Preview 2025 : Texas Rangers – Refaire la loi à l’Ouest

Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. Pour le rendez-vous du jour, direction le Texas où les Rangers – champions 2023 – vont essayer de rebondir après une année post-titre des plus compliquée.

Bilan 2024 : 78 victoires et 84 défaites, 3e place en AL West.

Il est très compliqué de remporter un titre (sauf quand on recrute Shohei Ohtani), il est encore plus compliqué de le conserver… Cet adage a été celui des Texas Rangers en 2024 après avoir été celui de tant d’équipes au 21e siècle, puisqu’on rappelle qu’aucune équipe n’a soulevé le Commissioner’s Trophy deux années de suite depuis le triplé des Yankees entre 1998 et 2000). Les champions en titre ont connu une vraie bonne saison gueule de bois, en ne parvenant même pas à se hisser en postseason.

Bruce Bochy a eu du boulot en 2024 pour composer son équipe, entre méformes et blessures – Crédit USA today

Dans une saison à 162 matchs, il est souvent difficile de définir LE moment clé qui décide du succès ou de l’échec d’une équipe. Mais pour les Rangers on peut pointer du doigt le 20 mai 2024. Les Texans profitent alors d’un jour off à Philadelphie alors que leur record est à 24 victoires et 24 défaites. Mais suivent un sweep sur 3 matchs face aux Phillies puis la perte de 2 des 3 matchs de la série face aux Twins. En rentrant à Arlington, le bilan est passé à 25-29, soit sous la barre des 50%, une première depuis l’arrivée de Bruce Bochy à la tête de l’équipe. Les Rangers ne parviendront plus à revenir à l’équilibre au cours de l’année.

En 2023, les Rangers affichaient la meilleure attaque de l’American League avec une slashline de .263/.337/.452… ce qui leur a permis d’atteindre les World Series et de remporter le titre. Mais un an plus tard, ils ont régressé dans toutes les catégories (slashline : .238/.305/.380). Collectivement, l’attaque texane s’est classée 22e en MLB en wRC+ avec 95 (en-dessous de la moyenne de la Ligue à 100).

La plus grosse déception a sans doute été pour l’un des héros de la postseason 2023, Adolis Garcia. Passé d’une saison à 39HR, 107RBI et SLG.508 à 25HR, 85RBI, SLG .400 et un tout petit .224 de moyenne. Après sa saison All-Star, le catcheur Jonah Heim a lui aussi beaucoup déçu avec un OPS+ en chute libre (de 106 à 72) et une défense plus que douteuse. Une saison en dedans aussi pour Marcus Semien à seulement .237 de moyenne. Deux jeunes dont on attendait beaucoup au cœur de ce puissant lineup ont été out quasi toute la saison, ce qui n’a pas aidé vous en conviendrez. Seulement 46 matchs pour Josh Jung (3B) en raison d’une fracture du poignet (7HR, 16RBI, moins de 30% de présence sur bases) et 45 pour Evan Carter (blessure au dos) limité à une moyenne famélique de .188 et une présence sur bases de .272.

Côté pitching : la rotation a confirmé les doutes que l’on avait, pas forcément niveau performance – même si les lanceurs des Rangers ont affiché la même ERA que ceux des Athletics (4.37, 24e en MLB) – mais plutôt par les nombreuses absences sur blessures. En premier lieu, l’année quasi blanche de l’Ace Jacob deGrom (10 petites manches en septembre, voir plus loin). 9 matchs pour Max Scherzer, 3 pour Tyler Mahle… 14 pour Cory Bradford, 15 pour Dane Dunning, 18 pour Michael Lorenzen, 19 pour Jon Gray… A total, ce ne sont pas moins de 15 lanceurs qui ont débuté un match la saison dernière sur la butte texane ! Des starts limités donc, et c’est dommage, car certains pitchers avaient montré de belles choses sur leur court échantillon. Par exemple la ERA de 2.17 pour Gray sur ses 13 premiers starts. Bradford, avait une ERA de 1.40, avant de se retrouver sur la IL pendant 3 mois et demi (blessures au dos et aux côtes). Il termine quand même avec 6 victoires en 14 starts (ERA 3.54) en 76.1IP).

