)

Dominant depuis son arrivée à Atlanta, Iglesias a été un peu plus en peine en 2025. Photo DR

Dans le bullpen, ça a été costaud mais pas non plus dominant. Raisel Iglesias a été inconsistant alors qu’il avait été ultra dominant depuis son arrivée à Atlanta durant l’été 2022. 3.21 d’ERA pour le Cubain, soit sa 3e pire marque en carrière. Il faut dire qu’il a très mal commencé la saison avant de retrouver son groove à partir du 28 juillet (date de son 5e et dernier sauvetages ratés de la saison). Il va même finir tambour battant avec un seul point concédé sur ses 27 dernières apparitions (11 hits concédés) et enchainer 18 sauvetages, affichant un ERA de 0.34 depuis le 29 juillet. Le Iglesias que l’on connait. Derrière lui, comme je l’ai dit, ce fut costaud sans être étincelant, avec des Dylan Lee (3.29 d’ERA en 74 apparitions), des Pierce Johnson (3.05 en 65 matchs) ou Aaron Bummer (3.81 en 42).

On passe à l’attaque. On était quasiment reparti avec le même groupe que la saison précédente. Il a fallu attendre la fin du mois de mai pour revoir Ronald Acuna Jr. après sa 2e opération au genou. Le Vénézuelien sort une saison de qualité mais loin de ses standards de MVP. Une moyenne de .290, 21HR et 42 RBI et seulement 9 bases volées en 95 rencontres. Afin de se préserver, on imagine qu’il a décidé d’y aller doucement sur les bases. Comme pour Strider, le plus important fut de le voir reprendre la compétition et de pouvoir enchainer les matchs. Austin Riley, l’un des piliers offensifs de cette équipe, a aussi connu un coup de mou cette saison avant de se blesser début août et de rater le sprint final. Le joueur de 28 ans termine avec .260/16HR et 54 RBI en seulement 102 matchs disputés (il en avait joué 110 en 2024). Son absence s’est lourdement fait sentir. Sean Murphy s’est lui écroulé offensivement (.199/16HR et 45RBI) tandis que Marcell Ozuna est loin de la production attendue (.232/21HR et 68 RBI). Michael Harris II a été plus clutch (86 RBI et 20 HR meilleurs totaux en carrière) mais continue sa chute en présence sur bases (.249 d’avg et .268 d’OBP pires marques en carrière). Jurickson Profar a lui été suspendu durant la saison et n’a pas eu l’impact espéré à son retour (à partir du 2 juillet). Vous l’avez compris entre petit coup de mou et blessures, difficile d’enchainer et d’espérer quoi que soit.

Finissons par les bonnes nouvelles, car il y en a quand même. D’abord Matt Olson continue ses travaux colossaux. Malgré la lourde tâche de prendre la relève de Freddie Freeman, le joueur continue d’être la principale force de frappe des Braves. Déjà, c’est le seul joueur de l’effectif a avoir joué l’intégralité de la saison. Mieux, c’est la 5e année de suite qu’il parvient à cet exploit, preuve de sa solidité à toutes épreuves. L’ancien des Athletics termine avec .272 à la batte avec 29 HR et 95 RBI. Le tout en excellant en défense. Sélectionné pour le All Star Game, 18e au MVP et élu meilleur défenseur de première base (Gold Glove). Avec un WAR de 6, il a clairement été le pilier des Braves cette saison et aurait pu se sentir un peu seul, si la révélation Drake Baldwin n’était pas apparu. On y reviendra ensuite.

Difficile d’analyser donc cette saison 2025 des Braves tant elle a été handicapée par des blessures et un coup de moins bien de nombreux cadres. Ce qui peut se comprendre vu l’incroyable série de qualifications en postseason. On peut rapprocher ce parcours à celui de Houston.

Déjà faisons le point sur les blessures. Le club devra faire sans Sean Murphy et Ha-Seong Kim (shortstop titulaire) pour débuter la saison. Au pitching, pas de Schwellenbach, de Smith-Shawer ou de Hurston Waldrep. Mais en dehors de cela le club va retrouver la majorité de ses joueurs cadres. Et repart donc plein d’ambitions pour 2026. Mais le majeur changement des Braves se situe sur le banc. Après 9 saisons magistrales, Brian Snitker a laissé sa place. Mais on fait dans la continuité chez les champions 2021, puisque c’est l’adjoint qui prend la suite. Walt Weiss, passé par le banc des Rockies entre 2013 et 2016, et adjoint chez les Braves depuis, va avoir la lourde responsabilité de relancer la machine.

