Alors que la sixième édition de la WBC s’apprête à débuter, TSO en termine avec la présentation des poules. On s’attaque donc à la poule D, celle d’un des trois grands favoris de la compétition avec les Etats-Unis et le Japon, la République Dominicaine. Les champions 2013 débarquent avec une armada offensive aussi terrifiante que celle de Team USA. Ils auront fort à faire face au Venezuela, leur principal concurrent. Quid d’Israël dopée aux joueurs américains, des Pays-Bas habitués de la compétition ou du Nicaragua qui va vivre sa deuxième WBC ?

République Dominicaine, un puissant favori
En 2013, les Dominicains étaient en mission. Après deux éditions remportées par le Japon et une piteuse neuvième place en 2009, ils voulaient montrer qu’ils étaient les plus forts. Malgré une adversité relevée dès les poules, ils avaient rempli leur mission. En revanche, 2023 fut très décevant avec une 10ème place suite à une élimination en phase de poule, la poule de la mort avec le Venezuela, Puerto Rico, Israël et le Nicaragua. Pour 2026, la République Dominicaine a décidé de réagir.
Alors que les premiers noms de Team USA tombaient, on se disait que les Américains avaient décidé de s’accaparer le titre face au Japon d’Ohtani et Yamamoto. Puis les premiers noms de la République Dominicaine sont tombés et on a compris qu’il allait falloir compter avec eux. Un coup d’œil rapide sur la liste des joueurs suffit à comprendre pourquoi les Dominicains font partie des grands favoris : Juan Soto, Vladimir Guerrero Jr, Sandy Alcantara, Austin Wells, Christopher Sanchez, Julio Rodriguez, Manny Machado, Ketel Marte, Jeremy Pena, Oneil Cruz, Geraldo Perdomo ou encore Fernando Tatis Jr.
En termes de puissance offensive et de vitesse sur bases, les Dominicains peuvent regarder les États-Unis les yeux dans les yeux. Vladdy (voir plus bas) qui sort de playoffs sensationnels et Soto, talent générationnel seront probablement les leaders de l’attaque. Vous imaginez un lineup avec du Soto, Vladdy, Machado, Tatis Jr, J-Rod, Marte and co ? Sans compter que José Ramirez des Cleveland Guardians, le joueur le plus sous-côté du baseball, le MVP de l’ombre, pourrait se joindre à la fête après le premier tour.
Côté lanceurs, c’est aussi très très bon. Même si l’équipe ne compte pas les deux Cy Young 2025, elle propose de solides partants et un bullpen mêlant expérience et talent. Christopher Sanchez (13-5, 2.50 ERA, 212K en 202 IP, WAR de 8 au 2ème rang MLB derrière Aaron Judge et devant Shohei Ohtani), Brayan Bello (11-9, 3.35 ERA), Sandy Alcantara (11-12, 5.36 ERA) et Luis Severino (8-11, 4.54 ERA) seront le quatuor de partants des Dominicains. Si Sanchez et Bello ont été bons en 2025, ce fut plus délicat pour Alcantara et Severino. Mais les deux lanceurs ont prouvé qu’ils pouvaient faire partie du top MLB, le premier étant Cy Young il n’y a pas si longtemps, en 2022.
Le bullpen n’est pas en reste : Camilo Doval, Wandy Peralta, Carlos Estevez, Dennis Santana, Abner Uribe ou Gregory Soto quelques noms pour une relève qui oscillera entre jeunes talents et releveurs installés des Ligues Majeures. Le jeune Uribe, notamment, sort d’une belle saison chez les Milwaukee Brewers (3-2, 1.67 ERA, 90K en 75.1 IP).
Clairement, les Dominicains ont l’équipe pour aller au bout. Même si quelques noms majeurs du baseball dominicain actuel manquent à l’appel, il y a suffisamment de talents et de stars pour appeler cela une Dream Team de la République Dominicaine.
La star : Vladimir Guerrero Jr
Que dire de Vladdy ? Alors qu’il avait signé un contrat mirifique de 500 millions de dollars avant le début de la saison 2025, faisant craindre qu’il puisse se reposer sur ses lauriers, il a répondu présent dans le rôle de leader des Toronto Blue Jays, tant en saison régulière (.292, 23HR, 84 RBI, .848 OPS, 4.6 WAR), qu’en postseason où il a été tout simplement monstrueux. Sa puissance a emmené les Blue Jays en World Series même si ce sont les Dodgers qui ont fini par soulever le trophée. Les playoffs 2025 de Vladdy ? Des matchs stratosphériques, une moyenne de frappe de .397, des clutch hits, 8 homeruns, 15 RBI, du trash-talking et une énergie qui a porté son équipe. C’est l’un des grands héros de la dernière postseason qui fera vibrer la WBC 2026.
