
Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. Et aujourd’hui, on enchaîne avec les Rockies du Colorado qui sont au fond du puits, mais c’est peut-être là, qu’ils trouveront des solutions.
Retour sur 2024
On pensait que les Rockies avaient touché le fond en 2023 avec la première saison à plus de 100 défaites dans l’histoire de la franchise. Et bien que nenni puisque le club enchaîne en 2024 avec un autre exercice à plus de 100 revers. Pour retrouver trace d’une saison en positive, il faut remonter 7 ans en arrière. Et quand on voit la force de frappe des adversaires de leur Division, difficile d’être optimiste. Les Dbacks finalistes en 2023, les Dodgers vainqueurs en 2024, tandis que les Giants ont les poches pleines et que les Padres possèdent toujours un effectif capable d’être respectable dans la course aux playoffs. On comprend qu’il n’est pas facile d’être supporter de la franchise de Denver.
Par respect, on va faire vite sur les résultats sportifs de cette cuvée 2024. Car les points faibles sont connus depuis un certain temps. D’abord l’altitude du stade de la franchise. Un critère qui décourage la plupart des lanceurs à venir poser leurs valises dans le Colorado. Mais, lorsque l’on n’est que très peu attractif, on a une solution qui existe : surpayer un joueur. Les Athletics par exemple l’ont fait avec Luis Severino en 2025. Or le propriétaire, Dick Monfort, n’a aucune intention de surpayer des joueurs (voir de bien payer).

Mais l’élévation a aussi un impact sur les batteurs. En effet, ces derniers ne veulent pas non plus jouer en altitude la moitié des matchs de peur que cela ait un impact sur leurs futurs contrats (la preuve avec Brendan Rodgers par exemple).
Il reste donc la formation, afin d’alimenter soi-même l’équipe fanion. Et c’est là-dessus que l’on va se concentrer pour résumer la saison 2024. En effet, après avoir aperçu des bribes de la nouvelle cuvée de pépite en 2023, 2024 a été l’occasion de bien les analyser et de voir qui pourrait porter la franchise sur son dos. En tout cas ce ne sera pas Kris Bryant, dernière grosse acquisition du club, et qui souffre de gros problèmes de … dos.

On a pu voir que Michael Toglia avait le potentiel d’être une énorme source de puissance avec ses 25 HRs mais aussi ses 10 vols de base. Un bonus non négligeable. Il faudra cependant tenter d’être plus constant au bâton. Mais il pourrait très bien être un pilier du futur de ces Rockies. Dans le domaine de gros frappeurs, on a pu assister aux débuts de Hunter Goodman. Et en 224 passages au bâton, il a prouvé qu’il en avait dans les biscottos, avec ses 13 longues balles.
Ezequiel Tovar a prouvé qu’il était un très bon joueur. Il signe la saison en .269/26HRs/6SB, de quoi affirmer son statut de relève de Troy Tulowitzki. Dans le milieu de cet infield, on a pu également apercevoir les premiers pas d’Adael Amador. Même si ces 10 petits matchs, n’ont pas pu lui offrir de quoi vraiment se montrer. Il était intouchable en ligues mineures entre 2021 et 2023. 2024 a été un peu compliqué pour lui en AA, et il semble avoir été un peu précipité. Mais, le talent est là, et le fait d’avoir gouté au niveau majeur pourrait lui faire passer ce dernier petit cap. Il formerait alors, un tandem de grande qualité défensivement avec Tovar.
Ancien grand espoir, Nolan Jones a été bien décevant, tandis que McMahon a fait du McMahon, solide défensivement et dans la moyenne offensivement (.242/20HR/65RBIs). Mais difficile de briller dans une équipe qui a marqué le moins de points de son histoire lors de cette saison.
Néanmoins, il y a au moins une certitude, Denver s’est trouvé une nouvelle star, il s’agit de Brenton Doyle (on y reviendra). Pour sa première saison complète en MLB, il s’est amélioré dans toutes les catégories statistiques tout en gardant une défense élite. Il s’offrira d’ailleurs son 2e Gold Glove (récompensant les meilleurs défenseurs) en seulement deux saisons chez les grands.
On a là un beau noyau dur de joueurs autour desquels construire. L’avantage, c’est qu’il reste encore deux ou trois pépites qui peuvent encore renforcer l’équipe (Drew Romo, Yanquiel Fernandez et Zac Veen notamment).

