[WBC’26] – Poule A : 3 équipes pour 2 places ?

On y est … Après 3 ans d’attente, la World Baseball Classic est de retour. De quoi se régaler avec du baseball de très haut niveau en attendant la reprise de la MLB. Mais plus qu’un apéritif, cette WBC, a tout pour être un plat de résistance. Shohei Ohtani, Paul Skenes, Juan Soto ou encore Ronald Acuna… on va être servi en stars et en talent. L’édition 2023 avait été exceptionnelle avec un scénario de dingue et une victoire finale au bout du suspense du Japon face aux Etats-Unis, et ce duel mythique Trout vs. Othani pour la dernière élimination. Alors, entre revanche, surprises et coups d’éclat, que va nous réserver cette World Baseball Classic 2026 qui s’annonce alléchante? Chez The Strike Out, on a décidé de vous aider à vivre au mieux cette compétition, en vous préparant une présentation des 20 équipes présentes pour cette édition. Et on commence par la Poule A de Porto Rico, du Canada, de Cuba, du Panama et de la Colombie qui se déroulera à San Juan à Porto Rico.

Pour ceux qui découvriraient le baseball lors de cette Coupe du Monde de baseball (World baseball Classic), déjà bienvenue! Et ensuite, si vous êtes un peu perdu avec les (très) nombreux termes et autres statistiques, pas de panique The Strike Out est aussi là pour vous. Nous avons crée un article spécial qui vous récapitule tous les termes et les principales stats, ainsi que leurs sens, à connaitre pour bien appréhender une rencontre. Vous pouvez la retrouver en cliquant ici.

Après deux 2e place lors des éditions 2013 et 2017, Puerto Rico est rentré dans le rang en 2023 avec une piteuse élimination en quart de finale contre le Mexique (5-4). Il faut dire que la blessure d’Edwin Diaz lors des célébrations de la qualification pour la phase finale n’a pas aidé. Pourtant, le roster était rempli de joueurs MLB et même si certains noms n’évoluaient pas dans la Grande Ligue, il y avait de quoi nourrir des ambitions. Lors de la phase de poule, Puerto Rico est même parvenu à faire tomber l’un des grandissimes favoris de la compétition, la république Dominicaine (certes déjà qualifiée). Avant cela, l’équipe avait facilement pris le meilleur sur Israel (10-0) et le Nicaragua (9-1) mais était tombée dans le piège du Venezuela. C’est donc une équipe irrégulière qui est sortie la queue entre les jambes en 2023. Elle revient avec de grandes ambitions pour 2026 ! Et qui plus est avec la phase de poule qui se jouera sur son sol. Donnant un avantage non négligeable dans cette poule très homogène, mais aussi une énorme pression sur les épaules.

C’est pourquoi pour cette édition 2026, on s’attendait à voir Porto Rico débarquer avec, une nouvelle fois, des armes XXL. On évoquait les noms de Francisco Lindor, grand artisan de l’édition précédente, et évidemment de son binôme et pote de toujours : Javier Baez. On parlait aussi de la star montante des Tigers, Riley Greene, ou encore de Carlos Correa. Mais tous ces joueurs d’abord annoncés ne pourront (pour l’instant) pas participer à la World Baseball Classic. La faute à des disputes autour des assurances (après la jurisprudence Diaz). Un coup dur pour la team Puerto Rico et qui a entrainé la colère des dirigeants, allant même jusqu’à brandir un éventuel retrait de l’équipe pour la compétition. On apprendra plus tard que pour Baez, c’est en fait une suspension pour 2026, après avoir été contrôlé à la Marijuana lors de l’édition 2023.

Le duo Lindor/baez ne devrait pas participer à l’édition 2026 de cette WBC – Getty Images.

Petit motif d’espoir quand même : une grosse star va venir garnir les rangs. En effet, ce n’est ni plus ni moins que Nolan Arenado (de mère portoricaine) qui a annoncé sa participation à cette World Baseball Classic. S’il ne pourra pas former de duo de star avec Lindor, il sera tout de même accompagné de joueurs de qualité. Avec par exemple Willi Castro, Eddie Rosario ou encore Heliot Ramos. Ce dernier devrait être le second de Nolan Arenado au niveau offensif. Le joueur des Giants – qui va entamer sa 5e saison en MLB – est devenu un joueur plus que solide. Après avoir passé un cap en 2024 (.269/22HR/72RBI) en devenant All-Star, il est resté dans ses nouveaux standards en 2025 (.256/21HR/69RBI).

