Preview 2025 – Chicago White Sox : Toi, tu creuses…

Le crissement de la terre sous les crampons, le bruit de la batte sur une balle, les gants qui chauffent à la réception de lancers à 99mph. On peut enfin le dire, BASEBALL IS BACK. Et oui, on y est, après une longue hibernation, on va pouvoir se délecter du retour de nos héros favoris. Le Spring Training bat son plein, et c’est dès maintenant que la saison se construit pour les 30 franchises. Cohésion d’équipe, rookies qui se battent pour découvrir la MLB et vétérans qui souhaitent prouver qu’ils ont encore une place. Les 26 places de l’effectif vont être ardemment disputées. Et pour vous aider à y voir plus clair à l’orée de cette saison 2025, TSO vous propose de retrouver votre série préférée : les 30 franchises en 30 jours. Chaque jour et cela pendant 30 jours, une équipe sera décortiquée par notre rédaction afin de vous la présenter en long et en large, afin d’être fin prêt pour le début de la régulière. Et aujourd’hui, on creuse avec les Chicago White Sox, perdus dans le désert.

Dans le baseball il y a deux sortes d’équipes : celles qui ont un roster chargé, et celles qui creusent. Et, comme vous le savez probablement déjà, les White Sox sont bien campés dans le rôle de ce pauvre vieux Tuco. Avant de rentrer dans le détail, on va faire simple : il n’y a rien à attendre de cette équipe en 2025, même pas un nouveau record de nullité tant le bilan final de 41 victoires pour 121 défaites obtenu l’an dernier semble inapprochable. Mais comme on vous a promis trente previews, pas une de plus et pas une de moins, on va quand même essayer de s’intéresser à cette bonne bande de truands bruts.

Retour sur 2024

3 victoires sur les 25 premiers matchs, pire début de saison de n’importe quelle équipe dans la Wild Card Era, la couleur était annoncée dès le mois d’avril, si ce n’est quelques semaines plus tôt avec le départ de Dylan Cease aux Padres pendant le Spring Training… Ou quelques mois plus tôt avec la nomination du nouveau GM, Chris Getz, en août 2023 pour faire officiellement passer la franchise en mode reconstruction après une vente flash à la trade deadline (pour l’anecdote, c’est Eloy Jimenez, Michael Kopech et Tommy Pham, entre autres, qui ont été les produits soldés de la Trade Deadline 2024).

Ajoutons-y la grave blessure de Yoán Moncada, forfait pour le reste de la saison dès le 10 avril, et le tableau est complet, apocalyptique, sans équivoque… Bref, on liquide, on vend, on recrute du prospect, on ne gagne pas de matchs et on ramasse le plus de tickets possibles pour la Draft Lottery : c’était à peu de choses près la politique des White Sox pour la saison 2024, et le moins que l’on puisse dire c’est que ça a bien fonctionné. Il y a bien sûr le bilan brut et final, les 20 victoires de retard sur les Rockies, deuxième pire équipe des Ligues Majeures, mais les performances sur le terrain furent tout aussi exceptionnelles…

A la batte, avec Andrew Benintendi (.229, 20HR, 64 RBI) et Andrew Vaughn (.246, 19 HR, 70 RBI) comme leaders offensifs (oui, ça part pas trop bien déjà), Eloy Jimenez parti avant même d’avoir quitté la ville et Luis Robert oscillant entre absences et blessures (.224, 14 HR, 35 RBI, 23 SB mais surtout : 28 BB pour 141 SO !), les White Sox ont aligné les dernières places avec une régularité déconcertante : 30e en Runs, en Home Runs, à la moyenne (.221 !), à l’OBP, à l’OPS et aux Buts sur balles. Mais ils ne sont que 14e au nombre de Strike Outs subis, comme une éclaircie dans le… non je décone, c’est nul sur toute la ligne, alors voilà le Top 5. Je les ai classés par nombre d’At-Bats, il n’y avait pas grand-chose d’autre pour les départager.