Le joueur à suivre : Fernando Tatis Jr
Les joueurs à suivre sont multiples mais le cas du joueur des San Diego Padres mérite qu’on s’y arrête un peu. Fils d’un ancien Major Leaguer, le jeune Fernando est arrivé avec l’étiquette de talent générationnel et de future superstar en 2019. Dès sa première année, il devient le visage de la MLB. Terminant 3ème du Rookie de l’année, c’est son jeu flamboyant, électrique, puissant et rapide qui séduit, d’autant plus que le joueur est toujours souriant, heureux de jouer au baseball, s’affranchissant même des règles écrites du baseball pour tracer sa propre voie, lui donnant une image de gentil rebelle.
Le conte de fées dure trois ans, Tatis Jr glanant une 4ème puis 3ème place au MVP de la National League. En 2021, il frappe 42 homeruns. L’avenir est à lui. C’est sûr : il sera un jour le MVP et le meilleur joueur du monde. Puis vînt le drame, une suspension pour dopage en 2022. Depuis, sans démériter, Tatis Jr n’est pas le joueur qu’on espérait. Certes, ses stats sont bonnes et sa WAR 2025 de 5.9 le place dans le top 20 MLB. Depuis le retour de sa suspension, il a obtenu deux Gold Gloves, deux sélections All-Star et il a terminé 8ème du MVP en 2025. Tatis Jr est bon. Très bon parfois. Mais il n’est pas là où on l’attendait. Or, il n’a que 27 ans, débutant son prime. Beaucoup espèrent voir le Tatis Jr qu’on rêvait comme LA superstar du baseball. Pour cela, il devra monter son niveau de jeu d’un cran ou deux, et la WBC pourrait être la rampe de lancement parfaite pour une saison 2026 all-time pour l’ex éphémère visage de la MLB.
Prono : 1er
Venezuela, l’outsider dont il faut se méfier
Malgré l’absence de plusieurs stars pour des questions d’assurance ou de blessures (José Altuve, Pablo Lopez, José Alvarado…), le Venezuela présente l’un des groupes les plus relevés de la compétition. Hormis quelques jeunes et talentueux lanceurs des ligues mineures, le roster s’appuie sur des valeurs sûres de la MLB et quelques stars de la ligue, en premier Ronald Acuna Jr (voir plus bas).
Il faut dire que le Venezuela est revanchard. Très revanchard. Bien qu’ayant obtenu la 3ème place lors de l’édition 2009, le Venezuela n’est jamais parvenu à s’installer durablement dans le dernier carré de la WBC. Et 2023 a été un vrai crève-cœur pour les Vénézuéliens. Survolant la poule de la mort avec quatre victoires en autant de matchs, le Venezuela semblait être l’équipe surprise pour déranger les plans des deux favoris, le Japon et les Etats-Unis. Etats-Unis qu’ils retrouvent en quart de finale où ils font la course en tête avant que la bande à Mike Trout ne leur pique la victoire en fin de match. Au final, une malheureuse cinquième place amère.
En 2026, si l’effectif semble un cran en-dessous des favoris, ce cran est minime, particulièrement chez les joueurs de position. Derrière le MVP 2023 Acuna Jr, on trouve des noms prestigieux comme Salvador Perez, receveur des Kansas City Royals et capitaine de l’équipe, William Contreras, l’autre receveur du groupe qui occupe le poste chez les Milwaukee Brewers, la machine à hits Luis Arraez, la batte la plus constante de la MLB ces dernières années, Gleyber Torres, ex-star des Yankees parti l’an dernier chez les Detroit Tigers ou encore Eugenio Suarez (49HR en 2025 avec les DBacks et les Mariners), Andres Gimenez, Maikel Garcia , auteur d’une solide saison aux Royals (.286/16HR/74RBI), Wilson Contreras, Wilyer Abreu. Et surtout Jackson Chourio, la jeune star des Brewers, 3ème au Rookie de l’année 2024 (voir plus bas). La triplette d’outfielder Acuna Jr, Chourio, Abreu est l’une des meilleures du tournoi.