La super saison de Kirby Yates avec 33 saves et une ERA de 1.17 – Crédit MLB.com

Le bullpen n’a pas davantage brillé que la rotation (ERA 4.41) à l’exception notable de Kirby Yates : 33 saves sur 34 opportunités (quand au global les closers des Rangers ont converti 38 des 57 opportunités !). 33 saves donc pour Yates avec la 2e meilleure ERA de la Ligue parmi les finisseurs avec 1.17 en 61IP (seul Emmanuel Clase a fait mieux). Il a affiché aussi une WHIP à 0.74 et limité les batteurs adverses à une moyenne de .113. Il va beaucoup manquer en 2025.

Parmi les autres satisfactions de 2024 : Josh Smith. Invité du lineup pour faire face aux nombreux forfaits, il aura été le seul joueur à montrer une progression avec 13HR et 62 RBI. Saison récompensée par un Silver Slugger pour un utility player.

Il était mon joueur à suivre pour la preview 2024 et Wyatt Langford n’a pas déçu pour son année rookie, terminant 7e du classement AL ROY. Il n’a fallu que deux mois à l’ancien de Florida pour prendre ses marques en MLB. Alors oui la moyenne peut être et sera améliorée (.253), mais les promesses sont déjà là côté présence sur bases (.325), vitesse (19SB sur 22 tentatives), puissance (16HR, SLG .415), perf offensive globale (OBP .740, OP+ à 111). Face aux absences de certains de ces coéquipiers, Langford a joué aux trois positions de l’outfield et commis seulement 2 erreurs dans la saison (pour 8 assists) ! Au global, une WAR de 3.9, la 3e meilleure de l’équipe derrière l’inamovible duo Seager-Semien. Et n’oublions pas son cycle le 30 juin face aux Orioles, le premier de la saison 2024 en MLB.

Sans grosse surprise, le MVP de ces Rangers aura une fois de plus été Corey Seager. Limité à 123 matchs (opéré d’une hernie discale en fin de saison), il est leader de l’équipe en bWAR (4.9), fWAR (4.5) et HRs (30). Parmi ces 30 longues balles, 13 ont été frappées sur les premiers lancers de ses at-bats (#1 dans cette catégorie en MLB). Le double MVP des World Series adore mettre la pression sur les pitchers adverses : il s’élance sur 51% des first pitches (là aussi numéro 1 de la Ligue).

Saluons le travail de la défense texane qui n’a concédé que 73 erreurs, 130 au total sur ces deux dernières saisons, c’est la crème de la crème de la Ligue. Avec un nouveau record de franchise établi pendant l’été 2024 : 16 matchs consécutifs sans erreur !

2024 aura aussi été marquée par l’intronisation au Hall of Fame d’Adrian Beltre qui a passé huit saisons chez les Rangers, dont deux récompensées par le titre de MVP de l’American League.

Adrian Beltre fêté au Global Life Field après son intronisation au Hall of Fame – Crédit AP Photo

On le voit, une année sans pour plusieurs joueurs cadres (la fameuse gueule de bois), d’importantes blessures… 2024 est à oublier pour les fans fidèles des Rangers (5e meilleure affluence de l’American League). Mais ont-ils retrouvé le sourire cet hiver avec les choix du front office ?

Le constat évident c’est que la direction n’a pas tout chamboulé et a décidé de faire confiance aux éléments forts du titre de 2023 pour rebondir. Elle n’a donc pas sorti le chéquier mais plutôt bricolé pour compléter les trous et les manques. Et on se pose d’ailleurs quelques questions sur la construction de l’effectif. A commencer par la composition de la rotation et du bullpen.

Si on se penche sur le cas des partants, on salue d’abord la re-signature de Nathan Eovaldi qui est peut-être la recrue déguisée de ces Rangers 2025. Un contrat de 3 à 75M$ pour former le 1-2 punch texan avec deGrom. Un duo séduisant sur le papier, plus inquiétant sur le terrain quand on connait leur passif à l’infirmerie. deGrom va effectuer un énième retour après une énième blessure (voir plus loin). Les places suivantes seront pour les droitiers Mahle et Gray… pas plus rassurants niveau santé. Gray entre dans sa dernière année de contrat mais n’a pu assurer que 24 starts en moyenne ces trois dernières saisons. Favori pour le 5e spot, le gaucher Bradford, limité – on l’a vu – à une demi-saison.

