Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. On n’oublie pas son passeport et direction le Canada pour se pencher sur le dossier complexe des Toronto Blue Jays.
Retour sur la saison 2024
Bilan 74 victoires et 88 défaites, 5e en AL East.
Après des saisons à 89, 92 et 91 victoires… ce vilain nombre de 74 fait tâche comme cette 5e place de Division ! Alors que l’on attendait les Blue Jays en postseason avec l’objectif – cette fois – de gagner un match après deux sweeps de suite (en 2023 face aux Twins et en 2022 face aux Mariners en Wild Card Series), joueurs et staff étaient en vacances en octobre. Et si on devait choisir un mot pour qualifier cette saison 2024, on hésiterait entre : déception, désillusion, régression, désastre…

Un homme symbolise cette saison ratée : Bo Bichette. Le shorstop a sorti une slashline indigne de ses qualités : .225/.277/.322 avec 4HR, 5SB et une WAR négative (-0.3). Son OPS de .598 est le 12e pire parmi les batteurs avec aux moins 300 apparitions au marbre ! Rappelons quand même que le garçon sortait d’une saison All-Star à .306 de moyenne après avoir mené l’American League en nombre de hits en 2021 (191) et en 2022 (189). Si on creuse encore un peu dans les stats, on trouve aussi une wRC+ 2024 à 71… quand la moyenne MLB est à 100 et que la moyenne du Florido/Canadien est en carrière de 126. Rappelons qu’il s’agit des Weighted Runs Created Plus [les points qu’un joueur est censé produire/marquer… stat pondérée par des facteurs comme le stade dans lequel il joue à domicile à l’image du hitter-friendly Coors Field qui produit une stat minorée]. Les raisons de ce trou noir ? Son physique, puisque – comme en 2024 (135 matchs) – Bichette, 27 ans depuis ce mois de mars, a passé du temps à l’infirmerie (déchirure à la cuisse par deux fois et doigt cassé) et n’a pu disputer au final que 81 matchs.
George Springer a aussi atteint un plus bas en carrière : une moyenne de .220, un OPS de .674, une baisse de 5mph d’exit velocity (allez quand même 19HR et 16SB). Lui à 35 ans, donc contrairement à Bichette, il a moins de marge pour remonter la pente.
On continue dans le négatif avec le pitching staff qui est passé d’une ERA collective à 3.78 en 2023 (#4 en MLB) à 4.29 en 2024 (#22 en MLB) ! Kevin Gausman a paru bien loin de l’Ace qu’il a été avec une vélocité en baisse, une splitter moins efficace, un manque de 3e pitch… une ERA de 3.83 (contre 3.16 en 2023) et un K% en retrait de près de 10 points (31,1% à 21,4%). Catastrophique en 2023 (ERA 5.87, ERA+ 73, WHIP 1.740 et une relégation en Minors), Alek Manoah était attendu au tournant. Mais son retour en Majors n’a duré que cinq starts (ERA 3.70, 25,2 K%), le temps de se blesser à l’épaule et de déclarer forfait pour le reste de la saison.
Le bullpen a lui complètement explosé à l’image d’un Jordan Romano qui sortait de deux saisons à 36 saves n’a pu tenir sa place que sur 13.2IP (ERA 6.59) à cause de blessures (opération à l’épaule en juin)… ERA encore pire pour le gaucher Tim Mayza (8.03 en 24.2IP, libéré par Toronto, il a fini la saison chez les Yankees). Erik Swanson (ERA 5.03 en 39.1IP) a été rétrogradé en Minors pendant une vingtaine de matchs à la mi-saison. Nate Pearson a – encore une fois – déçu (ERA 5.63 en 40 IP) avant que le FO ne tire un trait sur son ancien top prospect en l’envoyant chez les Cubs à la Trade Deadline. Au global, le bullpen a signé une ERA abyssale de 4.82 soit la 2e pire de la Ligue !
Allez on respire un grand coup… on avale un ou deux pancakes au sirop d’érable pour se remonter le moral et on se penche sur le positif… car il y en a eu un peu.
On l’a dit, le pitching staff global des Blue Jays a beaucoup régressé entre 2023 et 2024, mais Chad Green a tenu son rang pour sa deuxième saison au Canada (ERA 3.21, WHIP 1.031, 46SO en 53.1IP). Il a récupéré le rôle de closer après les départs en juillet de Pearson et Yimi Garcia.