Le souci des Vénézuéliens se situera à la rotation. Avec l’absence imprévue de Pablo Lopez et un Jesus Luzardo qui ne devrait arriver que plus tard dans la compétition, si tout va bien, le Venezuela va devoir faire avec des lanceurs confirmés mais qui n’ont pas toujours excellé ces derniers temps dans le rôle de partants comme Eduardo Rodriguez (Dbacks). Seul Ranger Suarez, l’ex-lanceur des Phillies passé aux Red Sox cet hiver, apporte une vraie garantie. Il sera l’ace. Derrière, il faudra bricoler. En revanche, le bullpen du Venezuela est lui très solide, notamment avec Luinder Avila des Royals qui a sorti une belle saison rookie (1-1, 1,29 ERA, 16K en 14 IP), Daniel Palencia (1-6, 2.91 ERA, 61K en 52,2 IP) ou Eduardo Bazardo des Seattle Mariners (5-0, 2,52 ERA, 82K en 78,2 IP). On peut également citer les releveurs MLB Keider Montero, Yoendrys Gomez, José Butto ou Angel Zerpa.
Que ce soit au bâton, en défense ou sur la butte, seule la République Dominicaine affiche plus de profondeur et de qualité dans son roster au sein de la poule D. Ce qui fait du Venezuela un top outsider pour défier le trio de favoris USA/Japon/RD.
La star : Ronald Acuna Jr
Acuna Jr n’est pas seulement la star de l’équipe vénézuélienne. C’est aussi l’une des stars de l’ensemble de la compétition. Revenu au jeu, après une blessure, durant l’exercice 2025, il a brillé dans une équipe des Braves en difficulté. En 95 rencontres, il a frappé pour .290 avec 21 homeruns, un OBP de .417 et un OPS de 955, récoltant également sa cinquième sélection All-Star. Rookie de l’année en National League en 2018 et MVP en 2023, seul membre du club des 40 homeruns et 70 bases volées en une saison, Acuna Jr est incontestablement l’un des meilleurs joueurs de baseball de la planète… quand les blessures le laissent tranquille. Si Salvador Perez est le capitaine de l’équipe, Acuna Jr en est irrémédiablement le moteur principal.
Le joueur à suivre : Jackson Chourio
Arrivé en MLB en 2024, avec un statut de statut de favori pour le Rookie de l’année, le top prospect des Brewers n’a pas déçu. Même s’il n’a pas remporté le trophée, il a terminé 3ème des votes. 2025 fut la saison de la confirmation. Malgré des stats un peu en dessous de sa saison rookie, il a bien tenu le choc. 2026 doit montrer qu’il peut encore progresser même si, à 21 ans (22 durant le tournoi), il a encore le temps. Mais beaucoup veulent savoir si Jackson Chourio est un talent générationnel, à l’instar de son aîné Acuna Jr, le type de joueurs qui trônent tout en haut de la hiérarchie mondiale, qui gagnent des MVP et font leur route vers le Hall of Fame. Une excellente WBC pourrait aider Chourio à emprunter la route des grands.
Prono : 2ème
Pays-Bas
Le nouveau manager des Pays-Bas et nouveau Hall of Famer, Andruw Jones, arrivera-t-il à refaire des Pays-Bas l’équipe surprise de la WBC ? Jusqu’à l’édition 2023, où les Pays-Bas ont chuté de peu pour passer la phase de poule, ils s’étaient toujours qualifiés pour la suite, créant de nombreuses surprises, battant des équipes favorites et se hissant deux fois dans le dernier carré, en 2013 et 2017.
Dans une poule encore plus relevée que ce qu’ils ont connu par le passé, les Pays-Bas ne sont pas sans armes, eux qui ont justement créé des surprises avec des rosters bien moins forts sur le papier. Alors, quelles sont ces armes néerlandaises en 2026 ?
C’est dans le domaine offensif que le roster des Pays-Bas impressionne le plus avec l’une des stars des Atlanta Braves, Ozzie Albies (2025 : .240/16 HR/74 RBI), Xander Bogaerts des San Diego Padres (2025 : .263/11HR/53RBI) ou encore Jurickson Profar, autre joueur des Braves, qui s’est montré performant après sa suspension pour dopage une partie de la saison. Citons également le joueur des Red Sox de Boston, Ceddanne Rafaela (.249/16HR/63 RBI), reconnu pour l’excellence de sa défense qui lui a permis d’obtenir 4.7 en WAR. Néanmoins, l’essentiel de l’équipe est composé de joueurs ayant évolué ou évoluant encore en ligues mineures, souvent dans les plus bas niveaux, comme Druw Jones, 2ème choix à la Draft 2022 et fils du manager, qui évolue en A+ pour les Dbacks. Et puis, il y aura Didi Gregorius (voir plus bas).