Ces incertitudes physiques de la rotation pourraient profiter à deux anciens VandyBoys pour faire leur place en Majeures. Jack Leiter (pick 2 de la Draft 2021) et Kumar Rocker (pick 3 de la Draft 2022, voir plus loin) ont effectué leurs premiers lancers en 2024 (3 défaites en 6 starts et 9 matchs, ERA 8.83 en 35.2IP d’un côté / 3 starts, ERA 3.86 en 11.2IP, 14K et 6BB de l’autre).

Si la rotation n’a pas bougé, il en est autrement pour le bullpen qui passe en mode reconstruction. Le closer principal de 2024, Kirby Yates, parti pour les Dodgers ; brillant en postseason 2023, José Leclerc, est maintenant chez les Athletics… ce qui signifie qu’aucun lanceur qui a enregistré une save avec les Rangers la saison dernière n’est encore dans l’effectif. Ce dossier du closer est l’un des principaux discutés par le front office lors du Spring Training. Il y a des options mais on a encore du mal à voir celle qui émergera.

Luke Jackson (Braves et Giants en 2024) a le plus de saves en carrière parmi les prétendants… mais seulement 19. Chris Martin, arrivé de Boston, en a lui 14 dont 4 lors de son premier passage chez les Rangers en 2019. Avec des chiffres en carrière de 9K/9inn et 1BB/9inn pourraient plaider en sa faveur. Autre prétendant : Robert Garcia, récupéré dans le trade de Nathaniel Lowe aux Nationals. Le gaucher a proposé une moyenne de 11K/9inn en tant que setup man la saison dernière. Le vétéran de 34 ans, Hoby Milner, arrive lui de Milwaukee et pourrait être la belle histoire de cette saison à Arlington. Le fils de Brian, ancien catcheur en MLB, est né à Dallas, a fait son lycée et sa fac dans le Texas. Il a disputé près de 300 matchs en huit saisons. Lors de son passage chez les Brewers, il a publié une vidéo de sensibilisation sur l’anxiété, lui qui a souffert de troubles sévères pendant plusieurs années. Il travaille aujourd’hui avec un thérapeute et un psychologue. Il est particulièrement efficace contre les batteurs gauchers (avec en carrière une moyenne adverse limitée à .225 et une OBP de .280). Pour compléter l’enclos, Jacob Webb (ex-Orioles), Shawn Armstrong (Rays, Cards, Cubs en 2024) et le produit maison Marc Church. Après avoir soigné une blessure au bras, Church a pu disputer 17 bouts de matchs en Triple A la saison dernière avec également une manche (sans point concédé) en MLB. Il a ensuite disputé la Arizona Fall League avec un certain succès : 10K en 6.1IP. Church, 24 ans le 30 mars, n’a commencé à lancer que lors de sa dernière saison au lycée en 2019, avant d’être drafté la même année par les Rangers (18e tour). Il a été ralenti dans sa progression après sa Draft en raison d’une blessure puis après l’année blanche du covid de 2020, mais pourrait bien se révéler cette année.

Enfin, Dane Dunning était déjà dans l’effectif l’an dernier mais devrait shifter d’un poste de starter niveau bof à celui de releveur longue distance. Des lanceurs aux receveurs… Pour épauler, voire remplacer Jonah Heim en cas de nouvelle année sans derrière le marbre, la direction a choisi Kyle Higashioka (2 ans, 13,5M$), ancien des Yankees et des Padres. Il est surtout réputé pour sa très bonne défense. 

Pour les joueurs de position sur le diamant, pas de révolution. Les titulaires de 2024 le seront encore en 2025 à de rares exceptions près. L’objectif étant de les garder en santé pour retrouver le niveau de 2023. Le duo Corey Seager Marcus Semien est inamovible des postes shortstop – 2B. Ce sont les ancres, les meilleurs joueurs, les visages de cette franchise depuis leur arrivée commune en 2022. Une chose cependant les distingue : leur fiabilité physique. Semien a manqué 4 matchs ces 3 dernières saisons, contre 93 pour Seager. Bruce Bochy a d’ailleurs fait savoir qu’il accorderait plus de offday à son 2B de 34 ans.

Crédit MLB sur X

En 3e base, on attend le retour en forme du jeune Josh Jung après sa blessure au poignet. Ancien joueur de 3B, Jake Burger devrait occuper le premier coussin texan (comme lors d’une cinquantaine de matchs l’an dernier avec les Marlins). Il apporte aussi son coup de bâton : 63HR en 2 saisons en Floride, mais accompagnés de 299 strikeouts.   

