
Ca y est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On se penche aujourd’hui sur le dossier d’une franchise que l’on attendait tout en haut… et qui a fini tout en bas ou presque : les Baltimore Orioles.
Retour sur 2025
75-87… un bilan brut des Orioles sur l’exercice 2025 catastrophique, si loin des ambitions de la franchise au printemps dernier. 16 victoires de moins que l’année précédente et le 7e pire bilan de la Ligue! Sous les 50% de victoires dès la première semaine d’avril, les oiseaux de Baltimore ne s’en sont jamais remis.
Alors oui il y avait quelques incertitudes au début de l’exercice après les départs hivernaux de deux membres importants de l’équipe : Corbin Burnes (15-9, ERA 2.92 en 2024) et Anthony Santander (44HR, 102RBI en 2024). Et autant le dire tout de suite, les recrues n’ont pas fait le poids, loin de là! Le trio Charlie Morton (41 ans), Kyle Gibson (37 ans) et Tomoyuki Sugano (35 ans, 1e saison en MLB) devait palier le départ de l’ace : les trois vétérans ont combiné pour une ERA de 5.49 en 270IP (ERA moyenne de 4.15 pour les lanceurs la saison dernière). Entre blessures et contre-performances, Zac Eflin n’a pas fait mieux : une ERA de 5.93…. pas plus que Dean Kremer (4.19) sans parler de la saison blanche de Grayson Rodriguez.
Pas plus de réussite pour le remplaçant de Santander : Tyler O’Neill n’a pu jouer que 54 matchs en rasion de blessures. Sur ce petit échantillon, il a établi ses plus mauvaises marques en carrière en OPS et WAR. On était bien loin des perfs habituelles du double gold Glove. Heureusement, il a frappé un Homerun lors du premier match de la saison pour prolonger sa série à 6 Opening Days consécutifs avec au moins une longue balle!
Ce fut globalement une année sans pour l’attaque de Baltimore : 235HR en 2024 (n°2 en MLB) mais 191 en 2025 (n°11). L’OPS collective est passée de .750 à .699. Deux joueurs illustrent cette régression : Colton Cowser et Adley Rutschman. Finaliste du Rookie Trophy l’année précédente, Cowser n’a pas pu confrmer tout le potentiel vu en lui en 2025. Il s’est blessé au pouce, aux côtes… 92 matchs seulement et des stats à la baisse, sauf pour les vols de bases!

Pour Rutschman, numéro 1 de la Draft 2019, ancien top prospect de la Ligue et sur qui devait se bâtir le renouveau de la franchise, la chute est plus inquiétante car elle dure maintenant depuis deux saisons. Le catcher n’arrive pas à retrouver son niveau de 2022-23 qui lui avait valu une place sur le podium du AL ROY puis un Top 10 au AL MVP. Et lui aussi a connu des passages sur la IL (double blessure aux obliques). Les premières rumeurs se font entendre sur son avenir chez les Orioles avec l’émergence de Samuel Basallo sur le même poste (voir plus bas).

On l’a dit, Il y a quand même des circonstances atténuantes à ces contre-performances : des blessures en cascade dans l’effectif. C’est simple, seuls deux (oui deux!) batteurs ont passé la marque des 100 matchs et 502 apparitions au bâton : Jackson Holliday et Gunnar Henderson. Si les perfs d’Holiday sont encore loin du potentiel fou que l’on prêtait au gamin à son entrée dans la Ligue, rappelons qu’il n’a que 22 ans et cette saison 2026 pourrait être celle où il se révèle enfin au plus haut niveau. Rookie de l’année + 8e du vote AL MVP + Silver Slugger en 2023 puis All-Star et 4e du vote AL MVP en 2024, Henderson a surnagé dans le marasme de Baltimore l’an dernier mais avec lui aussi des stats toutes en baisse : 17HR (37 en ’24), OPS .787 (.893), 5.4 WAR (9.1). On se fait beaucoup moins de souci pour lui que pour Rutschman et une meilleure année collective en 2026 devrait lui permettre de retrouver ses standards.
