Preview 2026 : Colorado Rockies – An 0 ?

Ca y’est l’hibernation est terminée ! Après avoir passé l’hiver au coin du feu, il temps de partir au charbon. Et si pour nous sortir de notre torpeur saisonnière, la World Baseball Classic va servir de brise glace, la saison 2026 de MLB sera là pour nous envelopper de sa douce chaleur jusqu’à début novembre. Et pour appréhender au mieux ce nouvel exercice de la crème de la crème du baseball, TSO passe en mode cuistot pour vous servir son plat signature des « 30 franchises en 30 jours ». Chaque jour et – vous l’aurez compris – pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction. Cette année, pour ouvrir le bal, on file dans le Colorado pour parler des Rockies.

Depuis deux saisons, j’ai l’impression de commencer cette preview de la même façon : « on pensait que Denver avait touché le fond… » ! Et bien au risque de vous surprendre, c’est exactement le même refrain pour cet exercice 2025. On peut même croire qu’ils sont parvenus à creuser au fond du puits. Au terme d’une saison cataclysmique, Colorado termine avec 119 défaites, le 3e pire total de l’ère moderne de la MLB. C’est dire ! Surtout, c’est la troisième saison de suite avec plus de 100 revers au compteur. On est sur du tanking à la Astros (entre 2011 et 2013), et on espère un même revirement de situation pour nos amis du Colorado. Comme il faut tout de même revenir sur 2025, que dire. Comme d’habitude le pitching a été problématique du côté des Rockies. On ne va pas revenir sur le contexte compliqué de Coors Field (stade en altitude, ce qui fait plus voler la balle etc…) mais là ça a été particulièrement difficile à regarder. 12 lanceurs se sont succédé pour débuter un match et celui avec le meilleur ERA est Kyle Freeland avec un délicieux 4.98. Le pauvre termine la saison avec 17 défaites au compteur, « leader » de la Ligue. On a donc envoyé des joueurs au casse-pipe pour tenter de manger de la manche. Mais que ce soit Marquez (6.70 d’ERA en 26 matchs), Antonio Senzatela (6.65 en 23 matchs), Tanner Gordon (6.33 en 15) ou Bradley Blalock (9.36 en 12)… personne n’est parvenu à faire illusion.

De telles performances que le club a même décidé de lancer dans le grand bain l’un de ses meilleurs prospects : Chase Dollander. Mais le pauvre n’a rien pu faire non plus (6.52 d’ERA en 21 matchs) même s’il a montré de belles choses sur certains matchs. J’avais d’ailleurs fait de lui le joueur à suivre dans la preview de l’an passé après qu’il ait survolé les Ligues Mineures. Le potentiel est là.

C’est une toute autre histoire au niveau du bullpen qui est sans doute le secteur le plus performant des Rockies. On attendait énormément de Seth Halvorsen après son excellente saison rookie 2024 (1.46 d’ERA). Il a un temps servi de closer en 2025, mais il est un peu rentré dans le rang avec 4.99 d’ERA en 42 matchs et 39.2 manches. Est-ce la fait d’avoir un temps de jeu plus élevé ou une vrai baisse de vitesse? On attend de voir 2026. C’est surtout qu’il s’est fait éclipser par un joueur que l’on attendait moins, Victor Vodnik. Moyen en 2024 (ERA 4.28), le releveur est bien monté en puissance en 2025 devenant par la même occasion le closer en titre du club, bien qu’il n’ait que très peu de sauvetage à se mettre sous la dent (29 au total). Il termine avec 3.02 d’ERA en 50.2 manches et 10 sauvetages. Une belle performance prometteuse pour l’avenir.

Il a été bien épaulé par Jimmy Herget, là aussi une surprise. Releveur moyenasse et trimballé de club en club, il semble avoir trouvé chaussure à son pied du côté des Rockies. Il finit 2025 avec le 2e meilleur WAR (Win above remplacement, 0 étant considéré comme la moyenne des joueurs MLB) du club avec 3. C’est celui qui présente le meilleur ERA du club pour 2025 avec 2.48 en 52 rencontres et 81K. Un phare dans cette saison bien terne.

Pilier de cette équipe, Ryan McMahon a été trade aux Yankees à l’été. Photo DR

On passe à l’attaque qui est sans doute la plus grosse déception de cette cuvée 2025. Je ne vais pas dire qu’on avait de grandes ambitions pour ce groupe, mais on pouvait trouver des joueurs pour enlever un poids des épaules de ses lanceurs. Seuls 3 sont sortis du lot. D’abord le capitaine Ryan McMahon, toujours là pour performer. En 100 matchs, il termine avec .217, 16HR et 35 RBI avant d’être envoyé à la deadline chez les Yankees. Une page qui se tourne dans le Colorado. Surtout que dans l’affaire, le club a récupéré un lanceur plutôt prometteur (Griffin Herring). Après deux saisons compliqués, il y en a qui s’est totalement révélé, c’est Hunter Goodman. Le receveur est entré dans une autre dimension en 2025, on y reviendra plus tard.