Dans la rotation, José Berrios est tout proche des 200 manches lancées (192.1IP) avec une ERA inférieure à sa moyenne en carrière (3.60 contre 4.07) et 16 victoires (son record en carrière). Troisième saison consécutive à au moins 30 starts pour Chris Bassitt (171IP) qui reste une ancre très fiable en milieu de rotation. Un dernier nom : Bowden Francis mais nous y reviendrons un peu plus tard dans cette preview.
Hors monticule : quel plaisir de retrouver un Vladdy Guerrerro Jr. au niveau auquel on l’attend/l’espère chaque année avec une sélection au All-Star Game et une 6e place finale au vote de MVP (voir plus loin). Ernie Clement a disputé 139 matchs, soit deux fois plus que son record personnel précédent (69 en 2022 avec les Guardians et les A’s), avec des stats correctes (AVG .263, 12HR et 51RBI, OPS+ à 95).
Si 2024 a été une saison noire, elle aura au moins permis à Toronto de récupérer quelques prospects qu’on a hâte de voir à l’œuvre. Merci la Trade Deadline pendant laquelle Yimi García, Nate Pearson, Danny Jansen, Justin Turner, Yusei Kikuchi, Isiah Kiner-Falefa, Kevin Kiermaier ont été envoyés hors du Canada. En retour, on citera les arrivées en provenance de Houston de Joey Loperfido (OF) et Will Wagner (INF) qui pourraient trouver leur place dans le roster dès l’Opening Day ou à l’été selon la tournure de la saison… ou encore de Jonatan Clase (OF), ancien du Farm System des Mariners et une sacrée réputation de voleurs de bases avec son total de 79 steals en 94 tentatives en 2023, le tout accompagné de 20HR (premier joueur de l’histoire en 20-70 en Minors).
Beaucoup plus de – que de + dans ce bilan… pas de postseason… on s’attendait donc à du mouvement à l’intersaison… comment dire…
Qu’attendre en 2025?
Les hivers se ressemblent à Toronto : on espère la signature d’une star de la MLB et on repart bredouille. Après Ohtani, c’est Juan Soto, Corbin Brunes ou encore Teoscar Hernandez qui n’ont pas mordu à l’hameçon canadien. Il y a quand même eu des signatures intéressantes, nous y reviendrons, mais les incertitudes sont nombreuses avant d’entamer cette saison 2025.
Incertitudes contractuelles surtout puisque Vladdy, Bichette, Gausman, Bassitt, Varsho, Springer, Kirk et Berrios seront libres au plus tard en 2026. Le dossier Vladdy-Bichette pourrait d’ailleurs empoisonner la saison. Ils seront tous deux libres le 1er novembre prochain… ce qui veut dire que pour les garder, le front office devra à la fois sortir le chéquier et prouver que la franchise veut gagner. Scénario du pire : les premiers mois de 2025 se passent mal, Vladdy et Bichette sont-ils tradés à la Deadline ? Ce serait un cauchemar pour les fans.
Ces signatures alors?

En premier lieu un nom qui claque en MLB même si on n’est pas sur du joueur dans son prime : celui de Max Scherzer. Le triple Cy Young, qui fêtera ses 41 ans en juillet, s’est engagé pour un an et 15,5 millions de dollars. Il n’a pu effectuer que 9 starts l’an dernier avec les Rangers (ERA 3.95, 40K en 43.1IP) en raison de plusieurs blessures (dos, épaule, adducteurs). Mais contrairement à l’hiver dernier, il a cette fois pu se préparer normalement et est arrivé en forme au Spring Training, avec des sessions de pitching dès les tous premiers jours. Son expérience quasi inégalée aujourd’hui dans la Ligue (n°2 en nombre de victoires derrière son ancien coéquipier Verlander) sera un grand plus et surtout on connait tous sa rage de gagner. Reste à voir s’il en a encore dans le bras pour sortir au moins 25 starts.
