
Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On enquille avec une habituée du début des 30 preview en 30 jours : les Angels.
Que retenir de 2025 ?
Une fois n’est pas coutume, ces Angels ont encore été mid. Derniers de l’AL West avec un bilan de 72 victoires pour 90 défaites. Surtout, et ça prouve le mal profond qui règne dans ce club, nous en sommes à dix saisons de suite avec un record négatif. Mais ce qui est assez étonnant dans cette équipe, c’est que le mot rebuild semble taboo. Alors que des franchises n’hésitent pas à passer par cette case pour repartir sur de bonnes bases, les Angels souhaitent absolument tenter de rester compétitif. Pourtant les résultats ne suivent pas. Souvent à cause du pitching qui semble être l’un des problèmes majeurs des Angels depuis que je suis né. Du coup, les Angels s’accrochent tant bien que mal mais terminent toujours trop loin pour jouer quelque chose mais sont suffisamment bons pour pas bénéficier des meilleurs tours de draft. Une situation hybride qui perdure et qui continue de faire du mal à la franchise. Et paradoxalement, lorsque le club pouvait se targuer d’avoir Ohtani et Trout, il n’a pas fait les efforts suffisants pour recruter des aces capables d’être au niveau des deux Goats des deux dernières décennies.
Bref j’arrête ma cabale contre la politique des Angels, mais cette franchise est quand même un sacré gâchis. Pour revenir sur 2025. Le club avait encore bien investi avant le début de la saison. Ainsi des joueurs de bon calibre comme Jorge Soler, Travis d’Arnaud ou Kenley Jansen sont arrivés dans la cité des Anges. Mais c’est bien Yusei Kikuchi qui fut la plus grosse prise. Exceptionnel avec les Astros sur la deuxième partie de saison 2024 (9e au trophée du Cy Young), le japonais a cédé aux sirènes des Angels qui lui ont proposé un pont d’or. Et s’il ne sera jamais un ace en puissance, il reste un lanceur de grande qualité et il l’a montré avec sa nouvelle franchise. Consistant, régulier et costaud, Kikuchi rend une copie propre avec 3.99 d’ERA en 33 rencontres, 178.1 manches et 174 strikeouts. Des prestations suffisamment impressionnantes pour être envoyé au All-Star Game. Au final, une vraie bonne pioche pour les Angels puisque Kikuchi apporte de la stabilité à la rotation qui en avait bien besoin. Car derrière lui ce fut un peu plus compliqué, un peu comme d’habitude. Si José Soriano a été une bonne surprise avec 4.26 d’ERA, Kyle Hendricks lui a eu du mal même s’il a limité la casse (4.76 d’ERA). Il a au moins fait le job en mangeant des manches (164.2 innings en 31 rencontres). Intéressant en 2024, Jack Kochanowicz n’a pas confirmé en 2025 et a même sombré avec 6.81 d’ERA. Pour finir sur cette rotation, plutôt épargnée par les blessures, Tyler Anderson – pourtant dans sa dernière année de contrat – n’a rien fait pour prouver qu’il avait encore sa place en MLB avec 4.56 d’ERA. Au final, une rotation moyenne à l’image de la franchise. Mais suffisamment douée pour ne pas sombrer complétement.

Dans le bullpen, le closer star Kenley Jansen a répondu plus que présent. 29 sauvetages pour le natif de Curaçao avec un ERA de 2.59. Tout simplement impérial du haut de ses 37 ans. Même s’il est moins surpuissant que par le passé, il reste l’un des meilleurs ange gardien de l’histoire de la MLB et l’a prouvé. Désormais bien placé à la 4e place des releveurs avec le plus de sauvetages (476), il pourrait en 2026 faire son entrée sur le podium puisqu’il ne lui manque que trois sauvetages pour dépasser la légende Lee Smith.
Mais si la rotation a été plutôt stable, le bullpen lui a connu de nombreux changements, puisque 36 joueurs vont lancer au moins une fois pour les Angels (dont 6 joueurs de champs). La recrue Robert Stephenson, blessé en arrivant, n’aura joué que deux matchs en mai, avant de se reblesser et de revenir fin août. Mais en peu de temps, il aura prouvé qu’il était talentueux (2.70 d’ERA en 10 manches) et pourrait avoir un gros rôle en 2026. Une rotation moyenne et un bullpen en majorité moyenne, et vous comprenez pourquoi, il est difficile d’espérer quoi que ce soit.