Côté monticule, là encore, beaucoup de minor leaguers ou ex-minor leaguers. Deux noms ressortent, Kenley Jansen et Antwone Kelly (voir plus bas). Jansen est un vétéran mais sa saison 2025 a montré qu’il en avait encore sous le coude (2.57 ERA, 57K en 59 innings et 29 saves). Ensuite, le reste du pitching staff apparaît léger. Plusieurs lanceurs évoluent en Rookie ou Simple A, voire ne jouent plus en ligues mineures depuis de nombreuses années. Savoir comment ce pitching staff va se comporter est une inconnue dans une poule où de nombreux lineups sont de qualité, et même puissants si on parle de la République Dominicaine et du Venezuela.
En revanche, l’expérience du collectif, avec des joueurs qui ont pu aussi évoluer ensemble en championnat d’Europe pour certains, peut être un plus pour obtenir des résultats et créer à nouveau la surprise.
La star : Didi Gregorius
Retraité des terrains de la MLB (provisoirement?), Didi Gregorius n’a pas arrêté sa carrière loin de là. Après sa dernière saison en 2022 au sein des Phillies, il a rebondi en Mexican League avec les Algodoneros de Union Laguna, s’y montrant performant. Cela lui ouvre alors la voie à un contrat de Ligues Mineures avec les Seattle Mariners mais l’aventure ne dure que deux mois après des résultats décevants en AAA. En 2024 et 2025, il repart en Mexican League où il se montre à nouveau solide. Parallèlement, il participe à plusieurs campagnes de l’équipe nationale des Pays-Bas comme la WBC 2023, le Premier 12 WBSC 2024 et l’Euro 2025 où il termine MVP. Infatigable amoureux du baseball, il n’a eu de cesse de répondre, quand c’était possible, aux sélections de son pays, décrochant avec lui le dernier titre amateur en coupe du monde 2011 puis une demi-finale en WBC lors de l’édition 2017. Son expérience et son entrain devraient être de précieux atouts pour une équipe entre jeunes talents, stars de la MLB et joueurs en fin de carrière.
Le joueur à suivre : Awtone Kelly
Il lance à 101 mph, plus de 160 km/h. C’est un lanceur puissant devenu en 2025 un véritable espoir des Pirates de Pittsburgh. Le natif de Aruba (Aruba et Curaçao fournissent une majorité des membres de l’équipe avec quelques natifs des Pays-Bas et un américain) a impressionné et s’affiche comme un des prospects à suivre sur cette édition 2026. Ayant atteint le niveau AA, il sera particulièrement scruté pour intégrer les top prospects de la franchise. Baseball America le voit devenir le closer des Pirates dans les prochaines années.

Prono : 3ème
Israël
En 2023, Israël avait pu arracher une seule victoire, serrée, face au Nicaragua pour s’assurer une qualification à l’édition 2026. En revanche, malgré un bataillon de renforts américains au sein de l’équipe, issus de la MLB ou des ligues mineures, il n’avait pu challenger la République Dominicaine, Puerto Rico et le Venezuela, perdant sèchement 10-0 contre les deux premiers. Que peut espérer Israël pour sa troisième participation, emmené une nouvelle fois par l’ancien Major Leaguer Brad Ausmus, secondé par l’ancien joueur des Red Sox Kevin Youkilis ?
Les Israéliens auront encore une solide base de jeunes issus des ligues mineures, encadrés par quelques joueurs MLB. Seul Assaf Lowengart est un joueur du crû, bien que Dean Kremer, l’ace de l’équipe, soit également israélien par ses parents. Cela donne une équipe avec un gros potentiel mais un manque de vécu collectif, même si certains étaient déjà là en 2023.