Autre arrivée, peut-être la plus impactante, sans faire offense à Mad Max : celle d’Anthony Santander, l’un des agents libres les plus convoités de l’hiver (comme quoi il y en a bien qui veulent venir bronzer/se geler au bord du Lac Ontario). Après 8 saisons chez les Orioles, Santander reste donc en AL East avec un contrat de 5 ans et 92,5M$ à la clé (dont les deux tiers du montant en versement différé). A 30 ans, l’outfielder vénézuélien a signé en 2024 la meilleure saison de sa carrière offensivement avec 44HR et 102RBI, une OPS de .814 mais une moyenne bofbof de .235. Il va former un duo surpuissant avec Vladdy et offre plusieurs options dans le lineup puisqu’il pourra jouer en champ gauche, champ droit ou DH.
Santander c’est pour le renfort offensif… pour les renforts défensifs : Andrés Giménez (2B) et Myles Straw (OF) : 4 trophées Gold Gloves à eux deux sous le maillot des Cleveland Guardians! Si le premier sera à coup sûr titulaire, c’est moins évident pour le second. En début de saison, il pourrait remplacer Dalton Varsho qui se remet d’une opération à l’épaule. Sinon, il sera l’une des premières options pour sortir du banc.
Le bullpen des Blue Jays était en pièces l’an dernier, il a meilleure allure à l’entame de cette saison. Avec d’abord l’arrivée de Jeff Hoffman en provenance des Phillies. Un retour à la maison pour celui qui avait été drafté par Toronto en 2014 (#9 du premier tour) mais qui n’en a jamais porté le maillot. Il a signé sa meilleure saison en carrière en 2024 : une ERA de 2.17 en 66.1IP (68 matchs), avec 89 strikeouts… saison récompensée par une sélection au All-Star Game.
Après avoir entamé 2024 avec les Blue Jays, puis l’avoir fini avec les Mariners après un trade à la Deadline, Yimi Garcia est finalement de retour. Le releveur dominicain a lui aussi signé des meilleures stats la saison dernière que ses moyennes en carrière (notamment un intéressant 0.897 de WHIP). Autre pièce ajoutée au relief staff : Nick Sandlin, 28 ans et ses 4 en Majors sous le maillot des Guardians (ERA 3.27, WHIP 1.147).
Petit tour d’horizon de ce à quoi pourrait ressembler le roster complet des Blue Jays à l’Opening Day :
Catchers : Alejandro Kirk et Tyler Heineman/Christian Bethancourt.
1B : Vladimir Guerrero Jr, qui peut aussi retourner en 3B ou être utilisé en DH.
2B : Andrés Gimenez, Will Wagner. Ce dernier a montré de très belles choses en fin de saison dernière (AVG .305, OPS .788 en 24 matchs). Il pourrait être la jeune révélation canadienne de 2025.
3B : Ernie Clement. Après avoir gagné sa place au Spring Training 2024, il a été finaliste du Gold Glove.
Shortstops : Bo Bichette, Leo Jiménez
LF : Davis Schneider, Joey Loperfido.
CF : Daulton Varsho.
RF : Anthony Santander, George Springer.
Rotation : Kevin Gausman, José Berríos, Chris Bassitt, Max Scherzer, Bowden Francis. Du véteran en pagaille! Avec Yariel Rodríguez en 6e homme.
Bullpen : Jeff Hoffman, Yimi García, Chad Green, Erik Swanson, Brendon Little, Nick Sandlin, Ryan Burr, Yariel Rodríguez.
Ce roster n’est peut-être pas celui d’un prétendant au titre, mais n’est pas non plus celui d’une équipe qui n’a aucune ambition. Il y a toujours ce problème de concurrence très sérieuse dans l’AL East (les Yankees et Orioles en favoris, les Red Sox en reconquête, les Rays rois des surprises), mais les Blue Jays doivent aller chercher la postseason pour offrir des garanties à Vladdy et Bichette, leurs deux joueurs vedettes, « élevés » dans la pépinière canadienne… sous peine de les voir partir vers d’autres cieux cet hiver. Et là clairement, on enclencherait le mode reconstruction. On n’a pas encore cité son nom mais le manager John Schneider est clairement sous pression.
