Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Aujourd’hui, on vous donner rendez-vous sur les bords de l’Allegheny River ou le Capitaine Paul Skenes attend des matelots à son niveau.

Que retenir de 2025
Soyons clairs, on n’attendait pas grand-chose des Pittsburgh Pirates en 2025, autre que la confirmation attendue de l’immense de talent de Paul Skenes, et sur ce point on n’a pas été déçus. Mais pour le reste, les Pirates ne se sont pas contenté de stagner, ils ont même régressé. Eux qui restaient sur deux saisons à « seulement » 86 défaites après deux saisons passées dans la centaine, sont repartis en arrière avec 71 victoires pour 91 défaites en 2025.
Il faut dire que la saison semblait damnée d’entrée, sur fond de conflit ouvert entre le propriétaire du club, Bob Nutting, et les fans des Bucs. Les blessures de Jared Jones et Spencer Horwitz, principale recrue hivernale, lors du Spring Training, et de Nick Gonzales dès l’Opening Day (fracture de la cheville en frappant un Hone Run !) avaient annoncé la couleur, tout comme le renvoi de David Bednar, le closer star, en Triple A dès la première semaine de la saison. Quelque chose ne tournait pas rond à Pittsburgh cette saison, et parfois il faut juste accepter la défaite… ce que Pittsburgh s’est empressé de faire, se débarrassant au passage de son manager Derek Shelton dès le mois de mai.

Vous avez compris, ou j’en rajoute encore un peu ? 583 runs scorés sur la saison : pire équipe des Majors ; 117 Home Runs : 31 de moins que les Cardinals, 29e de MLB ; une moyenne au bâton de .231 : 28e position. Un line-up qui paraissait bien maigrichon avant la saison a confirmé toutes ses limites, et plus encore, au gré des méformes et blessures. Alors bien entendu, Oneil Cruz a fait parler sa vitesse et sa puissance (20 HR, 38 SB), mais au prix d’une moyenne de 20% avec 174 retraits sur prise. Un de plus que Bryan Reynolds, premier fournisseur de runs pour lui-même (68) et pour les autres (73), mais lui aussi bien loin de ses meilleures saisons. Le reste, une collection de joueurs en qui l’on a cru un jour… des mecs un peu trop fort pour ne plus avoir leur place en Major League, mais pas assez pour sauver une équipe en difficulté : entrez ici Tommy Pham, Isaiah Kiner-Falefah, Joey Bart, Jared Triolo et même Andrew McCutchen, qui en est rendu à errer comme une âme en peine dans une maison qu’il a un jour ébloui par son si unique talent.
Heureusement, le pitching a pu redonner un peu de sourire aux fans des Pirates, et même un grand sourire un jour sur 5 grâce à un Paul Skenes absolument intouchable. Le désormais double All Star, est le Cy Young 2025, et semble s’être installé à un ERA de croisière de 1.96 sur deux saison remarquablement consistantes en termes de performance. 215 ERA+ désormais, 386 Strike Outs et 13.5 WAR en 55 starts en carrière… pour 21 victoires, il ne peut pas tout faire. A défaut d’être bien soutenu, il n’a pas été totalement abandonné cette saison par l’imprévisible Mitch Keller (176.1 IP, 4.19 ERA) et le reste d’une rotation respectable à défaut d’être qualitative avec Andrew Heaney (120.1 IP, 5.39), Bailey Falter (113.1 IP, 3.73), Carmen Mlodinsky (99.0 IP, 3.55 entre starts et relève) et Mike Burrows (96 IP, 3.94) pour l’accompagner. Suffisant pour assurer aux Pirates la 6e rotation des Majors en termes d’ERA (3.71 ; la 18e avec 4.20 si l’on enlève le facteur Skenes !).