Enfin au niveau offensif, il a y eu des belles histoires du côté des Angels. D’abord la renaissance inespérée de Jo Adell. Longtemps considéré comme l’un des meilleurs prospects de la franchise, il n’avait jamais réussi à répondre aux attentes et 2025 semblait être sa dernière chance. Et bien on peut dire qu’il l’a bien saisie. Comme quoi en baseball, l’éclosion d’un joueur peut prendre plus de temps que prévu. Pour rappel Adell n’a que 26 ans et a signé une saison pleine avec .236/37HR et 98 RBI. S’il ne sera jamais un frappeur de constance, il a enfin montré qu’il pouvait avoir un gros impact avec sa batte. Autre bonne nouvelle, Mike Trout aura presque fait une saison complète. Un seul petit mois de loupé pour la star des Angels. 130 rencontres disputées soit autant que sur les deux dernières saisons (2023 et 2024) combinées. Et s’il n’est plus le joueur dominant des années 2010, il reste impactant (26 HR et 64 RBi). Le plus important est de le voir pouvoir enchainer, ça fait remonter les souvenirs.
Autre batteur impactant, Taylor Ward, un des joueurs les plus réguliers des Angels depuis 4 ans. Lui qui est au club depuis 2018 a encore sorti une très belle saison avec .228/36HR et 103 RBI. Vous avez là un trio puissant qui a bien porté l’équipe. Et vous commencez à voir le topo, la puissance ce n’est pas ce qui a manqué au club puisque il termine 4e MLB en terme de HR (226). Par contre en moyenne au bâton, c’est tout simplement la pire équipe de MLB avec .225 de moyenne. Et 3e pire en terme de présence sur bases (OBP) avec à peine .298. Frapper des HR c’est bien mais s’il y a quelqu’un sur base c’est mieux.

Et on n’a pas encore parlé de la star de cette équipe car oui ce n’est plus Mike Trout, du moins sur le terrain. Il s’agit bien de l’arrêt-court Zach Neto. Déjà en immense progression en 2024, il a encore franchi un cap en 2025. Mais on y reviendra plus tard. Enfin on peut terminer par citer les saisons solides, sans être exceptionnelles, de Nolan Schanuel (.264/12HR/53RBI) qui apporte un peu de présence sur base à l’équipe. Ou bien de Yoan Moncada (.224/12HR/35RBi). Et comment ne pas parler de Christian Moore. Drafté au premier tour en 2024 ( 8e choix), le joueur de 2e base a déjà connu la MLB. Une ascension express qui est devenu une habitude chez les Angels, devant la faiblesse du farm system et de ses ligues mineures. Malheureusement, cela ne lui a pas été trop bénéfique puisqu’il a été en difficulté avec seulement .198 à la batte, 7 HR et 16RBI.
Qu’attendre pour 2026

Déjà, on a pu voir l’impact de la légende du coaching Ron Washington sur cette équipe. Lui qui est réputé pour bien travailler avec les batteurs, on a vu que ce secteur de jeu a plutôt été une force pour les Angels. Même si elle a été unidimensionnelle. Malheureusement, à 73 ans, Washington a été rattrapé par son âge et a dû laisser sa place durant la saison suite a des soucis de santé. Du coup dans le front office, on est très vite passé à la recherche d’un remplaçant pour 2026. L’intérimaire Ray Montgomery n’ayant pas fait sensation, loin de là (36 victoires, 52 défaites), le club s’est tourné vers d’autres noms. Et pas des moindres puisque Albert Pujols et Torii Hunter ont notamment été auditionnés pour le poste. Deux anciens de la maison et avec du cachet. Mais c’est finalement, un autre ancien des Angels qui va décrocher le job : Kurt Suzuki. Lui qui a terminé sa carrière avec le club en 2022, est resté dans la franchise en tant que conseiller pour le General Manager mais il n’a aucune expérience de coaching. Un choix qui pose question, mais qui peut faire sens puisque le natif d’Hawai s’est vu offrir un contrat d’une seule année, qui correspond également au temps de contrat restant de Perry Minasian. C’est simple soit ils coulent ensemble, soit ils avancent ensemble. Cependant, Kurt Suzuki devrait plutôt avoir un rôle de manager que de coach. C’est à dire quelqu’un qui supervise le tout. Car son GM lui a offert un coaching staff de qualité. Avec Mike Maddux en temps que pitching coach : sans doute le meilleur recrutement possible. Après son excellent passage avec les Rangers, il va travailler avec un groupe qui en a bien besoin. John Gibbons sera lui aussi de la partie dans ce coaching staff en temps que « bench coach » (NDLR : que l’on pourrait traduire par adjoint en Europe). Avec 20 saisons de coaching en MLB, il sera l’atout maitre et le principal appui de Suzuki. Enfin Adam Eaton et Max Stassi, fraichement retraités auront également des postes (respectivement first base coach et catching coach).