Avec un bilan de 43-52 au All-Star Game, le front office a procédé à un gros ménage à la Trade Deadline : 9 départs dont ceux de Ryan O’Heran et le chouchou de Camdem Cedric Mullins. Le manager Brandon Hyde n’a même pas survécu jusque-là, limogé après 33 matchs (un bilan de 15-28). Il aura passé 6 saisons et demi chez les Orange, les faisant retrouver le haut niveau (108 défaites en 2019 ->101 victoires en 2023). Tony Mansolino a assuré l’intérim pour un bilan tout juste au-dessus de l’équilibre (60-59) et il y a eu du mieux sur la 2e moitié de saison. A l’image de Trevor Rogers revenu de blessure mi-juin avec une sacrée réussite : ERA 1.81 en 109.2IP. Il peut même discuter pour le titre de meilleur lanceur de la Ligue sur la période. Après des saisons blanches ou presque en 2024 et/ou 2025, Kyle Bradish etTyler Wells ont retrouvé le monticule : 47K en 32IP et une ERA de 2.53 en 6 starts pour Bradish ; une ERA de 2.91 en 4 starts pour Wells. Si ces trois là peuvent tenir leur place en 2026, la rotation des Orioles va reprendre de belles couleurs… J’ai vraiment envie de croire que la fenêtre n’est pas encore refermé pour Baltimore et qu’il y a des choses à faire avec le core de jeunes joueurs formés à la maison.
Qu’attendre en 2026
Le front office aussi a l’air d’y croire vu les moves qui ont (enfin) été réalisés cet été! Rappelons que la franchise a été rachetée à l’été 2024 par le milliardaire David Rubenstein, natif de Baltimore, qui a donné son feu vert pour relancer le projet mis sur pause après cette saison 2025 cata. Il fallait commencer par nommer un nouveau manager : bienvenue Craig Albernaz.

Albernaz, 43 ans, a passé plusieurs saisons en Minor Leagues entre 2006 et 2014 pour différentes franchises avant de se tourner vers le coaching : dans l’organisation des Rays, puis chez les Giants et les Guardians. Il arrive donc du dugout de Cleveland avec l’expérience des deux dernières campagnes de playoffs et va certainement s’inspirer des méthodes de son ancien boss Stephen Vogt, double lauréat du trophée du Manager de l’année pour la Ligue Américaine (2024 et 2025).
Le manager c’est fait… et pour faire passer un cap à un projet, il faut bien souvent faire venir une star : les Orioles l’ont compris avec l’arrivée de Pete Alonso en provenance des New York Mets (on y reviendra plus loin). Deuxième addition de choix : Ryan Helsley (2 ans de contrat pour 28M$). Closer numéro 1 de la MLB en 2024 avec 49 saves sous le maillot des Cardinals, il vient palier la longue absence de Félix Bautista sur le même poste. On l’a vu, la rotation devrait retrouver des couleurs cette saison avec des Rogers, Bradish et Wells en santé… à ces noms s’ajoutent ceux de Chris Bassitt et Shane Baz. Le saviez-vous? Bassitt est le 3e lanceur le plus victorieux depuis 2019 en MLB avec 79 succès (Fried 90, Wheeler 80). Très performant et pourtant dans l’ombre des gros bras de la Ligue, l’ancien start des A’s/Mets/Blue Jays a un vrai rôle à jouer cette saison. Dix ans plus jeune que Bassitt, Baz (26 ans en juin) vient enfin de connaître sa première année pleine en 2025 : 31 starts, 10W-12L, ERA 4.87, WHIP 1.33. Pas ouf me direz-vous mais c’est surtout les 31 starts qu’il faut retenir car l’ancien top prospect des Rays avait été empêché par des blessures depuis ses débuts en 2021.Il ne compte qu’une cinquantaine de matchs en carrière. Très curieuse de le voir (re)lancer sa carrière. On revient dans la rubrique « joueurs de champ » avec l’arrivée de Blaze Alexander en provenance des DBacks. Une OPS de .706 avec Arizona en 2025 mais surtout un solide défenseur de 26 ans, à l’aise partout dans l’infield et même capable de dépanner en outfield. Pressenti comme le « utility man » de cet effectif, il pourrait finalement se voir confier la 3e base après la blessure de Jordan Westburg (out jusqu’à mi-mai en raison d’une blessure à l’épaule). Après cette blessure de Westburg, il y a aussi eu la signature de Thairo Estrada, le temps du Spring Training. L’ancien des Yankees et des Giants devrait y gagner un vrai contrat. Enfin, dernières arrivée notables pour l’outfield : celle de Tyler Ward en provenance des Angels en échange de l’ancien espoir du monticule mais tout le temps blessé, Grayson Rodriguez et celle deLeody Taveras, champion en 2023 avec les Rangers.