Et le bullpen dans tout ca ? Il a fait son petit bonhomme de chemin, sans trop impressionner, mais sans décevoir. Le closer star David Bednar (17/17 SV, 2.37 ERA, 51 SO en 38 manches) a retrouvé son lancer en début de saison après un 2024 désastreux et une visite en Triple A, avant de filer chez les Yankees à la Trade Deadline. Dennis Santana, intronisé au rôle de closer, a été tout aussi efficace avec 16 sauvetages sur 19 possibles et un ERA de 2.18 en 71 manches. Et derrière, ca n’a pas lancé de flammes mais ça a tenu la baraque avec le rookie Isaac Matson (47.2 IP, 45 SO, 2.45 ERA) notamment, qui s’est annoncé comme un bras à surveiller pour le futur.
Une saison avec quelques hauts et beaucoup de bas donc, mais un recul nécessaire pour mieux sauter vers un 2026 prometteur ?
Qu’attendre pour 2026
On ne va pas s’aventurer à pronostiquer une présence en postseason au terme de l’exercice 2026. La saison est longue, et les incertitudes restent nombreuses. Et surtout, les Pirates nous ont bien habitué à modérer notre enthousiasme depuis quelques années… mais il y a des signes, une impression que peut-être, enfin, un projet se monte autour de Paul Skenes pour tenter d’aller chercher les 50% de victoires (la dernière fois, c’était en 2018 !).
Mais, il y a des raisons d’être enfin optimistes pour les supporters des Bucs. D’abord, parce que Paul Skenes, et si quelques rumeurs folles de trade ont surgi en fin de saison dernière, le projet semble clairement de lui offrir un roster valable. Il sera rejoint cette saison par le prospect numéro 11 de MLB et le #2 des Pirates, Bubba Chandler, attendu comme l’un des trois gros bras d’une rotation de futures stars avec également Jared Jones, dont le retour de blessure est attendu en mai. Ajouter à cela Mitch Keller, que l’on a déjà vu atteindre un niveau de Cy Young sur quelques mois, le sophomore Braxton Ashcraft qui a rendu quelques services en tant que starter et releveur en 2025, et le plus expérimenté José Urquidy. Si la jeunesse tient la route, dans le sillage de Paul Skenes, cette rotation pourrait faire tourner des têtes.

Et si la jeunesse est attendue sur le monticule, c’est bien d’expérience qu’avait besoin le line-up, et là aussi on sent une volonté de bien faire, ou au moins de mieux faire avec les arrivées de trois battes aguerries au plus haut niveau pour renforcer le haut du line-up : le deux fois All Star Brandon Lowe, récupéré lors d’un trade avec les Tampa Bay Rays et les Astros, va venir s’installer au deuxième but. Ryan O’Hearn arrive également pour s’installer dans le champ droit ou ne règnera plus le fantôme d’Andrew McCutchen, tandis que les problèmes de puissance de feu devraient être adressée par le plus gros recrutement de l’hiver : Marcell Ozuna, free agent après une année médiocre, a signé pour un an et 12 millions et, à 35 ans, la possibilité de passer une audition pour un dernier gros contrat.
Dans le bullpen, finalement, Santana et Mattson reviennent, ainsi que Mlodzinski. Ils seront rejoint par un Gregory Soto qui cherche à se relancer après deux saisons délicates entre Philly, Baltimore et New York. Un choix intéressant et probablement judicieux pour assurer le set-up de Dennis Santana, et y aller lui aussi de ses quelques sauvetages.
Côté prospects, on observera de très près le prospect numéro 1 de toute la MLB, le shortstop Konnor Griffin qui devrait faire ses débuts rapidement en 2026, peut-être même dès l’Opening Day. Mais on vous en parlera plus en détail dans quelques lignes.