Le joueur à suivre : Bowden Francis
2024 aura été l’année de l’émergence de Bowden Francis. A 28 ans, le garçon a enfin trouvé sa place en MLB mais quelle aventure pour en arriver là ! Intégré dans la rotation en début de saison, il se fait exploser sur ses 2 premiers matchs :
- 10 hits (dont 3HR) et 7 points mérités en 5 manches 1/3 (avec quand même 7K pour 1 seul BB) le 1er avril face aux Astros
- 2 hits (dont 1HR) et 5 points mérités en 3 manches (5K, 3BB, 1HBP) le 7 avril face aux Yankees
Retour à la case bullpen jusqu’à la fin du mois d’avril : 6H, 2ER en 6.1IP. Plus de contrôle donc… mais un renvoi en Triple A au mois de mai. Son retour dans la Grande Ligue début juin se fait dans le bullpen. Il alterne entre releveur de milieu de match, lanceur post opener, closer… avec même un petit start de 4 manches face à Oakland (3H, 1BB, 3K, 0ER). Même polyvalence en juillet quand il s’offre une victoire en starter, de la relève et du closing (il concède le point décisif en 10e manche face aux Yankees le 4 août).

Trois jours plus tard, il est lanceur partant face aux Orioles… pour ne plus sortir de la rotation jusqu’en fin de saison. Et les stats s’affollent : ERA 1.80 en 65IP, 58K. Le 24 août face aux Angels, Francis est sur un nuage : aucun hit concédé en 8 manches, 12K… mais il perd son no-hitter en début de 9e. Moins d’un mois plus tard, le 11 septembre face aux Mets, rebelote : il perd un no-hitter en 9e manche !
Francis ne rejoint pas Dave Stieb, seul et unique lanceur à avoir signé un no-hitter sous le maillot des Blue Jays (le 2 septembre 1990). Mais tous les espoirs sont permis puisque ce même Stieb avait connu la même mésaventure que notre « joueur à suivre » : deux pertes d’un no-hitter en 9e manche sur la même saison… pire sur deux starts consécutifs… encore pire avec 2 outs à chaque fois !!! C’était les 24 et 28 septembre 1988.
Quand je vous disais que la saison 2024 de Bowden n’a pas été un long fleuve tranquille. A l’image d’ailleurs de sa carrière. Drafté au 18e tour en 2016 par les DBacks, il décide de poursuivre son cursus au Chipola College en Floride, son Etat d’origine. Il est re-drafté l’année suivante par les Brewers, cette fois au 7e tour. Il commence sa carrière pro dans le farm system de Milwaukee, de la Rookie League à la Double A en 2019. Privé de saison 2020 comme tous les joueurs de Minor League à cause du covid, Francis retrouve le monticule avec Nashville (Triple A des Brewers) en 2021… et est envoyé à Toronto à la Deadline de juillet (avec Trevor Richards et en échange de Rowdy Tellez). Direction finalement Buffalo (Triple A des Blue Jays) pour finir 2021. Il se voit offrir une première expérience dans le Show le 25 avril 2022 face aux Red Sox : 2/3 de manche, 1K et 0ER… puis redescend en Minors. Il ne fera son retour en MLB que le 10 juin 2023, soit plus d’un an plus tard. Il montre des choses bien intéressantes sur ses 20 relèves : ERA 1.73, WHIP 0.826, 35K en 36.1IP. Son Spring Training 2024 confirme ses nets progrès et voilà notre garçon propulsé dans la rotation à l’entame de la saison… Vous connaissez la suite…
Malgré ses 28 ans et en raison de sa relative inexpérience en MLB (48 matchs dont 13 starts), Bowden fait figure de gamin de la rotation des Blue Jays aux côtés des Scherzer, Gausman, Bassitt, Berrios… A lui de tirer partie de ces grands noms et gros bras qui l’entourent pour s’affirmer et affirme auprès du front office qu’il est le nouvel Ace de la franchise !
La star : Vladdy
Il est bien entendu le visage de la franchise et il l’était avant même son arrivée dans la Grande Ligue. Mais le restera-t-il encore longtemps ?
Guerrero Jr. devait emmener les Blue Jays vers les sommets de la MLB, retrouver les World Series après 30 ans d’attente (back-to-back champions en 1992 et 1993). Le pari est pour le moment raté malgré des bons bilans en régulière ces dernières saisons (hors 2024) et à cause de sorties prématurées en postseason. A l’entame de la saison 2024, on se demandait vraiment quel Vladdy nous allions retrouver. Celui exceptionnel de 2021, seulement battu au vote du MVP par l’extra-terrestre Ohtani ? Ou celui « bien mais on attendait mieux » de 2022-2023 ? Pendant les deux premiers mois, on s’est vraiment demandé si le CanaDominicain était rentré dans le rang de la MLB, qu’on ne verrait pas ses fulgurances offensives… et puis la machine s’est lancée.