Et le pitching, me demanderez-vous ? Et bien c’est mieux, beaucoup mieux, puisque les White Sox n’ont pas laissé une, mais deux équipes dans leur sillage : il s’agit des Colorado Rockies et de leur parc atmosphérique dans la montagne, et des Miami Marlins qui ont perdu une rotation entière dès le début de saison. Mais on prend, on prend, on ne crachera pas sur une 28e place à l’ERA collectif (4.67) et chez les releveurs (4.73) et, encore mieux, une 25e place parmi les starters (4.62). Bon, on ne va pas se mentir, cette performance inhabituelle doit beaucoup aux bonnes saisons d’Erik Fedde (121.2 manches et 3.11 ERA) et Garrett Crochet (3.58 ERA, en 146 manches). Le premier a quitté le club en juillet, le second lors de l’offseason. Le reste, un gloubi-boulga anémique de première classe et un fouillis de lanceurs tous moins performants les uns que les autres pour se partager les douloureux départs d’une bien longue saison. On aura envie de croire en Jonathan Cannon tout de même : parce qu’il est jeune, a un nom adapté à son job, sera toujours là l’an prochain et a été « moyen » (4.53, 115.1 IP), ce qui chez ces White Sox ressemble à un signe d’excellence…

Le bullpen ? 58 opportunités de saves, 37 ratées, un seul lanceur affichant à la fois plus de 30 manches en relève et un ERA inférieur à 4 (Soroka, 36.0 et 2.75). Michael Kopech, parti le 30 juillet, termine la saison avec – de loin – le plus grand nombre de sauvetages de son équipe : 9. Tanner Banks, John Brebbia et Jordan Leasure suivent avec deux chacun. Allez, ne nous acharnons plus : Rideau.

Qu’attendre de 2025 ?

Après avoir utilisé deux managers lors de la saison 2024 (Pedro Grifols viré en août, puis Grady Sizemore, viré au terme de la saison), Matt Getz a jeté son dévolu sur Will Venable pour mener aux destinées de ces White Sox que l’on espère, sinon vivants, un peu moins moribonds en 2024. Arrivé aux Chicago Cubs (2018) puis aux Boston Red Sox (2020) deux ans trop tard dans les deux cas pour obtenir une bague, il a fini par remporter les World Series en 2023, dans le staff de Bruce Bochy chez les Rangers. Fort de cette expérience dans deux franchises prestigieuses et d’un titre avec la troisième, il arrive avec l’ambition de replacer les White Sox sur la carte de Chicago, en attendant mieux.

A ce jour, il hérite d’un effectif relativement stable si ce n’est les départs de Crochet, Soroka, Sheets, Maldonado, Moncada ou encore Flexen, en attendant – peut-être –  Luis Robert dont le nom revient régulièrement dans la rubrique Trades. Pour les remplacer, bienvenue donc – je fatigue, je fatigue… – Mike Tauchman, Josh Rojas, Brandon Drury, Michael A. Taylor, Bryse Wilson, Martin Perez… Non, les White Sox n’ont même pas essayé de faire un effort et seuls les contrats de Luis Robert et Andrew Benintendi (32 millions à eux deux) empêchent les Southsiders d’afficher le plus bas payroll des Majors ($71m à ce jour, contre 64 pour les Marlins).

Un signe positif dans ce tableau bien misérable : les White Sox ont bien refourni le Farm System, désormais le deuxième de MLB selon ESPN, le quatrième selon Baseball America, alors qu’il végétait vers la 25e place depuis la dernière fois que l’on « allait voir ce qu’on allait voir », il y a tout juste trois ans. On souhaitera aux White Sox une meilleure gestion de la reconstruction, notamment dans le choix des personnes nommées pour encadrer celle-ci (Coucou Oncle Tony).

Parmi les meilleurs prospects attendus dans les Ligues Majeures, on observera notamment Colson Montgomery (lire plus bas), qui devrait débuter la saison au poste de Shortstop. On attendra également Noah Schultz, le prospect numéro 1 des Southsiders, inclus dans le Top 10 de Baseball America, et surtout l’un des lanceurs gauchers les plus talentueux de sa génération du haut de ses 2.06 mètres. Selon toutes probabilités, Schultz devrait débuter la saison entre AA et AAA avant de rejoindre les Ligues Majeures au début de l’été.