Heliot Ramos des Giants. Photo DR

Au poste de receveur, Martin Maldonado – qui vient de prendre sa retraite MLB – va connaitre son baroud d’honneur professionnel. Après avoir tout gagné avec les Astros, il vient apporter toute son expérience à ce pitching staff qui en aura bien besoin. Il sera accompagné là aussi d’un très bon receveur défensif, Christian Vasquez, qui a été le receveur des Astros lors du no-hitter combiné en World Series 2022.

Sur le plan du pitching, Edwin Diaz sera de retour. Et on espère qu’il pourra faire toute la compétition. Car sans lui Puerto Rico est bien plus friable. C’est l’un des, si ce n’est, le meilleur closer de la MLB actuellement. Si l’équipe est devant en 9e manche, le match est quasiment terminé lorsqu’il rentre sur le terrain. Grâce aussi à toute une mise en scène assez stylée.

Encore faut-il arriver à mener jusque-là. Heureusement, il sera accompagné par le très bon Fernando Cruz qui sera lui aussi de retour pour la compétition après avoir été très bon lors de l’édition 2023. S’il ne présente pas les mêmes stats impressionnantes que Diaz, son arsenal est tout aussi impactant. Arrivé en 2025 chez les Yankees, il s’est déjà fait une place de choix dans le bullpen de New-York.

Au niveau des starters, Marcus Stroman ne reviendra pas, il sera remplacé au poste d’ace par Seth Lugo. L’un des très bons lanceurs de MLB, qui fait le bonheur des Royals de Kansas City. José Berrios sera bien au rendez-vous pour défendre les couleurs de Porto Rico. Lui qui est désormais en ballotage dans la rotation des Blue Jays, pourrait profiter de la compétition pour se démarquer. Mais, il ne devrait être disponible qu’en cas de qualification des Portoricains pour les quarts.

Sur le papier, le roster reste compétitif avec des joueurs de MLB et des joueurs plus que confirmés. Mais l’attaque va sans doute manquer de clutch et de « star power » pour pouvoir briller lorsque la compétition va monter d’un cran. Pour la phase de poule, cela ne devrait pas poser de problème mais difficile de voir Porto Rico en favori pour la compétition. Car on est peut-être sur l’un des moins bon roster all-time de l’équipe.

Évidemment comment ne pas parler de Nolan Arenado. Invité surprise pour la team Puerto-Rico après avoir porté les couleurs des Etats-Unis en 2023. Il vient apporter ce clutch facteur qu’a perdu l’équipe avec la non-participation de Lindor. Il sera du coup le leader offensif de cette équipe. Tout juste tradé chez les DBacks de l’Arizona, il aura à cœur de montrer qu’il en a encore sous le pied, après avoir connu deux dernières saisons compliquées à Saint-Louis. Il peut à lui seul porter une équipe, et juste sa présence peut assurer une qualification pour les quarts de finale. Porto-Rico en avait bien besoin après les problèmes administratifs pour ses autres stars.

S’il y en a qui le découvre à l’occasion de cette WBC : Arenado est l’un des meilleurs joueurs de notre génération avec 8 sélections au All-Star Game, 6 top 10 au MVP (dont 3 fois à la 3e place), 10 gold gloves (meilleur défenseur à son poste), et 5 silver slugger (meilleur attaquant à son poste). Il en est à 353 HRs en 13 ans de carrière (8e meilleur total pour les joueurs en activité et Top 100 All-time). A son prime, il était sans doute l’un des meilleurs défenseurs de la MLB et l’un des tout meilleurs attaquants.

Photo DR

Il va avoir le lourd fardeau de porter le rôle d’ace pour Porto-Rico. Mais si Lugo est moins connu que les Arenado ou Edwin Diaz, il reste néanmoins l’un des meilleurs lanceurs de MLB. Après avoir été un excellent élément du bullpen des Mets, il a réalisé une transition vers le poste de starter lors de son arrivée chez les Padres. Et c’est là qu’il va prendre une autre dimension. Il va se révéler à ce poste et terminer cette saison 2023 décisive pour sa carrière avec 26 matchs débutés pour 146 manches et un ERA (moyenne de points concédés) de 3.57.