Au niveau du pitching, on va faire vite. La plaie béante de la franchise a de nouveau été le talon d’Achille. Pas moins de 33 joueurs se seront succédé sur le monticule, soit à une petite unité du record dans l’histoire de la franchise qui remonte à … 2023. Après il faut dire que le club n’a pas pu compter sur ses patrons, German Marquez et Antonio Senzatela, absents quasiment toute la saison dernière. Ceux qui s’en sont le mieux sortis sont Cal Quantrill (4.98 d’ERA en 148.1 manches), Austin Gomber (4.75 d’ERA en 165 manches mais 30 HRs encaissés, plus haut total de la NL) et enfin Ryan Feltner, le moins pire avec 4.49 d’ERA, 138 K en 162.1 manches. Une performance remarquable dans les conditions que l’on connait.
Même constat au niveau du bullpen, une énorme déception avec Tyler Kinley censé s’occuper de la dernière manche, mais avec un ERA final de 6.19, le club a décidé de choisir son closer en fonction de la forme. Ce fut d’abord Jalen Beeks qui a signé 9 sauvetages, avant d’être envoyé du coté des Pirates. Même total pour Victor Vodnik, qui a lui montré de belles choses avec un ERA de 4.28 et qui pourrait être un nom à suivre pour 2025, puisqu’il n’a que 25 ans. En parlant de jeunes releveurs prometteurs, on a pu voir les débuts de deux rookies dans le bullpen avec d’abord Seth Halvorsen qui s’est offert 2 sauvetages en 12.1 manches avec un ERA de 1.46. Lui aussi pourrait être en compétition pour le poste de closer ou de 8e manche. Et on peut dire qu’il lance des sacrés missiles. Et enfin Luis Peralta, arrivé dans le trade de Jalen Beeks, qui a été très intéressant avec 12.1 manches lancées pour un ERA de 12.1.
Vous le voyez, on a été dans les essais durant cette saison complétement ratée du côté des Rockies, mais la jeunesse est tranquillement en train de prendre le pouvoir. On a d’ailleurs a assisté aux derniers matchs de Charlie Blackmon avec sa franchise de toujours (14 ans au club). On est encore loin d’avoir remonté la pente, mais il y a quand même des petites éclaircies ici et là qui pourraient quand même motiver les fans à suivre cette équipe en 2025.
Qu’attendre pour 2025
On l’a vu en 2024, la jeunesse a pris le pouvoir et a montré des choses prometteuses. On se dirige vers un quatuor de début d’alignement capable de tous frapper au moins 25 HRs la saison prochaine. Avec Brenton Doyle (CF) en leadoff, suivi de Tovar (SS), McMahon (3B) et Toglia (1B)
Ensuite, dans l’alignement, cela devrait être le tour de Kris Bryant (DH), qui sans la (non)présence d’Anthony Rendon, serait en lice pour être le pire contrat de la MLB. On n’attend plus rien de l’ancienne gloire des Cubbies qui a encore 4 saisons à 26 millions. Ensuite les places sont à pourvoir. Au poste de receveur, Jacob Stallings qui a re-signé durant l’intersaison devrait être le titulaire, lui qui a été costaud (.263/9HRs). En 2B, cela devrait être la recrue hivernale, Thairo Estrada qui avait connu 3 belles saisons à San Francisco avant d’être un peu dans le dur en 2024 (.217/9HRs et 47 RBIs). Une bonne petite addition à moindre coût, une pièce parfaite à trade cet été.
Il reste donc deux postes à pourvoir dans cet alignement (LF et RF). Et pour le moment, Jordan Beck et Nolan Jones tiennent la corde. Mais le Spring Training pourrait rebattre les cartes avec des joueurs comme Fernandez, Veen ou encore Sean Bouchard. A moins que les anciens remplaçants Greg Jones ou Sam Hilliard ne tirent leur épingle du jeu. D’ailleurs, au moment où l’on écrit ses lignes, des joueurs intéressants se battent pour une place dans le roster final. L’ancienne pépite des Brewers, Keston Hiura (1B, 2B, LF) ou encore le receveur expérimenté Austin Nola. Ces derniers ne sont pas encore dans le roster des 40. Il y a en un qui est dans les 40, et qui est l’autre recrue de cet hiver, Kyle Farmer. L’ancien Red, viendra apporter sa polyvalence au banc des Rockies.