Trois Major Leaguers seront les piliers de l’équipe, les expérimentés Dean Kremer (voir plus bas), lanceur aux Baltimore Orioles, et Harrison Bader, le champ extérieur qui va évoluer avec les Giants de San Francisco en 2026, ainsi que Spencer Horwitz, première base, qui sort d’une saison solide avec les Pirates de Pittsburgh (.272/.353/.434, 11 homeruns, 51 RBI). Bader a lui aussi connu une saison très solide après son trade vers les Phillies de Philadelphie, frappant pour .305 de moyenne avec 5 homeruns et 16 RBI. Bader et Horwitz pourront compter sur d’autres battes, comme celles des frères Stubbs, CJ et Garrett, qui connu leurs premières expériences en MLB en 2025, respectivement avec les Blue Jays et les Phillies, les deux œuvrant au même poste, celui de receveur. On pense également à Matt Nervis, qui a joué pour les Chicago Cubs puis les Miami Marlins entre 2023 et 2025 (.165, 10 HR en 3 saisons). Jake Gelof sera aussi suivi. Le second choix des Dodgers à la draft 2023 a frappé 16 homeruns en A+ la saison dernière. Noah Mendlinger sera aussi à surveiller après avoir fait preuve de constance au bâton en AA et AAA dans le farm system des Cards de St-Louis.
Que ce soit au bâton ou sur le monticule, de nombreux prospects voudront se montrer, en particulier le lanceur du farm system Yankees, Harrison Cohen (voir plus bas). Si Dean Kremer sera le pilier de la rotation, il pourra compter sur d’autres lanceurs des Ligues Majeures comme Matt Bowman, Tommy Kahnle, Rob Kaminsky, Max Lazar, Robert Stock et Zack Weiss. Si la plupart ne sont pas des top lanceurs ou ont découvert la MLB récemment, Bowman et Kahnle apporteront énormément d’expérience, Kahnle ayant même été un top releveur au meilleur de sa carrière chez les Yankees.
Si, au global, le roster israélien n’affiche pas la même profondeur et qualité de talents que les deux top teams de la poule, il n’est reste pas moins que ce groupe a les moyens, sur un format court, de créer la surprise.
La star : Dean Kremer
Le lanceur des Orioles de Baltimore n’est pas un ace en MLB. C’est un partant de fin de rotation. Cependant, depuis ses premiers pas dans le Show en 2020, il a su faire sa place, enchaînant les saisons comme titulaire. L’an dernier, il termine la saison avec une fiche de 11 victoires et 10 défaites, sa deuxième fiche positive après la saison 2023 (13-5). Malgré un ERA de 4.19, ses stats avancées ont été les meilleures de sa carrière. Si un joueur comme Bader est plus connu, Kremer est l’âme de cette équipe, lui qui participa à la WBC 2017 comme prospect avant d’en être le leader en 2023.
Le joueur à suivre : Harrison Cohen
Si les Yankees ont rarement un top farm system dans les classements, ils arrivent à sortir un bon lanceur qui va performer en MLB, au moins un temps, comme dernièrement Luis Gil, Will Warren puis Cam Schlittler. Le prochain pourrait être Harrison Cohen, un lanceur de relève. Signé en 2022, Cohen a connu une progression compliquée avec une blessure en 2024, montrant tout de même quelques preuves de son talent. En 2025, il a explosé, dans le bon sens du terme : un ERA de 2.01 et 30K en 22.1 manches en AA puis 1.57 et 29K en 28.2 manches en AAA. De quoi laissait espérer des débuts en MLB durant la saison à venir chez des Yankees qui ont toujours besoin de bras sur le monticule.

Prono : 4ème
Nicaragua, en mode survie ou conquérant ?
Si le Nicaragua n’est pas une grande nation du baseball, ce dernier y fait figure de sport majeur dans ce petit pays d’Amérique Centrale. Il a donné à la MLB 18 joueurs comme le lanceur Dennis Martinez, 4 fois All-Star dans les années 1990 et qui a lancé un match parfait le 28 juillet 1991. Plus récemment, on peut citer le lanceur Jonathan Loaisiga, qui a joué aux New York Yankees avant de signer cet hiver aux Diamondbacks d’Arizona.
Le pays fut un habitué de la coupe du monde amateur à laquelle il participa 30 fois pour cinq places de finalistes. Son meilleur résultat reste probablement la 4ème place obtenue aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996. Quant à la World Baseball Classic, 2026 sera la deuxième participation du Nicaragua après l’édition 2023. Sans démériter pour une première participation, les nicaraguayens étaient sortis de la poule D sans aucune victoire. Ils ont du donc repasser par un qualifier en février 2025 à Taiwan pour accéder à la WBC 2026.