Mais c’est définitivement en 2024 qu’il va franchir encore un cap supplémentaire. Tout juste arrivé à Kansas City, il va sortir une saison XXL avec 3.00 d’ERA en 33 matchs débutés et 181 strikeouts en 206 manches lancées. Une performance qui va lui offrir une 2e place au trophée de Cy Young (meilleur lanceur). En 2025, il aura eu du mal à digérer 2024 et il va connaître une saison un peu plus galère avec « seulement » 4.15 d’ERA. Néanmoins, sa seule présence fait passer la rotation à un autre niveau. Et Porto-Rico en aura bien besoin, car derrière lui, le niveau des starters est un peu moins de classe mondiale.

En 2023 et pour la 6e édition de suite, les Canadiens ne sont pas parvenus à s’extraire des phases de poules. Il semble il y avoir une marche encore trop haute à franchir pour les rouge et blancs. Trop fort face aux « petits » (victoires 18-8 face à la Grande-Bretagne et 5-0 contre la Colombie) mais encore pas assez pour rivaliser avec les favoris (défaites 12-1 contre le voisin américain et 10-3 face au Mexique). Mais ce total de deux victoires a égalé le record de succès pour le Canada dans une World Baseball Classic. Et elle espère surfer sur cette note positive pour enfin franchir le cap en 2026. Et elle peut nourrir des espoirs. En effet, pour une fois, le Canada va éviter son imposant voisin des Etats-Unis et se retrouve dans cette poule A bien plus ouverte. Et elle pourra compter sur une nouvelle génération qui pousse.

Si Captain Canada, Freddie Freeman, ne sera ans doute pas là, l’équipe voit l’émergence d’une jeunesse plutôt talentueuse et pourra aussi compté sur des vieux routards de la MLB. On peut penser à Tyler O’Neill, auteur d’une saison à 31 HRs en 2024 mais un peu plus en difficulté en 2025. Il reste néanmoins un vétéran avec 8 ans d’expérience en MLB et deux gold gloves au compteur. Il sera le pilier offensif de cette équipe. Sur le monticule, des lanceurs comme Michael Soroka (6 saisons en MLB, 3.65 d’ERA en carrière, 4.52 la saison dernière) ou Jameson Taillon (9 ans d’expérience MLB, 3.87 d’ERA en carrière, 3.68 la saison dernière) font figure de leaders.

Le Canada pourra aussi compter sur des jeunes pousses comme Owen Caissie, tout juste trade chez les Marlins. L’un des meilleurs prospects de la MLB a signé une saison XXL en Triple A (on y revient plus bas!) et voudra se montrer pour décrocher une place dans le roster floridien. On peut aussi penser à Denzel Clarke des Athletics, moins impressionnant que son compère mais qui a lui déjà gouté à un tiers d’une saison MLB cette année. Et défensivement il sera au rendez-vous. Avec O’Neill, ce trio a de l’allure.

Tyler O’neill sera le patron de l’attaque canadienne. Photo DR

Mais c’est bien l’infield qui est impressionnant avec que des joueurs de MLB. A gauche, on retrouvera le vétéran Abraham Toro qui roule sa bosse en MLB depuis les 6 dernières saisons. Il a évolué dernièrement avec les Red Sox (77 matchs, .239/7HRs/27RBIs) et montré sa polyvalence défensive, son plus gros atout. Il sera accompagné en shortstop par là aussi un expert de la défense, Otto Lopez. Le joueur de Miami a brillé en 2025 défensivement, comme à son habitude, mais il a pris une nouvelle dimension offensivement (.246/15 HR /77RBI/ 15SB). Il est même devenu l’un des piliers des Marlins.

De l’autre côté de l’infield, on retrouve Edouard Julien. Exceptionnel à la WBC 2023 (7-13 à la batte avec 2 HRs), le Quebécois est de retour en 2026 après des saisons compliquées avec les Twins et marquées par de nombreuses blessures. Mais quand il est en pleine possession de ses moyens, on a vu de quoi il était capable… lla preuve en 2023 où à la suite de sa World Baseball Classic de folie, il a terminé 7e au classement de rookie de l’année. Il a l’occasion de prouver en 2026 qu’il est toujours un joueur de ce calibre. Surtout qu’il vient d’être envoyé chez les Rockies et aura à cœur de se montrer. Ce sera l’occasion de supporter un joueur francophone (tout comme Abraham Toro). Et enfin sans oublier la star de cette équipe Josh Naylor. On en parle en dessous.