Alors oui, les Pirates semblent enfin avoir pris la direction d’une saison plus compétitive, avec une rotation prometteuse, un bullpen solide et un line-up dont la première partie, au moins, semble taille pour exister au niveau des Ligues Majeures. Suffisamment pour exister dans une NL Central qui a connu un énorme bond qualitatif ces deux dernières saisons avec des Brewers au sommet et des Cubs enfin de retour parmi les Contenders ? Absolument pas. Cette saison, pour les Pirates, l’objectif sera de se battre avec les Cardinals et les Reds pour une troisième place et retrouver un bilan positif. Ce serait déjà pas mal, et une bonne base pour tenter d’ici 2027 d’offrir à Paul Skenes un début en postseason…
Le joueur à suivre : Konnor Griffin
Choisi par les Pirates en neuvième position de la Draft 2024, sans même passer par le College Baseball, Konnor Griffin ressemblait alors a un pari de la part des Pirates, misant sur le potentiel énorme d’un gamin possédant tous les outils du joueur de baseball moderne, mais finalement peu de garanties en termes de capacité à bien frapper sur la durée .
Un peu moins de deux ans, et une saison en Minor Leagues plus tard, le natif du Mississipi a massacré les Minor Leagues jusqu’au niveau AA, enregistrant notamment une moyenne de .333, 21 HR, 94 RBI et 65 bases volées en 122 matchs professionnels. Il est désormais le prospect #1 de Baseball America, de Baseball Prospectus et de la MLB, et il est attendu des le début de la saison dans le roster majeur des Pittsburgh Pirates, même s’il devrait passer les premières semaines dans le club de Triple-A.
Un véritable 5-tool player, formé aux postes de Center-fielder et Shortstop, Konnor Griffin a séduit le staff des Pirates non seulement par ses performances sportives, mais aussi pour son attitude exemplaire, sur et en dehors du terrain. Et il n’a pas manqué ses débuts avec le Big Club, puisque dès son troisième match de Spring Training il a frappé deux Home Runs face aux Boston Red Sox. A l’instar de Paul Skenes sur le monticule, le favori des bookmakers pour le titre de Rookie of the Year 2026 a tout pour devenir « The Next Big Thing » dès cette saison. Et pour les Pirates, le signal que le moment est venu de passer à l’abordage ?
La Star : Paul Skenes
On ne va pas chercher à faire dans l’originalité : en deux saison dans les Majors, un titre de Rookie of the Year, un Cy Young et un ERA de 1.96, Paul Skenes s’est déjà invité à la table des plus grands lanceurs de tous les temps, et il n’a que 23 ans !
Avec une balle rapide qui frôle les 100mph de moyenne, et un arsenal de pitch qui n’en finit plus de s’étendre : il serait en phase d’introduire un nouveau slider, plus lent, pour alterner avec son Splinker (95mph en moyenne) et son Sweeper (85mph). Un huitième pitch, donc, pour entretenir la confusion chez ses adversaires et se donner encore plus d’opportunités de dominer les batteurs.

En deux saisons dans les Majors, Paul Skenes a égalé ou amélioré toutes les marques de la période 2018-19 de Jacob deGrom, probablement la plus grande période de domination d’un lanceur ces vingt dernières années – jusqu’à maintenant. A lui désormais, s’il peut éviter les blessures, de bâtir sa légende, et aux Pirates de bien l’entourer ou de lui offrir sa liberté : le potentiel est insondable, et il mérite une opportunité de se comparer sur la durée aux meilleurs joueurs de sa génération, et de l’Histoire du baseball.
Notre Prono :
Notre Prono : Le projet se met en place et, déjà, les Pirates ressemblent à une équipe qui peut exister dans sa division. Peut-être pas sur la durée d’une saison mais suffisamment pour, disons, viser les 50% de victoires et embêter les deux gros de la divisions dans leur quête de domination. Un gros point d’interrogation sera la rotation : Chandler et Jones, à son retour, seront-ils capables de répondre aux attentes et de se mettre au diapason de leur leader? Les Pirates entrent dans leur fenêtre de compétitivité, et 2026 sera une bonne saison de test, avant d’envisager se mêler à la course aux play-offs à partir de 2027.