Et enfin, encore une révélation. Après avoir échoué chez les Phillies et les Angels, alors qu’il avait été numéro 1 de draft en 2016, Mickey Moniak a enfin connu une très belle saison en MLB. Et celle là, on ne l’attendait plus puisqu’il termine avec .270, 24 HR et 68 RBI. Une belle revanche pour lui. Et pour l’attaque c’est à peu près tout. Brenton Doyle, que j’attendais avec impatience en 2025, n’a pas su réitérer son excellente saison 2024, même s’il a livré une saison correcte (.233/15HR et 57 RBI), on en attendait bien plus. La pépite Ezequiel Tovar peine lui aussi à confirmer sa très bonne cuvée 2024. Tout comme Michael Toglia (.190/11HR/32RBI).

On a l’impression que le marasme des résultats de l’équipe a eu un vrai impact sur les joueurs et leur progression. Il faut dire que le club n’a connu sa 10e victoire que le 2 juin. Soit deux mois complet et un bilan de 10 victoires pour… 50 défaites. C’est d’ailleurs à la suite de ce début de saison cataclysmique que Bud Black a cédé sa place à Warren Schaeffer qui est parvenu à limiter la casse pour terminer la saison (bilan de 36-86 pour lui). Une performance qui lui ont permis de passer de l’intérim au job définitif. Mais ce ne fut pas le seul changement apporté dans le club.

On a appris ces dernières années que la culture au sein du front office des Rockies était abominable et qu’il y régnait une atmosphère délétère. Avec un proprio qui met son nez dans toutes les affaires (c’est lui qui est à l’origine du trade de Nolan Arenado et du recrutement de Kris Bryant), c’est pourtant le GM qui va porter le chapeau et faire ses valises. Bye, bye Bill Schmidt et place, après de longues tractation, à Paul DePodesta. Il était l’un des patrons du front office des Browns de Cleveland (pas très rassurant) mais à un gros passif en MLB. Il fut l’assistant de Billy Beane chez les Athletics entre 1999 et 2003 (4 participations aux playoffs), qui fut rendu célèbre dans MoneyBall (joué par Jonah Hill) et a ensuite enchainé les boulots dans les fronts offices des Dodgers, des Padres et des Mets. Il est très respecté dans le milieu, mais surtout il sait s’entourer. Ses premières décisions ont été de renforcer le Front office des Rockies en ramenant des hommes de confiance et respecté comme Josh Byrnes, qui était chargé du scouting et du développement des jeunes chez les Dodgers depuis 11 saisons. Et quand on sait la qualité du farm system de LA, on peut être rassuré pour les Rockies. Mais aussi Chad MacDonald qui avait le même poste pour les Mets entre 2020 et 2023. Bref, un renouveau bien venu pour une franchise que l’on sentait au bord de l’explosion. L’arrivé de DePodesta devrait donc apaiser l’atmosphère autour du club pour enfin faire avancer le bateau dans le bon sens.

Le nouvel homme fort des Rockies, c’est lui. Photo Dr

Même si l’impact des nouveaux hommes forts va devoir attendre, notamment sur la draft et les trades, ils ont quand même du se mettre au boulot, pour monter un roster décent. Et surtout capable d’éviter l’humiliation d’une 4e saison avec plus de 100 défaites, tout en opérant un renouveau dans le roster et le farm system. Et la première partie de saison 2026, va être capitale afin de voir qui va avoir un impact suffisant pour susciter de l’intérêt et ainsi faire des trades pour rendre la franchise meilleure pour 2027.

Expérimenté et fiable, José Quintana est une belle pioche pour les Rockies. Photo MLB

On a ainsi deux, trois petits mooves qui vont dans ce sens. On peut penser aux signatures de José Quintana, bon avec les Brewers (3.96 en 131.2 manches) et Michael Lorenzen (4.64 en 141.2 manches). Les meilleurs profils que pouvaient espérer les Rockies, eux qui sont bien loin d’être la destination favorite des agents libres. Mais ce sont des joueurs d’expérience, avec un plancher bien connu et respectable. Et surtout qui pourront être des cibles cet été pour des clubs en recherche de starters… si tout se passe bien pour eux dans le Colorado. Le club a aussi fait le pari de Tomoyuki Sugano. Le lanceur japonnais de 36 ans a eu du mal pour sa première saison aux Etats-Unis (avec Baltimore), et je suis sceptique sur sa capacité à réussir à Coors Field au vu de ses stats avancées. Mais on n’est pas à l’abri d’une surprise et là aussi on est également dans le projet de le trade à l’été.