Passons maintenant au roster. Et pour une fois pas de folie chez les Angels, on a plutôt décidé de relancer des joueurs. Ainsi un seul changement dans les titulaires offensifs. Josh Lowe arrive de Tampa Bay et vient remplacer numériquement Taylor Ward envoyé chez les Orioles. Lowe peut être considéré comme un affaiblissement par rapport à Ward. Mais il apporte quelque chose de différent avec une meilleure présence sur base. Cependant Lowe est en perte de vitesse depuis deux saisons, et on espère qu’un changement d’environnement lui sera bénéfique (.220/11HR/40RBI en 2025). Les Angels ont également renforcé leur banc avec l’arrivée de Vaughn Grissom, capable de jouer 2B/SS. Arrivé avec une belle hype chez les Braves en 2022, il n’est pas parvenu à confirmer depuis. Et a été envoyé chez les Red Sox en 2024, sans parvenir à s’imposer. En 2025, il a joué en triple A et a été plutôt bon (.270/13HR/48RBI et .342 de présence sur base). Il reste encore jeune (25 ans) et lui aussi évolue dans un domaine différent du batteur de puissance. Et dans un environnement avec moins de pression, il pourrait reprendre confiance. On ne pourra pas reprocher au management d’avoir tenté d’équilibrer son attaque.
Pour la rotation, même constat. On tente de relancer des joueurs plutôt jeunes. Le départ de Taylor Ward a été réalisé dans le cadre de l’arrivée de Grayson Rodriguez. Un des meilleurs prospects des dernières années (6e avant la saison 2023), il a été plutôt bon avec les Orioles en MLB (3.86 d’ERA en 2024 en progression par rapport à ses 4.35 en 2023). Ce dernier est ralenti dans sa progression par de nombreuses blessures. Il a ainsi manqué toute la saison 2025 mais revient avec de grandes ambitions pour 2026. Il possède un énorme potentiel, et peut être l’ace tant attendu par les Angels depuis longtemps. C’est là que la magie de Mike Maddux pourrait opérer. Autre pari, celui d’Alex Manoah. Exceptionnel lors de ses deux premières années en MLB en finissant 8e Rookie de l’année en 2021 puis 3e au Cy Young en 2022 après avoir sorti 2.24 d’ERA en 196.2 manches et 180 strikeouts. Sûrement à bout de souffle, il ne fait que dégringoler depuis. Exécrable en 2023 (5.87 d’ERA), touché par les blessures en 2024 et à la peine lors de sa reprise en Minors, il a erré dans le fin fond des ligues mineures de Toronto en 2025. Entre échecs et blessures, il arrive donc lui aussi revanchard en 2026 et est un pari sans le moindre coût pour les Angels qui espèrent une nouvelle touche de magie de la part de Maddux.
On termine avec les petite additions dans le bullpen avec de l’expérience infusée. Évidemment, Jansen ne pouvait pas rester chez les Angels, il a signé chez un contender sérieux, les Tigers. Robert Stephenson devrait endosser le rôle de closer. Mais il existera de nombreuses options avec des joueurs qui ont déjà connu ce rôle. Kirby Yates, Drew Pomeranz, ou encore Jordan Romano auront tous un gros rôle à jouer. Sur le papier, ça a de la gueule, mais ils sont tous plus ou moins en perte de vitesse et tenteront de se relancer chez les Angels.