Le Nicaragua a terminé premier de son qualifier devant le pays hôte, remportant trois victoires en autant de matchs. Deux victoires étriquées 2-1 face à l’Afrique du Sud et l’Espagne, et une victoire plus large, 6-0, face à Taïwan.
Avec à sa tête le grand manager Dusty Baker, le Nicaragua va se présenter face à ses adversaires avec un mélange de joueurs locaux, de minors leaguers et de joueurs ayant l’expérience de la MLB mais aussi d’autres championnats pros. Parmi les gros noms, on citera Mark Vientos des New York Mets (voir plus bas), mais aussi Carlos Rodriguez, lanceur des Milwaukee Brewers (1-0, 6.52 ERA en 2025) et Erasmo Ramirez, releveur chez les Minnesota Twins en 2025 (0-1, 2.45 ERA).
Le principal atout du Nicaragua semble être son personnel de lanceurs. En plus des deux Major Leaguers cités plus haut, il pourra compter sur JC Ramirez, ancien des Big Leagues entre 2013 et 2019, et plusieurs minor leaguers : Duque Hebbert (Detroit Tigers), Oscar Rayo (Kansas City Royals) et Stiven Cruz (Milwaukee Brewers). Pour le reste, des lanceurs rodés aux joutes du baseball sud-américain. Cet équilibre entre expérience et jeunes talents avaient déjà permis au Nicaragua de se qualifier en 2023 et de bien paraître lors de la compétition principale.
Ce qui a manqué en 2023 ? Du bâton ! Les joueurs du Nicaragua ont affiché le 3ème pire OPS de la précédente édition après la Chine et Israël. Comparé aux autres rosters de la poule, le Nicaragua ne paraît pas très effrayant pour 2026 non plus. Le lineup sera composé essentiellement de joueurs passés par les championnats sud-américains ou par les ligues mineures sans réussir à s’imposer en MLB, à l’image de Jeter Downs, ancien top prospect qui a rapidement disparu des Ligues Majeures pour essayer de rebondir en NPB chez les Fukuoka SoftBank Hawks. L’attaque devrait tenir sur Mark Vientos, bien aidé par l’arrêt-court Freddy Zamora (Brewers) et le champ extérieur Ismael Munguia (Blue Jays), solides joueurs évoluant en AAA l’an dernier.
Malgré cette faiblesse offensive, le Nicaragua avait réussi à embêter ses adversaires en 2023. Avec un peu plus de puissance et de constance, il peut espérer décrocher une première victoire en WBC et s’offrir une qualification automatique pour la prochaine. Un objectif largement à sa portée.
La star : Mark Vientos
Vientos aurait pu jouer avec Puerto Rico. C’est finalement avec le Nicaragua qu’il évoluera, normalement en 3ème base. Sa saison 2025 n’a pas été incroyable avec une pauvre moyenne de .233 et un OPS de .702, pour un joueur qui a tout de même claqué 17 homeruns. 10 de moins qu’en 2024. Son historique montre qu’il n’est pas un frappeur constant en MLB mais qu’il peut parfois faire preuve de puissance. Face à des équipes de second rang comme Israël ou les Pays-Bas, il aura un rôle de leader pour chercher la première victoire du Nicaragua et pourquoi pas se chauffer pour afin passer un cap en MLB, chez des Mets qui vont se montrer revanchards et ambitieux cette saison.

Les joueurs à suivre : Ismael Munguia et Freddy Zamora
Ismael Munguia a évolué dans le farm system Yankees de 2016 à 2025, atteignant le AAA en 2024 et 2025. Prometteur jusqu’au niveau AA, il semble avoir atteint une limite dans l’antichambre de la MLB, ce qui peut expliquer que les Yankees ne l’ont pas conservé. Ayant signé un contrat de ligue mineure avec les Blue Jays cet hiver, il aura à cœur de se servir de la WBC pour montrer à Toronto qu’il peut passer le cap du niveau MLB. Même chose pour Freddy Zamora. S’il n’est pas un top prospect des Brewers, il a lui aussi évolué en AAA sur les deux dernières saisons. Il semble patiner à ce niveau-là dans sa production offensive. En revanche, il excelle en défense, ce qui pourrait aider le Nicaragua dans la compétition et lui offrir une chance de goûter à la MLB plus tard.
Prono : 5ème