Sur le papier ce roster à de la gueule, mais là où ca va être compliqué c’est au niveau du pitching. On a vu que l’équipe pourra compter sur des valeurs sûres de la MLB avec Taillon et Soroka dans la rotation qui seront accompagné de joueurs un peu moins confirmés Cal Quantrill. Du moins la rotation peut tenir la route dans cette poule plus ouverte. Au niveau du bullpen, c’est bien plus compliqué. Si Matt Brash semble être le closer de cette équipe pour l’instant et qui est impressionnant avec les Mariners (2.47 d’ERA en 2025) ou encore Rob Zastrynzny qui s’est refait une santé à Milwaukee ces deux dernières saisons (2.12 d’ERA combiné en 2024 et 2025). Pour arriver jusqu’à eux ce sera plus compliqué. James Paxton est sortie de sa retraite pour ouvrir son aide et pourrait donner un petit coup de main, mais le reste du bullpen semble inexpérimenté.

C’est la nouvelle star de Team Canada, en l’absence de Freddie Freeman. Il fait partie des meilleurs batteurs de la MLB. All-Star en 2024 avec les Guardians, il a été échangé chez les Mariners milieu 2025 et est resté dans ses standards. A savoir une belle moyenne au bâton et une puissance au rendez-vous. Il termine 2025 avec 20 HR, 92 RBI et une moyenne de .295. Tout juste auréolé d’un nouveau contrat avec Seattle, il sera le fer de lance de cette attaque canadienne et la première menace. Il sera bien encadré par Edouard Julien et Tyler O’Neill dans ce domaine et ne pourra donc pas être éviter par les lanceurs adverses. S’il évolue à son niveau MLB, la Team Canada sera une candidate sérieuse à une qualification.

J’ai commencé à en parler plus haut, mais Owen Caissie est un des meilleurs prospects de la MLB. Il a découvert la Grande Ligue cette saison (12 matchs) avec les Cubs après avoir détruit les ligues mineures. Triple menace offensive (moyenne, puissance et vol de bases), il sera le couteau suisse de cette attaque canadienne, sans doute en 2e position de l’alignement et une grosse menace sur les bases. Surtout avec les beaux bébés derrière lui. Longtemps intouchable aux Cubs du fait de son talent, le club de Chicago a été contraint de l’échanger pour attirer un gros poisson, Edward Cabrera, en provenance des Marlins. Caissie voudra donc prouver qu’il est prêt pour la MLB et montrer à sa nouvelle franchise qu’il peut être un joueurs sur lequel une attaque peut se reposer.

Le Canada peut se targuer d’arriver avec une équipe type remplie de joueurs MLB et de deux ou trois gros talents. Sur la butte, les starters devraient tenir la baraque mais il va falloir qu’ils assurent sur la longueur car le bullpen n’est pas l’assurance tout risque. Néanmoins, cette équipe est capable de prendre un match à tout le monde. Et pour une fois elle se retrouve dans une poule plus ouverte qu’à l’accoutumée. Enfin la chance d’atteindre pour la première fois les quarts de finale ? Et avec les absences côtés Porto-Rico, cela pourrait être la chance tant attendue.

L’équipe de Cuba est toujours un peu le point d’interrogation. Avec cette grande question, les joueurs MLB pourront-ils participer à la compétition ? En 2023, seules quelques exceptions avait rejoint l’équipe (Luis Robert, Yoenis Cespedes ou Yoan Moncada) mais sinon le reste du roster était composé de joueurs du pays ou évoluant dans d’autres championnats. Impériaux lors des Jeux Olympiques (3 médailles d’or en 1992, 1996 et 2004 et deux d’argent 2000 et 2008), les Cubains ont plus du mal en World Baseball Classic. Leur meilleure performance remonte à 2006 avec une finale perdue face au Japon, mais le pays est un habitué des quarts de finale qu’il atteint à chaque édition au minimum.