De la continuité sur le banc des Braves avec l’arrivée de l’adjoint, Walter Weiss. Photo DR

Au niveau du roster, la principale recrue de l’hiver se nomme Robert Suarez. Stratosphérique avec les Padres (2.97 d’ERA et 40 sauvetages), le closer vient apporter de la concurrence à Raisel Iglesias. Surtout il va permettre à Weiss d’avoir le luxe de sortir l’un ou l’autre dans des moments importants du match avant la 9e manche. Pour le reste pas de folie pour les Braves qui ont décidé de renforcer leur banc avec les arrivées de Mauricio Dubon, le couteau suisse ultime, le receveur remplaçant Jonah Heim ou encore Jorge Mateo. Enfin Mike Yastrzemski va venir s’occuper du champ gauche.

Enfin on a hâte de voir quelle saison va nous sortir Spencer Strider. On l’a dit après un exercice 2025 basé sur sa reprise en douceur, 2026 doit être celle du retour aux affaires. Sans lui les Braves vont avoir du mal car Chris Sale n’est, malheureusement, pas éternel. Dans ce secteur, on verra aussi Reynaldo Lopez et les retours de Grant Holmes et Bryce Elder. Pour se parer à toutes les éventualités, le club a invité au camp d’entrainement des lanceurs comme Martin Perez, Carlos Carrasco et Elieser Hernandez qui devraient, s’ils l’acceptent, débuter en ligues mineures et servir de remplaçant en cas de blessures.

La nouvelle sensation des Braves, Drake Baldwin

Son explosion ne pouvait arriver à un meilleur moment. Avec la baisse de forme de Sean Murphy, les Braves avaient besoin d’un petit coup de boost. Et Drake Baldwin a fait mieux que ça. Il s’est quasiment retrouvé comme principal lieutenant de l’attaque d’Atlanta afin d’épauler (et soulager) Matt Olson. Drafté au 3e tour en 2022, Drake Baldwin n’a d’abord pas été considéré comme un top prospect. Mais ses performances en ligues mineures ont été tellement impressionnantes qu’il a fini par devenir le 53e meilleur prospect de la MLB avant la saison 2025. Il faut dire qu’il n’a fait qu’une bouchée de la Triple A en 2024 terminant avec .298, 12 HR et 55 RBI en 72 rencontres dans l’antichambre de la MLB.

En 2025, il a petit à petit pris la mesure de la MLB avant d’afficher une belle constance à la batte, accompagné d’une puissance que l’on attendait pas. Il termine avec .274 au bâton avec 19 HR et 80 RBI ainsi qu’une présence sur bases de .341. Une saison pleine pour le natif du Wisconsin qui sera ainsi élu Rookie de l’année 2025. Place maintenant à la saison la plus difficile, celle de la confirmation. Mais il sera sans doute mieux entouré que la saison dernière avec le retour des cadres qui auront tous pu souffler grâce paradoxalement aux blessures. Il devrait être positionné entre Acuna Jr et Matt Olson dans l’alignement, lui offrant une protection optimale contre les lanceurs. Et lui permettant d’avoir de nombreuses opportunités de RBI.

Après sa saison presque all-time en 2023 dans une attaque également all-time, Ronald Acuna a connu les blessures et a peiné à retrouver son meilleur niveau. A l’image de Strider, 2025 a été une saison de reprise, ou le Vénézuelien a pu retrouver ses sensations et enchainer les matchs afin de tester son physique. Il termine avec une saison de qualité (.290/21HR et 42 RBI) sans être exceptionnelle pour un joueur de son calibre. La grande question va être de savoir s’il va continuer à jouer la carte de la prudence sur les sentiers. Ce qui était l’une des ses grandes qualités (on rappelle : 73 bases volées en 2023 et 205 en 8 ans de carrière). A 28 ans, Acuna aborde son prime et si il sera difficile de réitérer 2023, s’il parvient à jouer au moins 140 matchs (histoire de le préserver un petit peu) avec 29%, une trentaine de HR et une centaine de RBI, les Braves pourraient être de retour aux affaires.


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