Dans le bullpen, Vodnik devrait assumer le rôle de closer avec Herget en backup, tandis que Halvorsen va baisser dans la hiérarchie mais devrait toujours pouvoir apporter son aide. 3 renforts dans ce secteur, mais avec des joueurs de calibre moindre que chez les starters.

Doyle, Tovar et la recrue Lorenzen avec le nouveau maillot de 2026. Photo DR

Enfin en attaque, grand changement dans le roster avec quasiment 50% de renouvellement. On garde les 5 plus ou moins satisfactions (Goodman, Moniak, Tovar, Beck et Doyle) et on y ajoute des joueurs revanchards. Je pense à Edouard Julien. Énorme potentiel québécois mais trop souvent blessé du côté des Twins, il aura à cœur de prouver. Lui qui est capable de coup de chaud de folie. Il aura l’occasion de monter en température puisqu’il a participé à la World Baseball Classic. Compétition où il s’était révélé en 2023. Autre coup tenté par les Rockies avec Jake McCarthy. Très bon en 2024 (.285/8HR/56RBI et 25 SB), il a été en difficulté en 2025. Lui aussi voudra prouver qu’il a encore sa place en MLB. Et enfin le recrutement de Willi Castro, véritable couteau suisse et costaud offensivement, qui semble là aussi être une bonne pioche. On voit tout de suite l’impact du nouveau front office qui recrute malin avec des joueurs revanchards et surtout qui pourraient avoir une valeur à la trade deadline. Je pense également qu’à part Goodman et Dollander, je ne vois personne d’intransférable du côté des Rockies et on peut s’attendre à un été très actif.

Personnellement, je pense que dans un environnement plus sain, les joueurs seront sans doute plus sereins et qu’ainsi ils pourront être plus performants sur le terrain. Alors je ne dis pas que ça va se qualifier en playoffs, loin de là. Mais qu’on pourrait se diriger vers une saison à moins de 100 défaites, ce qui serait déjà un exploit. A titre de comparaison, les Astros, après les 3 saisons à plus de 100 revers, avait terminé avec 92 défaites la saison suivante. Les Rockies devraient tenter de suivre ce modèle, même si les farm system des deux clubs sont bien opposés. Soulignons quand même que le tout jeune Ethan Holliday, 2e fils de la légende Matt Holliday (qui a longtemps évolué chez les Rockies), et 4e de la draft 2025 a un sacré potentiel.

Un énorme potentiel débarque à Denver, s’il parvient à rester en bonne santé. Photo DR

J’aurais bien voulu reparler de Chase Dollander mais je pose ma petite pièce sur Edouard Julien. Le Québécois a un talent exceptionnel. On l’a vu en 2023 que ce soit à la World Baseball Classic ou pour sa saison rookie avec les Twins (.263/16HR et 60 RBI). Ensuite en 2024 et 2025, il a été impacté par les blessures et a été plus en difficulté. Mais dans un nouveau contexte, le joueur de presque 27 ans pourrait s’épanouir et retrouver confiance. Surtout que Coors Field est fait pour les batteurs. De quoi redonner un nouveau souffle à sa carrière. Surtout, qu’il aura carte blanche chez les Rockies.

Et à la volée voici, deux trois joueurs qui pourraient avoir un rôle pour les Rockies en 2026 : Zac Veen, Sterling Thompson (4e meilleur prospect du club et aux portes de la MLB) ou Charlie Condon (2e meilleur prospect, corner infielder et plutôt impressionnant en double A avec 11 HR et 38 RBi en 55 matchs à seulement 22 ans).

Hunter Goodman a été bouillant en 2025. Photo DR

Difficile de trouver une « star » à proprement parler chez les Rockies puisqu’il y en a pas. Mais il y a bien un joueur qui est sorti du lot en 2025, et c’est déjà un exploit. Il s’agit du receveur, Hunter Goodman. Transparent depuis 2023, il est entré dans une autre dimension. Avec .278/31HR et 91 RBI, des stats vraiment impressionnantes et que l’on attendait pas. Alors coup de chaud ou vraie nouvelle dimension? On a hâte de le découvrir en 2026, dans un nouveau contexte, lui qui a été nommé au All Star Game et Silver Slugger (meilleur attaquant à son poste). Il sera le leader, espéré, de l’attaque des Rockies.

On commençait à être pessimistes pour l’avenir de la franchise et aucune perspective de renouveau. Mais les changements opérés dans le Front Office sont les bienvenus et une nouvelle ère pourrait s’ouvrir du côté des Rockies. 2026 devrait être une année de transition, et je vois bien les Rockies se calquer sur le projet des Marlins. Il va y avoir du changement cet été, mais ce sera pour le bien de la franchise et on peut enfin être optimiste pour les fans. Même si le chemin est encore long.

67 victoires – 95 défaites (soit presque 20 défaites de moins par rapport à 2025, ce qui serait une très belle perf).


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