En 2023, ce fut une expérience particulière avec des performances en montagnes russes. Avec d’abord, deux revers très surprenants contre les équipes européennes : 2-4 face aux Pays-Bas et 3-6 face à l’Italie après 10 manches. Heureusement pour les Cubains, cette poule était largement à leur portée puisqu’ils se sont ensuite imposés facilement contre le Panama (13-4) puis Taiwan (7-1). Et hop, direction les quarts. Et là encore, la chance va les récompenser avec un affrontement contre l’Australie, supposée largement à leur portée. Mais face aux étonnants Wallabies, Cuba va trembler jusqu’au bout et ne s’imposer que 4-3. De mauvaises augures avant d’affronter l’ogre américain en demi-finale. Et ça ne va pas louper avec une défaite sans appel 2-14. Mais au final ce sera tout de même la 2e meilleure performance de Cuba en World Baseball Classic, même si le parcours 2023 est à nuancer. Peuvent-ils aussi créer la surprise en 2026 ?

On le sait, le baseball cubain parvient toujours à trouver des talents exceptionnels. Que ce soit sur la plus belle des scènes en MLB, ou bien dans son championnat national. Et ces derniers parviennent à éblouir lors des événements internationaux. Du fait de la politique, de nombreux joueurs MLB ne peuvent (ou ne veulent pas) évoluer avec leur équipe nationale. Et c’est donc la surprise avec des joueurs moins connus mais pas moins talentueux. En attendant pour le moment Andy Pages, le joueur des Dodgers a refusé l’invitation tandis que Yoan Moncada n’a pas encore confirmé sa présence, lui qui avait déjà participé en 2023. Heureusement pour Cuba, Yoan Moncada sera bien de la partie après de longues tractation, le joueur des Angels sera un atout non négligeable pour cette équipe de Cuba.

Déjà présent en 2023, Yoan Moncada sera de nouveau présent pour représenter Cuba lors de la World baseball classic. Photo DR

Comme Yoan Moncada, il aura fallu attendre le dernier moment pour savoir s’il pourra participer à la compétition, mais Yariel Rodriguez sera bien lui aussi présent à la World Baseball Classic. Auteur d’une saison 2025 excellente avec les Blue Jays (3.08 d’ERA, principalement dans le bullpen), le lanceur est parvenu à s’entendre avec son club pour participer à la compétition. Il sera néanmoins limité en termes de matchs et de manches, mais sa présence élève drastiquement la qualité du pitching staff. Et enlève de la pression à ses autres coéquipiers, lui qui sera sans doute l’une des stars de l’effectif.

Le roster de Cuba sera l’occasion de découvrir pas mal de joueurs qui évoluent dans des championnats hors MLB. Et souvent, les Cubains font partie des stars de ces championnats là. Du coup chez The Strike Out, on s’est remonté les manches et on est partie à la découverte de joueurs stars dans d’autres championnats. Et on vous en a trouvé deux.

Après avoir débuté sa carrière au pays avec Pinar del Rio, Livian est rapidement repéré par le Japon et s’envole pour le pays du soleil levant dès ses 21 ans. Et après 9 saisons en NPB, il est devenu l’un des meilleurs releveurs du pays. C’est d’ailleurs dans ce rôle qu’il avait brillé avec l’équipe nationale en 2023 (ne concédant aucun point en 4.1 manches en relève). Après cette performance, son club de toujours au Japon, les Fukuoka Softbank Hawks, décide de le lancer comme starter. Et c’est la révélation, Livian est tout aussi dominant. Après avoir terminé 2024 avec 1.85 d’ERA (meilleure marque de NPB) en 165 manches et 158 strikeouts, il revient encore plus fort en 2025, avec 12 victoires au compteur, 167 manches et 172 strikeouts pour un ERA microscopique de 1.46 (encore la meilleure marque du pays). Il sera même nommé MVP de sa conférence (il y a un MVP par Conférence au Japon). Il terminera champion avec son équipe après avoir été étincelant en demi-finale lors du match 6 décisif (7 manches, un petit point encaissé).

Costaud aussi en finale (6 manches, un point encaissé lors du match 2), il arrive au meilleur de sa forme pour les World Baseball Classic. Il sera le clair ace de cette équipe de Cuba, et pourrait attirer les yeux de quelques équipes MLB, s’il parvient à briller.