Dans le champ extérieur, on suivra le rebond (ou non) d’Adolis Garcia (champ droit) après son année gueule de bois de 2024. A gauche, Leody Taveras propose une grosse défense mais une faible attaque. Il pourrait être supplée par Evan Carter que l’on espère remis de sa blessure. Pas de suspense au champ centre, il appartient à celui qui sera le nouveau visage de la franchise très vite : Wyatt Langford qui débutera sa 2e saison en MLB.

Enfin pour le poste de DH, les batteurs qui s’y sont succédé en 2024 DH ont affiché une moyenne de .584 en OPS, soit la plus faible marque de la MLB. Pour remédier à cela : l’arrivée de Joc Pederson (contrat de deux ans à 37M$). Il sort d’une bonne saison avec les DBacks à 23HR, 64RBI et une slashline de .275/.393/.515.

Saluons chez les Rangers le savant mélange de grosses signatures sur le marché des agents libres (deGrom, Seager, Semien) et de la confiance mise sur les produits maisons (Carter, Langford, Jung, bientôt Leiter et Kumar on l’espère…). Le front office justement a vu quelques changements cet hiver, avec notamment la nomination de Ross Fenstermaker au poste de General Manager, lui aussi un produit maison qui a grimpé les échelons. Il sera directement sous les ordres de Chris Young, le président des opérations baseball. Nomination aussi de Skip Schumacher en tant que de senior advisor (conseiller en chef) auprès de Bruce Bochy. Schumacher a passé deux ans comme manager des Marlins (récompensé par le titre de Coach de l’année en 2023 pour la National League) et se place dans le remplaçant naturel à Bochy dès la retraite annoncée de ce dernier. Bochy, 70 ans en avril, entre dans sa dernière année de contrat. On imagine que la décision de prolonger ou non viendra de lui et sera suivie par la direction, à moins d’une saison catastrophique, ce que j’imagine peu probable. A noter que Bochy et ses 2 171 victoires pointe avant l’Opening Day au 8e rang des managers les plus victorieux. Il passera rapidement les 7e et 6e de la liste, Dusty Baker et Sparky Anderson, pour inscrire un peu plus son nom dans la légende de la MLB.

Le garçon se signale pour avoir été drafté à trois reprises : 

  • en 2018 par les Rockies (38e tour) à sa sortie du lycée,
  • en 2021 par les Mets (1er tour – n°10) après son année junior de fac à Vanderbilt,
  • en 2022 par les Rangers (1er tour – n°3) suite à sa non-signature par les Mets l’été précédent.

Le nom de Kumar Rocker était apparu sur le devant de la scène en juin 2019 sous le maillot de la fac de Vanderbilt : premier lanceur à signer un no-hitter lors du Super Regional round du tournoi universitaire final (19K), deux starts et deux victoires quelques jours plus tard lors des College World Series, lauréat du trophée de meilleur joueur de ces CWS, en plus de celui de « Freshman of the Year », remis par le média spécialisé Baseball America.

Après une saison tronquée en 2020 pour cause de Covid et une finale perdue en 2021, le natif de Géorgie est donc sélectionné par les Mets. Et après un accord trouvé autour des 6 millions d’euros (1,4M$ de plus que la valeur moyenne d’un 10e pick de draft), la franchise fait marche arrière après avoir revu les résultats de sa visite médicale. Représenté par le célèbre Scott Boras, Rocker assure qu’il n’a pas de souci… mais subit quand même une opération à l’épaule en septembre et renonce à retourner à Vanderbilt pour sa saison senior.

Pour préparer la Draft 2022, le lanceur droitier s’engage avec les Tri-City ValleyCats en Frontier League (Ligue indépendante). Il rassure sur son état de santé et sa motivation à rejoindre une organisation MLB : ERA 1.35, 32K, 4BB en 20 manches, avec une balle rapide mesurée à 99mph (159 km/h). Après avoir signé le deuxième As de Vanderbilt l’été précédent (#2 pick), les Texas Rangers créent la surprise en sélectionnant Rocker avec leur 3e choix. Cette fois, pas de mauvaise surprise : une signature validée pour 5,2M$. Pour ne pas prendre de risque, le néo-drafté n’est pas envoyé sur le monticule au cœur de l’été mais travaille son physique et ses lancers dans l’Arizona, sur les installations de Spring Training des Rangers.

