
Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. On enquille avec une équipe que l’on attendait pas si tôt, les Twins.
Que retenir de 2025
Après une saison moyenasse en 2024, on attendait une réaction de la part de cet effectif taillé pour la postseason. Avec des joueurs comme Correa, Buxton, Lewis, Ryan, Lopez ou encore Bader, cette équipe avait de la gueule. Mais pourtant tout va partir en vrille dès le début de saison avec une série de 4 revers pour commencer la saison. Malgré une belle série positive fin avril, le club arrive en mai accusant déjà un bilan négatif de 13 victoires et 20 défaites. Rien d’insurmontable me direz vous ? Oui effectivement, le club va réagir avec 13 succès de rang au cœur du mois de mai, de quoi relancer l’espoir et la machine. Mais on le sait, ce club semble bâti sur un cimetière indien et tout le monde termine tôt au tard sur la liste des blessés. Ainsi pas un joueur dans le roster n’a joué plus de 139 matchs (Brooks Lee) sachant qu’une saison dure 162 rencontres.
Comme à son habitude, Byron Buxton a joué à un niveau MVP lorsqu’il fut sur le terrain : .264/35HR et 83 RBI mais en seulement 126 apparitions. Imaginez seulement une saison complète ! Il finira même 11e au trophée de MVP. Carlos Correa, arrivé en grand pompe chez les Twins en 2022, n’a pas jamais eu l’impact attendu. Malgré un exercice 2024 plus que bon (All-star avec .310/14HR/54RBI mais en seulement 86 matchs), il n’est pas parvenu à tirer suffisamment l’équipe vers le haut en 2025. Son cœur sans doute encore du côté de Houston, c’est là-bas qu’il sera (r)envoyé comme un malpropre. Minnesota acceptant de payer une partie de son (gros) salaire à sa nouvelle franchise. Un départ étonnant pour celui qui était censé faire entrer le projet des Twins dans une autre dimension. Mais à l’approche de la trade deadline (fin juillet), le club même pas à l’équilibre, mais pas à la dérive non plus (51 victoires et 57 défaites au 30 juillet), décide de choquer la MLB en tradant la majorité de ses joueurs avec une valeur marchande.

Ainsi c’est pas moins de 11 départs de l’effectif qui vont avoir lieu. Adios Carlos Correa (Houston), Harrison Bader (Phillies) auteur d’une très solide saison (.258/12HR/38RBI), l’excellent closer Jhoan Duran (Phillies), 6 membres du pitching staff et Ty France. Alors comment expliquer ce grand chamboulement? D’abord, un groupe qui n’est pas parvenu à se surpasser pour se faire mal. Il fallait donc changer. Mais aussi, les opportunités de marché. A l’été, il y avait beaucoup plus d’acheteurs que de vendeurs. Les Twins en ont donc profité pour se voir offrir des deals inespérés. Et enfin une jeunesse qui pousse fort. Des joueurs comme Luke Keaschall, Walker Jenkins ou encore Emmanuel Rodriguez, tous aux portes de la MLB. Le club a donc décidé de se faire un projet basé sur ses propres ouailles. Une saison sacrifiée en 2025 mais pas pour le futur. Le front office a décidé de jouer le long terme. Et de tenter un rebuild express. Pas grave s’il faut finir 2025 avec un bullpen de Triple A. L’équipe finit donc la saison en roue libre et termine avec un piteux 70-92.
Au moins, cela aura permis de voir en action des jeunes joueurs comme Austin Martin (.282/11SB) et Brooks Lee (.236/16HR/64RBI) qui ont pu beaucoup jouer pour leur deuxième saison. Une sorte d’audition pour la suite. Mais aussi et surtout la jeune pépite Luke Keaschall, on y reviendra.