Yoelkis Guibert est un bourlingueur du baseball international : Ligues indépendantes au Canada, au Vénézuela en été, et du winter ball au Mexique avant de rejoindre Cuba pour jouer les Serie Nacional, où il a été étincelant, avec .346 à la batte, 12 HR et 36 RBI. Il était de la partie en 2023 et a été très bon (.333, 2 RBI en 6 rencontres). Il est l’un des piliers de cette équipe et un leader d’expérience. Attendez-vous à entendre son nom dans la compétition.

Deuxième apparition successive pour Panama à la World Baseball Classic pour une nation qui poursuit son apprentissage du plus haut niveau. Qualifié pour les deux premières éditions (2006 et 2009), le petit pays d’Amérique Central n’avait fait que pâle figure en inscrivant que 7 petits points en cumulé. Il ne parvint pas ensuite à se qualifier aux deux World Baseball Classic suivantes (2013 et 2017). Mais finalement, après avoir survolé les éliminatoires (11-0 contre l’Argentine puis 4-0 face au Brésil), le Panama a fini par retrouver la compétition en 2023. Il est arrivé avec un roster imposant avec des bons joueurs de MLB comme Ruben Tejada, José Caballero, Christian Bethancourt ou le lanceur Roenis Elias. Placé dans la Poule A (tiens, tiens, tiens), déjà très ouverte en 2023, les hommes de Panama City, sont presque parvenus à créer l’exploit en se qualifiant pour la suite. D’abord en s’imposant largement face à Taiwain (12-5) avant de s’incliner de peu face aux Pays-Bas (1-3). Cuba fut trop fort lors du 3e match (13-4) mais le petit pays a crée la surprise en s’imposant face à l’Italie dans un match ultra serré (2-0). Dans une poule où tout le monde termina la compétition en 2 victoires, 2 défaites, c’est finalement au nombre de points encaissés que cela s’est joué. Et à ce petit jeu là c’est Cuba (comme vu plus haut) et l’Italie qui se sont qualifiés (une différence de 2 points avec les Pays-Bas, 3e et 4 avec le Panama, 4e).

Même s’il peut y avoir des regrets d’être passés si près, le plus important reste la qualification directe pour l’édition 2026, s’évitant ainsi les tortueux barrages. Une nouvelle fois placés dans la poule A, les Panaméens se retrouvent encore dans une poule très ouverte. Alors pourront-ils jouer les trouble fêtes ?

Né en Floride d’une mère panaméenne, Logan Allen – starter pour les Cleveland Guardians – a crée la surprise en allant défendre les couleurs du pays de sa mère pour cette World Baseball Classic. Passé par le laboratoire des Guardians, il a déjà 3 saisons MLB dans les bras avec un ERA moyen de 4.48. Il est sans conteste le joueur phare de cette équipe. En 2025, il a été bon avec un ERA de 4.25 en 156.2 manches et 122K. A voir dans quel match le Panama va l’utiliser ? Faut-il le lancer contre l’équipe la moins forte sur le papier (la Colombie) ou l’envoyer dans un choc face à un cador de la poule qui pourrait sous-estimer le Panama ? L’objectif reste une qualification directe pour l’édition suivante mais pourquoi pas espérer un faux pas dans ce groupe homogène (NDLR : on rappelle que pour se qualifier automatiquement, il ne faut pas terminer dernier de sa poule. Cela revient à gagner au moins un match).

Après avoir été la doublure de Willson Contreras au poste de receveur, il s’est peu à peu imposer comme le titulaire en puissance. Il est même devenu l’un des meilleurs joueurs à son poste. Après une saison 2024 de révélation, sa première en tant que titulaire qu’il termine avec .301 à la batte, 37% de présence sur base, 5 HR et 27 RBI, mais surtout 69 coups sûrs en 74 rencontres. En 2025, il va disputer 105 rencontres chez les Cardinals et exploser offensivement. Tout en gardant sa qualité première qui est sa capacité de frapper avec consistance (.284), Herrera va également se révéler dans le domaine de la puissance avec 19 HR à la clé et 66 RBI. Devenant par la même occasion, l’un des meilleurs atouts offensifs d’une équipe de Saint-Louis à la dérive. Il a le talent pour être la nouvelle figure de proue du baseball panaméen. D’autant plus qu’il est né au pays. Sa présence est un atout indéniable et il pourrait être une sacrée épine dans le pied des lanceurs de cette poule A.