Rocker fait enfin ses débuts pros lors de l’Arizona Fall League : 6 matchs (14 manches), 2-1, ERA 4.50, 18K… Des perfs qui lui valent une invitation au Camp d’entraînement début 2023, avant d’être envoyé en A+ pour le début de saison des Minors (6 starts, 2-2, ERA 3.86, 42K en 28IP !!). Mais sa saison/carrière est encore mise en pause en mai avec une opération Tommy John. Retour en matchs à l’automne pour 3 matchs-7 manches en Rookie League, puis 5 matchs-19.2 manches en AA (ERA 0.46, WHIP : 0.610, 29K, 3BB) et enfin 2 matchs-10 manches en AAA (ERA 1.80, WHIP 0.500, 18K, 1BB). Une montée en puissance et de grosses promesses qui lui valent d’être promu en MLB le 12 septembre pour un match face aux Mariners. Dans une fin de saison sans enjeu pour les Rangers, il débute 3 matchs, concède 12 hits en 11.2 manches, signe 14K.

Sa slider autour des 85mph est une arme létale avec 66% de swing-and-miss entre minors et Majors l’an dernier. Rocker possède aussi 2 versions de sa fastball : il préfère sa 4 coutures rapide à sa 2 coutures un peu tombante mais qui peut atteindre les 100mph. Dans son arsenal aussi : une curveball et une changeup. Bref, c’est très complet et le garçon (#44 prospect de MLB Pipeline) semble avoir une avance sur son ancien coéquipier Leiter pour s’installer dans la rotation. Ça pourrait arriver rapidement vu le passif de blessures de la rotation qui devrait débuter la saison. En tout cas moi j’ai vraiment très très hâte de le voir éclore !

Le double Cy Young affiche une ERA de 2.41, une WHIP à 0.85, un ratio 13K/9inn sur ses deux saisons avec les Rangers… du très très lourd… mais on parle là d’un échantillon de 9 starts et 41 manches lancées !!! C’est très très peu… trop trop peu… tellement le lanceur est un régal pour les yeux dès qu’il prend place sur le monticule.

Jacob deGrom aura 37 ans en juin. Peut-on raisonnablement croire à un rebond dans sa carrière après deux saisons quasi blanches… qui avaient suivies deux années à 26 starts cumulés ? Si oui, quel boost pour les Rangers ! Si non, sera-t-on vraiment surpris ? On sera en tout cas déçu… et inquiet pour cette équipe qui va proposer à l’Opening Day une rotation un peu bancale ou en tout cas très sensible aux blessures.

Revenu de sa dernière opération Tommy John en septembre dernier, deGrom a pu se préparer normalement – ou presque – cet hiver. Mais le coaching texan fait mesure d’une extrême prudence pendant la préparation printanière. Au moment où vous lirez ces lignes, le lanceur devait juste faire ses débuts au Spring Training. Il ne sera pas désigné comme le partant pour l’Opening Day (ce devrait être Eovaldi), mais pourrait être aligné en lanceur 3 pour le dernier match face aux Red Sox le 30 mars, ou lanceur 4 pour l’ouverture de la série face aux Reds le 31. S’il reste en santé, sera-t-il conservé dans ce milieu/cette fin de rotation par Bruce Bochy pour éviter de trop l’exposer ? Et peut-être lui donner des jours de repos supplémentaires ? Ce pourrait être l’idée si l’on en croit les dernières déclarations du skip au Dallas Morning News.

Les Rangers ont beaucoup investi sur deGrom (185M$ sur 5 ans) et on parlait déjà à l’époque de la signature d’un vrai pari. Ils ont été champions en 2023 sans lui pour les trois quarts de la saison (playoffs et World Series inclus), mais ça ne leur/nous ferait pas de mal si on pouvait retrouver notre deGrominator.

On le voit, le talent ne manque pas pour faire des Rangers un concurrent très sérieux en AL West avec les Astros et les Mariners, même si forcément des questions se posent autour du pitching. Par contre, côté offensif, pas de doute ça fonctionnera à condition bien sûr d’éviter l’hécatombe de blessures de l’an dernier.

86 victoires – 76 défaites, 2e de Division AL West

Jacob deGrom nous fait une Chris Sale avec une saison complète en mode Cy Young… Kumar Rocker écrase la course au Rookie de l’année façon Paul Skenes… Corey Seager s’invite dans la course MVP… Les Rangers retrouvent la postseason et aucune franchise ne veut défier leur puissance offensive et leur Ace retrouvé.


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