Vladdy a produit une superbe ligne de stats : AVG .323, OPS .940, 30HR, 103RBI, 199 hits. Avec un coup sûr de plus, il aurait rejoint Vernon Wells dans le livre d’histoire des BJ en complétant une saison à minimum 300 de moyenne, 100 points produits, 30 longues balles et donc 200 hits. Sa moyenne de .323 était la deuxième meilleure en American League la saison dernière (derrière les .332 d’un autre Junior : Bobby Witt). Et sa wRC+ la sixième meilleure à 165 (contre on l’a dit 71 à son coéquipier Bo Bichette). Pour les foufous de stats avancées, petit lecture conseillée ici.
Tout le monde se l’accorde, le talent est donc toujours là pour Vladdy, 6e du vote AL MVP l’an dernier…. Tout le monde, vraiment ?
Car les premiers jours du Spring Training 2025 des Blue Jays ont été bien agités par les discussions autour d’une non prolongation de contrat du joueur. Alors qu’il aura 26 ans quelques jours après la publication de cette preview, qu’il a déjà été sélectionné 4 fois au All-Star Game (un titre de MVP), qu’il a remporté 2 Silver Slugger Awards, un Gold-Glove, un HR Derby, qu’il est le visage de la franchise… il sera libre de quitter Toronto le 1er novembre prochain et s’engager avec n’importe quelle autre des 29 équipes de la Ligue. Les dirigeants canadiens ayant décidé de ne pas s’aligner sur les prétentions financières du joueur. Et ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les deux camps se retrouvent en désaccord. On se souvient que le FO a retardé sa promotion dans les Ligues Majeures en 2019, ce qui lui a coûté une année complète de service pour les futures négociations contractuelles… tout ça pour ne pas trouver d’accord au moment venu !!!
Un tel joueur agent-libre dans son prime ça n’a aucun sens. Et surtout pour cette franchise, quand on sait que les Blue Jays ne sont pas un marché attrayant en MLB pour diverses raisons (éloignement géographique, système fiscal, démarches administratives…). Donc, quand on a un joueur de ce talent sous la main, né au Canada, dont le père a brillé sous le maillot d’une ex-autre franchise canadienne… comment ne pas tout faire pour le garder « sous contrôle ». Évidemment si Vladdy et ses représentants ont demandé les 765 millions de dollars de Soto, il y avait matière à discussion… sinon, non pas de discussion, on sort le carnet de chèques.

J’évoquais plus haut le scénario du pire avec une saison 2025 qui commence mal, peu d’espoir d’accéder à la postseason, et donc une direction qui se demande s’il ne faudrait pas échanger Guerrero Jr. en juillet pour obtenir quelques assets, plutôt que le perdre contre rien l’hiver prochain… Mais – si aucune prolongation n’était de toute façon envisagée – pourquoi alors s’être accroché à lui à l’été 2024 ? Avec un an et demi sous contrat, les pièces en retour auraient été bien plus séduisantes que celles d’un potentiel trade cet été avec les quelques mois restants du deal actuel… A l’été 2022, la direction des Angels a conservé Ohtani et ses 15 mois de contrat parce que sur un malentendu peut-être que c’était possible de se qualifier pour la postseason… Rebelote à l’été 2023 avec ses 3 mois+ de contrat… La star japonaise est depuis partie briller sous les projecteurs des voisins Dodgers… J’imagine la tristesse des fans si Vladdy revient l’an prochain au Rogers Centre sous le maillot des Yankees ou des Red Sox… Et fan des Blue Jays j’en suis justement une depuis de longues années, alors on arrête les bêtises, on se rabiboche, on fait une bonne saison et on négocie un nouveau contrat tout beau tout gros pour 2026 et au-delà !!!!!
Le prono
88 victoires et 74 défaites, 3e en AL East (Wild-Card)
Le pari fou
En fin de cycle, les Blue Jays répondent enfin aux énormes attentes placées en eux ces dernières saisons avec un Scherzer redevenu Mad Max, un Vladdy toujours Vladdyesque, un Santander nouveau bombardier du Rogers Centre et un Bichette enfin en santé qui reclaque ses 200 hits sur la saison… Direction la postseason et au-delà…



Une réflexion sur “Preview 2025 : Toronto Blue Jays – On tente encore ou on casse tout?”