Au niveau des lanceurs, on l’a dit on devrait repartir sur les mêmes hommes puisqu’aucune recrue n’est à reporter. Les recrues sont plutôt des retours de blessures. German Marquez qui n’a lancé que 4 matchs en 2023 puis un seul en 2024, le 14 juillet dernier. Un petit match pour son retour de Tommy John avant de souffrir d’une fracture du coude. Il est dans sa dernière année de contrat, lui qui possède un ERA en carrière de 4.42, il pourrait être un nom à suivre à la trade deadline, s’il parvient à retrouver un bon niveau. Antonio Senzatela, lui aussi fait son retour de Tommy John. Mais il n’a pas le pedigree de Marquez. Kyle Freeland (5.24 d’ERA) et Austin Gomber seront aussi là pour manger des manches. On regardera de très près les performances de Ryan Feltner. Moyen au début de saison, il a terminé 2024 en trombe avec 1.74 d’ERA durant le mois de Septembre.

A moins qu’une surprise du chef ne vienne tout chambouler ?
Le joueur à suivre
Car oui, il y a un nom qui intrigue et qui est sur toutes les lèvres en ce début d’année 2025 : Chase Dollander. Le 9e choix de la draft 2023, en provenance de Tennessee, a été étincelant pour ses débuts pros dans les ligues mineures. Il a survolé le A+ (2.25 en 48 manches) et après une promotion en AA, il a là aussi fait qu’une bouchée de l’opposition (2.59 d’ERA en 118 manches).
Le 25e meilleur prospect de la MLB, possède une balle rapide autour des 96 MPH et qui peut attendre 98-99. Il a aussi dans son arsenal trois balles cassantes capable de faire rater les batteurs adverses. A 23 ans, il a tout les attributs pour être un ace de n’importe quelle franchise. Mais il y a un mais et vous le voyez venir. Arrivera-t’il à surmonter l’obstacle Coors Field ?
En attendant, les premières déclarations de l’hiver montrent une envie du front office d’envoyer Dollander au combat dès l’Opening Day, s’il parvient à signer un Spring Training convaincant.
La Star
Je tourne autour du pot depuis tout à l’heure et j’ai déjà cité son nom deux fois. Brenton Doyle est la nouvelle star des Rockies. D’abord défensivement, il est l’un des meilleurs champs extérieurs de la Ligue.

Mais c’est offensivement qu’il a pris une autre dimension en signant une saison XXL : .260/23HRs/72 RBIs et 30 bases volées. Des stats dignes d’un All-star. Et c’est sans doute ce qui l’attend s’il reproduit une saison de cet acabit pour sa 3e année dans la Ligue. C’est le genre de joueur à vous faire lever à 4h du matin pour regarder un match des Rockies. C’est dire donc l’attrait de ce joueur. On a hâte de le voir franchir encore une étape avec ces Rockies et prendre la place dans le cœur des fans de Charlie Blackmon.
Si j’étais le Front office des Rockies, j’offrirais un contrat longue durée au joueur (un peu comme avec Acuna ou Chourio) en lui promettant de construire autour de lui et de faire de lui mon fer de lance.
A moins qu’une grosse équipe ne vienne avec des prospects lanceurs intéressants pour s’offrir les services de Doyle. De quoi briser le coeur de nos amis fans de la franchise, qui n’ont pas besoin de ça.
Le prono
Alors oui la jeunesse est prometteuse, mais on est encore bien loin de pouvoir espérer quoi que ce soit. Il y a encore trop de lacune au pitching, et au niveau du bâton, il y a beaucoup de joueurs en mode HR ou Strike Out. Difficile donc de voir les Rockies sortir de la 5e place de la NL West, l’objectif est de ne pas signer une 3e saisons d’affilée à 100 défaites.
Je vois bien un 67-95 pour nos amis de Denver.
Le pari
Brenton Doyle est All-Star pour les Rockies avant de se faire trade chez les Astros qui ont fortement besoin de renfort dans l’Outfield.