Au niveau du pitching, le club a décidé de garder Joe Ryan et Pablo Lopez, pourtant deux de ses meilleurs joueurs et avec une belle valeur marchande. Mais il faut dire qu’ils ont porté à bout de bras la rotation des Twins. Le premier termine la saison avec 3.42 d’ERA en 31 matchs avec 171 manches lancées et 194 K. Soit sa meilleure saison en carrière (4.5 de WAR), lui offrant les portes du All Star Game. Le deuxième est l’ace de cette rotation et l’un des meilleurs lanceurs de MLB. En 2025, il était sur des bases de Cy Young mais une blessure va l’éloigner des terrains presque 3 mois entre juin et septembre. Il termine tout de même la saison avec 2.74 d’ERA et 73K en seulement 75.2 manches (14 matchs). Derrière eux, ce fut plus compliqué. Simeon Wood-Richardson peine à réaliser son énorme potentiel, mais reste un starter solide (4.04 d’ERA, 107K en 111.1 manches). Même constat pour le jeune Zeby Matthews, lui aussi énormément attendu, mais qui peine à prouver même s’il y a de l’amélioration par rapport à sa saison rookie, 2025 reste largement insuffisant (5.56 d’ERA). Et enfin Bailey Ober, excellent depuis 2022, a connu une saison en dessous en 2025 avec 5.10 d’ERA.
L’objectif est clair dans les Twins Cities, repartir sur des bases saines, libéré du trop lourd contrat de Correa, et se lancer dans un projet centré sur ses propres joueurs du cru.
Qu’attendre de 2026

Evidemment en repartant sur un nouveau cycle, difficile de continuer avec le coach actuel. Après 7 saisons (3 participations en Postseason), Rocco Baldelli est débarqué. Et c’est Derek Shelton qui prend les rênes de l’équipe, lui qui avait été bench coach en 2018 et 2019. Un choix intriguant mais qui est révélateur. Shelton a l’habitude d’évoluer dans une franchise qui a les poches plutôt serrées. Vu qu’il a coaché les Pirates depuis 2019, il connaît cet environnement et les rebuilds. Mais je le disais, c’est aussi un signal fort des propriétaires de la franchise. Sous le feu des critiques de la part des fans, la franchise est à vendre depuis 2024, même si la famille Pohlad a depuis fait en apparence machine arrière en faisant entrer des nouveaux actionnaires au capital afin d’effacer un peu le montant des dettes. Les signaux envoyés ne semblent pas être de bonnes augures. Et on se dirige plutôt vers une cure d’austérité. Histoire de remettre les comptes à plat avant de vendre ? Affaire à suivre.
Pour revenir sur le terrain, Shelton, un entraineur respecté dans le milieu, pourra toujours compter sur la même ossature. Ryan Jeffers et Byron Buxton en capitaine de route et piliers offensifs. Ils seront précieux afin d’encadrer la jeunesse montante des joueurs comme Keaschall, Wallner, Lewis, Lee et Martin. Pour améliorer encore cet encadrement, on a décidé d’infuser plus d’expérience avec les signatures à l’hiver de Josh Bell (33 ans et 9 saisons MLB) et le receveur Victor Caritini (32 ans, 8 saisons MLB) et qui sort d’une belle expérience à Houston. Des recrutements à bas coût, sans risque, qui prouve bien la nouvelle philosophie du club. Au final sur les 9 starters potentiels, 7 sont formés par les Twins (les deux nouveaux arrivants étant les seuls « externes »).
Mais le gros chantier était bien dans le bullpen qu’il fallait entièrement refaire ou presque. Là aussi pas de grands noms mais des joueurs de devoir et solides en MLB. Taylor Rogers fera son retour dans la franchise et endossera le rôle de closer. Il sera épaulé par l’expérimenté Andrew Chafin et Anthony Banda.
Enfin la rotation sera une nouvelle fois portée par Joe Ryan. Et on attendait à ce que Pablo Lopez réitère ses performances mais malheureusement l’ace s’est blessé pendant sa préparation hivernale et va subir une opération Tommy John. Il sera absent toute la saison et remplacé numériquement par Taj Bradley arrivé dans le grand chassé-croisé de l’été 2025. Sinon on repart avec les mêmes hommes : Ryan, Ober, Woods Richardson, Matthews et donc Bradley.
Sur le papier, cette équipe est loin d’être ridicule et les Twins pourraient jouer les troubles fêtes dans l’AL Central toujours très ouverte. Mais difficile d’en faire un sérieux prétendant. L’été 2026 pourrait s’annoncer encore mouvementé avec le cas Joe Ryan. Il sera de nouveau très demandé et il sera difficile de résister aux avances. Après il n’a que 30 ans (en mai) et pourrait correspondre à la timeline du club. C’est à dire objectif 2028.