La Colombie est quand même une grande énigme. Pourtant niché au carrefour de l’Amérique centrale et du Sud, l’une des zones les plus influencées par le baseball, le pays ne parvient pas à briller sur la scène internationale. Il faut ainsi attendre 2017 pour voir les Colombiens accéder à la World Baseball Classic pour la première fois. Une campagne qui se terminera avec un succès et deux défaites en phase de poule et une élimination précoce. Rebelote en 2023, avec un exercice plutôt semblable : un seul petit succès en poule, une victoire au forceps et au bout du suspense face au Mexique (5-4 après la 10e manche). Un résultat surprise face à un prétendant sérieux aux quarts de finale. Et cela dès la première rencontre. Mais voilà, tout les espoirs vont être réduits à néant après le revers, là aussi un peu surprenant, face à la Grande-Bretagne (5-7). Vient ensuite le Canada qui ne fera pas de quartier avec un succès 5-0. Et pour terminer, un revers attendu face aux USA, mais dans un match plus serré que prévu (2-3). Une édition qui peut laisser des regrets aux Colombiens. Car outre l’élimination, en terminant à la dernière place, le pays devra passer par les éliminatoires pour se qualifier pour l’édition 2026. Heureusement, ce sera une partie de plaisir. Placée dans le groupe du Brésil, de l’Allemagne et de la Chine, la Colombie va tranquillement valider son ticket après un sans-faute (3 succès) dont un probant 10-0 face à l’Allemagne.

Les Colombiens célèbrent la qualification à la World Baseball Classic. Photo DR

Le problème avec la Colombie est sans doute le manque de profondeur de l’effectif. Si parmi les titulaires, il y a des très bons joueurs de MLB (José Quintana, Julio Téhéran, Jorge Alfaro, Gio Urshela etc..), le niveau peine derrière à atteindre la MLB. La majorité du roster évolue soit en ligues mineures soit dans des ligues sud américaines. Cela reste un peu court pour une compétition aussi relevée que la WBC. Surtout, cette génération dorée semble arriver sur la fin de sa période de domination.

Après 13 saisons en MLB, José Quintana reste un cador et l’un des plus grands joueurs colombiens de l’histoire (record de victoires pour un Colombien avec 113). Pour preuve en 2025, sous les couleurs des Brewers, le natif d’Arjona âgé de 36 ans, a lancé pour 131 manches (24 starts) avec un ERA de 3.96. Le tout après deux saisons convaincantes chez les Mets. Une nouvelle fois agent libre, Quintana va pouvoir enfiler sa tenue d’ace de son pays et ainsi prouver qu’il a encore sa place en MLB.

Pas de joueur à suivre pour la Colombie mais deux jeunes qui pourraient se faire une place dans l’équipe type de la Colombie et ainsi engranger de l’expérience. D’abord Brayan Buelvas, OF de 22 ans dans le farm system des Athletics. Après une saison 2024 convaincante passée entre le A+ et le Double A, avec .267 à la batte mais une présence sur bases de plus de 35%, il a eu du mal à confirmer en 2025 au niveau double A avec .194. Sa capacité à monter sur bases pourrait être utile pour les Colombiens, tout comme sa faculté à évoluer à tous les postes de l’outfield.

Dayan Frias, SS de 23 ans dans l’organisation ds Guardians, présente le même parcours que Buelvas. C’est à dire, être largement au-dessus en Rookie Ball et Simple A, mais avoir du mal à digérer le passage en Double A, où le niveau monte drastiquement d’un cran (présence de joueurs bien plus expérimentés et top prospects). En 2024, il va jouer 114 rencontres en Double A pour .203 à la batte. En 2025, il va s’améliorer au niveau du Double A, avec .224 à la batte en 71 matchs. Une petite progression mais progression quand même, si bien qu’il va être promu en Triple A. Une marche encore haute pour lui avec au final .203 au bâton en 48 matchs. Une promotion rapide et agressive pour le joueur de 23 ans (la moyenne d’âge des joueurs en Triple A est de 26), capable de jouer tout autour de l’infield, et qui pourrait être bénéfique pour la Colombie. Il aura ainsi pu se mesurer à des joueurs de bien meilleur calibre et ainsi mieux appréhender les difficultés de ce niveau.


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