Toutes ces recrues s’intègrent dans un effectif bâti autour des produits maisons : Ryan Mountcastle remplaçant d’Alonso sur la 1B, Jackson Holliday titulaire en 2B, Gunnar Henderson à la relance au shortstop, Adley Rutschman au marbre (pour une dernière chance?), Colton Cowser en outfield… mais quid de Coby Mayo et Heston Kjerstad? Tous les deux anciens top prospects de la Ligue (la quantité de jeunes Orioles à avoir poussé les portes de la MLB ces dernières saisons est folle) mais toujours dans le dur offensivement (AVG .201 en 102 matchs/2 saisons pour Mayo ; AVG .218 en 106 matchs/3 saisons pour Kjerstad). Il y a aussi des formés au club dans le bullpen. Keegan Akin, Grant Wolfram seront épaulés par Yennier Cano, Dietrich Enns, ou encore Andrew Kittredge.
Le potentiel et le talent sont bien présents chez les Orioles, reste maintenant à faire prendre la mayonnaise avec les recrues et surtout éviter les blessures. Le public de Camdem veut retrouver le frisson de la postseason. Rappelons que Baltimore n’a plus remporté de matchs en octobre depuis 2014 et les Division Series face aux Tigers. Les ALCS, puis le Wild Card Game de 2016, les ALDS de 2023 et les WC series de 2024 se sont toutes conclues par des sweeps!
Le joueur à suivre : Samuel Basallo
Si les rumeurs commencent à enfler autour du cas Adley Rutschman c’est à cause/grâce à l’émergence d’un nouveau catcher maison : Samuel Basallo. Le Dominicain a fait ses débuts en MLB en août dernier, mois de son 21e anniversaire. Signé en janvier 2021 lors de la Draft internationale, il a grimpé rapidement les échelons des Minor Leagues et a commencé à se faire un nom en 2023. Une saison à 20HR et un OPS de .953 entre la Simple et la Double A, récompensée par le titre de meilleur joueur de la Carolina League et le Top MLB Prospect Award. Double échelon ensuite en 2024 de la Double à la Triple A pour 19HR et une sélection au Futures Game. Avant sa promotion en MLB, Basallo a détruit la Triple A avec une OPS de .966, 23HR en 76 matchs. Alors oui, ses débuts dans le Show ont été timides (.165/.229/.330 en 118 apparitions au bâton, 30K pour juste 6BB) mais Basallo a déjà fait étalage de sa puissance, ses 4 HR ont été bien violents! Notamment ce walkoff shot contre les Dodgers début septembre.
Les Orioles n’ont pas tardé à montrer toute leur confiance dans le projet : une prolongation de contrat de 8 ans et 67 millions de dollars en poche. Le rapport performance/prix pourrait faire des étincelles ces prochaines saisons! Les spécialistes de MLB Pipeline le classe 8e meilleur prospect en ce début de saison et son nom est parmi les favoris pour le trophée de Rookie de l’année.
La star : Pete Alonso
Il n’avait pas réussi à obtenir le contrat qu’il voulait à l’hiver 2024-25, Pete Alonso avait donc rempilé pour une saison chez les Mets avec une nouvelle chance de trouver club à son pied un an plus tard. Il a bien fait. Le voilà avec un contrat sécurisé de 5 ans (sans buyout, ni argent différé) chez les Orioles. Un montant de 155 millions de dollars raisonnable au regard de la production du garçon depuis ses débuts dans la Ligue. 53HR et 120RBI) pour son année rookie en 2019! Et ensuite jamais en dessous des 30 longues balles et 88 points produits (à l’exception bien sûr de la saison tronquée de 2020). Il a même profité de son année supplémentaire dans le Queens pour s’offrir le record de franchise avec 253 homeruns.
Les Mets ne voulaient pas lui offrir un contrat de plus de trois ans, c’est pour cela qu’il est allé voir ailleurs. Il n’a pas choisi la destination la plus facile pas plus que ne l’était son ancienne Division Est de la Ligue Nationale, en rejoignant la Division Est de la Ligue Américaine! Une division coriace et une franchise des Orioles considéré comme un petit marché mais qui vient là de réussir un joli coup pour rivaliser avec Yankees, Blue Jays et Red Sox. En tant qu’ancien des Mets, on attend évidemment ses nombreuses sorties au Yankee Stadium où Alonso devrait recevoir un accueil glacial qui ira bien avec son surnom de Polar Bear. Il n’a en tout cas pas tardé à faire parler la poudre avec sa nouvelle équipe, s’offrant un homerun pour son premier match de Spring Training!
Pete Alonso est cette pièce majeure qu’une franchise s’offre pour passer la marche délicate de « équipe douée mais limitée à « contender ou presque ». A lui d’assumer ce nouveau statut autour des jeunes formés au club.
Le prono
90-72… 15 victoires de plus qu’en 2025 qui est pour moi une anomalie. Mais entre des Yankees toujours là, des Blue Jays qui ont un statut à confirmer, des Red Sox qui se sont eux aussi renforcés, la concurrence en AL East s’annonce des plus intenses.