Car oui, il y a encore des jeunes en approche. Je l’ai dit des joueurs comme les outfielders Walker Jenkins (30e meilleur prospect de MLB avec un profil de machine à monter sur bases) ou Emmanuel Rodriguez (47e, une moyenne de 43% de présence sur baseq) voir le lanceur Connor Prielipp (85e, gros lanceur de strike outs mais avec un contrôle encore moyen). Ces trois là, ont atteint le Triple A la saison dernière et sont aux portes de la MLB. Si le début de saison 2026 semble un peu ambitieux, une arrivée d’ici l’été semble plus raisonnable. Histoire qu’ils se fassent encore les dents en triple A.
La pépite : Luke Keaschall

Arrivée tonitruante pour Luke Keaschall en MLB. En seulement 49 matchs, il a tout de suite été à son aise. Avec son profil de machine à frappe – un profil qui semble plaire aux Twins (lui, Jenkins et Rodriguez) – il a eu un impact immédiat dans la lineup des Twins, apportant un peu de diversité dans une attaque très portée sur les Hrs. Drafté au 2e tour de 2023, Keaschall termine 2025 avec .302 au bâton, 4 Hr, 28 RBI et 14 bases volées. Au final, il sera même 9e du vote pour le Rookie de l’année
Son ascension a été hyper rapide, 3 matchs en rookie ball, 20 en Simple A, 52 en A+, 59 en Double A et 28 en Triple A. Et déjà 49 en MLB. Le tout en l’espace de deux ans. Et à chaque niveau, il a été au-dessus de la compétition. Un parcours digne du jeu MLB the Show.
En 2026, il sera positionné juste derrière Buxton dans l’alignement, en 2e position normalement, de quoi être protégé et avoir des opportunités d’être clutch. Surtout, avec le club qui ne jouera rien la saison prochaine, il aura l’occasion de jouer sans pression et surtout de connaitre l’échec. Ce qui ne lui est pas encore arrivé dans sa carrière pro. Mais qui finit par tomber sur chaque joueur à un moment dans leur carrière. Et c’est là qu’on verra sa réaction et sa capacité à s’adapter. En attendant profitons de cette machine.
La star : Joe Ryan

J’ai vraiment voulu mettre Byron Buxton, mais on en a tellement déjà parlé. Et c’est vraiment un What If de fou avec lui. Quelle carrière monstrueuse il aurait pu avoir s’il avait pu éviter toutes ses blessures. Mais je vais parler de Joe Ryan qui a un flow stratosphérique et un nom tellement baseball. Arrivé en 2021 chez les Twins, dans un trade avec les Rays (en échange de Nelson Cruz), le lanceur impose tout de suite son style dominant. Sa capacité à sortir sur strikes ses adversaires (10.1 en moyenne sur 9 manches) est impressionnante. Pourtant, statistiquement, il n’est pas dans la catégorie d’ace alpha ou prétendant sérieux au titre de Cy Young. Il n’en reste pas moins, un des meilleurs lanceurs de MLB et des plus réguliers. Je l’ai dit, en 2025, il a signé sa saison la plus complète et la plus aboutie en carrière (3.42 d’ERA record perso, 171 manches record perso, 31 matchs record perso etc…).
Il a découvert le All-Star Game et avec la blessure de Pablo Lopez, il va découvrir le rôle d’ace. Mais il semble prêt à endosser ce lourd dossard. Histoire de prouver qu’il peut avoir une chaise à la table des aces dominants de la ligue. Ce début 2026 sera aussi une sorte d’audition pour les autres franchises MLB, qui auront les yeux rivés sur lui dans le cadre de la trade deadline. Il sera l’un des joueurs les plus convoités. Les Twins pourront-ils résister une nouvelle saison aux assauts ?
Notre prono
Nouveau projet, nouveau coach, des jeunes pousses qui arrivent, mais un bullpen en lambeau, difficile de voir les Twins être au top en 2026. Cependant, le club pourrait jouer les premiers rôles dans un avenir proche. Sans doute 2027 et plus certainement 2028. En attendant, petite saison de transition et un bilan à l’équilibre pour la franchise de Minnesota. 80 victoires pour 82 défaites.