Enfin, les Angels ont aussi beaucoup distribué de places pour le spring training pour des joueurs qui devront se battre pour décrocher un contrat. Mais il y a des noms connus comme Jeimer Candelario, Trey Mancini, Chris Taylor, Nick Madrigal ou encore José Siri.
Cette nouvelle politique n’est pas pour me déplaire du côté des Angels. Terminé les attentes, le club semble tenter autre chose cette année en relançant des joueurs en difficulté pour pourquoi pas les échanger à la deadline contre des prospects et ainsi enfin remplir avec du talent ce farm system en difficulté.
La star : Zach Neto

Ça fait bizarre de faire une preview des Angels et de ne pas faire de Mike Trout, la star de cette équipe. Alors oui il reste un joueur impactant mais, et ça fait mal de le dire, sur la pente descendante de sa carrière. En revanche Zach Neto, lui est sur la pente ascendante et pourrait bientôt prendre les rênes de cette équipe. Drafté au premier tour en 2022 (13e), lui aussi a été promu de manière ultra rapide au sein du sytem des Angels. C’est ainsi qu’il débarque fin 2023 dans le roster MLB. Si sa première saison a été compliquée (.225/9HR et 34 RBI), elle aura servi d’adaptation. Puisque en 2024, il entre dans une nouvelle dimension en signant une saison en 20/20, c’est à dire au moins 20 HR (23) et 20 (30) bases volées, avec une moyenne au bâton de .249 et une présence sur base de .318.
En 2025, a seulement 24 ans, il va répéter ces performances et en améliorant presque toutes ses marques (.257/26HR et 62 RBI) mais avec moins de matchs (128 en 2025 contre 155 en 2024). Preuve qu’il aurait pu sans doute atteindre la marque de 30/30. C’est dans cette range que l’on attend la nouvelle figure de proue offensive des Angels en 2026, qui pour sa 4e saison devrait avoir l’expérience et la confiance suffisantes pour y parvenir.
Le joueur à suivre : Christian Moore

Après avoir parlé de Zach Neto plus haut, il y en a un qui semble suivre exactement le même chemin. Il s’agit de Christian Moore. Lui aussi drafté au premier tour de sa draft (8e en2024), il n’aura joué que 100 matchs en ligues mineures avant d’atterrir en MLB. Il faut dire qu’après avoir été exceptionnelle en 2023 avec sa fac de Tennessee (l’une des plus réputées en baseball universitaire), il a été tout simplement stratosphérique en 2024 : .375 / 34 HR et 74 RBI ! Des stats affolantes et une saison en apothéose pour terminer sa carrière universitaire. Difficile d’imaginer qu’il réussira à reproduire ce genre de saison au niveau MLB, car sa principale force reste sa capacité à monter sur base (37% lors de ses 68 matchs de ligues mineures entre le Simple A et le Triple A). D’ailleurs ses performances remarquables en Triple A (.292 de moyenne à la batte, 5 HR et 26 RBI ainsi que 37% de présence sur base) ont poussés les Angels à lui donner sa chance en MLB. Je l’ai dit plus haut, le pallier a été compliqué à franchir pour lui. Mais rappelons qu’il n’a que 22 ans et qu’il jouait encore en universitaire un an auparavant. Il est 6 ans plus jeune que l’âge moyen d’un joueur de MLB. Cette saison 2025 pourrait servir d’adaptation avant d’exploser en 2026 à l’image de son coéquipier Zach Neto. On lui souhaite et aux Angels, la même trajectoire.
Notre prono
Difficile de se faire une idée des performances des Angels en 2026. L’attaque devrait une nouvelle fois être présente et semble plus équilibrée que l’année dernière. En revanche la grande question reste le pitching staff qui va être plein de joueurs avec du potentiel mais à la relance. Le nouveau pitching coach Mike Maddux va devoir faire des miracles pour ce groupe. Mais c’est des paris. Du coup les Angels vont terminer à la dernière place de l’AL West, et en fonction des performances en première partie de saison être parmi les vendeurs à la trade deadline, si ses paris sont payants. L’objectif est de remplir le farm system et de reconstruire au tour de Neto. S’ils y parviennent ce sera une saison réussie peu importe le bilan sportif.
70 victoires, 92 défaites.