Ils ne devraient pas être les seuls à débarquer, et les White Sox risquent de ne pas rester longtemps parmi les meilleurs Farm Systems de la ligue. Puisque presque l’intégralité du Top 10 de la franchise est attendue au Rate Field, avec notamment une flopée de lanceurs (Hagen Smith – #3, Jairo Iriarte – #6, Nick Nastrini – #8 ou encore Jake Eder – #9), le receveur Edgar Quero (#4) ou encore l’infielder Bryan Ramos (#5).

Ajoutez à cela les néophytes de 2024 que sont Jonathan Cannon, Davis Martin, Sean Burke et a peu près tout le bullpen… vous obtenez une baby-class quasi-intégrale du côté des lanceurs notamment, avec les seuls Perez, Wilson et peut-être Clevinger pour représenter l’expérience. Avec une situation relativement similaire dans le lineup, les White Sox pourraient rivaliser de nullité avec leurs prédécesseurs de 2024, mais ils auront au moins – pour un temps – l’intérêt de nous faire découvrir des joueurs, et pourquoi pas quelques stars de demain ?

Le joueur à suivre : Colson Montgomery

Je l’ai évoqué un peu plus haut et il devrait figurer dans le lineup des White Sox dès l’Opening Day pour ses débuts dans les Ligues Majeures. Bienvenue au prospect numéro 2 des Southsiders et numéro 39 selon la MLB et Baseball America : l’arrêt-court Colson Montgomery.

Malgré un parcours de ligues mineures en dents de scie, et une année de Triple-A 2024 ou il a surtout brillé par sa puissance (18 HR pour une moyenne de .214 en 130 matchs, à comparer avec ses 8 HR et .287 de moyenne en 2023), Colson Montgomery est attendu comme l’une des étoiles montantes d’un roster chicagoen qui a bien besoin d’une petite rasade d’espoir.

Montgomery, qui a aussi travaillé dur pour améliorer sa défense, voudra profiter de sa puissance et de sa stature pour s’imposer rapidement dans le line-up des White Sox  et ouvrir la voie à la nouvelle génération de prospects sur la route du succès… s’il n’est pas tradé dès le mois de juillet.

Colson Montgomery, première brique de la reconstruction de White Sox enfin ambitieux?

La star : Luis Robert Jr

On ne sait pas s’il sera là la semaine prochaine, ni dans quel état il sera, lui qui s’est blessé dès le début de la saison 2024 avant de réaliser un reste d’exercice médiocre à tous les niveaux. Il affirme qu’il veut rester à Chicago, et le Front Office affirme qu’il ne partira pas. On va décider de les croire… en partie parce que c’est franchement difficile de trouver un autre « joueur star » dans ce qu’il reste de ces White Sox.

Alors concentrons-nous sur le joueur que Luis Robert Jr. est capable d’être, ce slugger surpuissant, ce sprinter si élégant capable de capturer n’importe quelle balle dans le champ-centre sans même donner l’impression de passer la seconde. Sa seule saison quasi-complète, entre blessures et méformes, s’est terminée en 2023 avec 38 HR, 80 RBI et 20 buts volés, et une douzième place au classement du MVP. Cela devrait être la base pour un joueur avec les qualités de Luis Robert Jr., c’est aujourd’hui l’exception.

Il n’empêche que s’il reste dans le Sud de Chicago et décide de redevenir Luis Robert plutôt que Jean-Louis Robert (si tu nous lis, sans rancune), les White Sox auront au moins, faute de pouvoir enchainer les victoires, un peu de plaisir à se mettre sous les yeux.  Dans ces temps difficiles, c’est toujours ça de pris.

Le prono

On ne va pas vous mentir, il n’y a pas grand chose à attendre de ces White Sox, sinon espérer qu’ils vont travailler dur pour gagner des matchs et développer de manière positive la cohorte de jeunes joueurs et de prospects qui vont progressivement prendre le contrôle de l’équipe cette saison. On observera notamment le bullpen, qui sera composé presque uniquement de néophytes, en espérant voir s’imposer quelques bras, et peut-être même un closer attitré, qui sait…

En attendant, la saison va encore être longue pour les supporters des White Sox. La dernière place de Division est presque garantie, celle d’American League semble une formalité,  reste maintenant à voir si les White Sox vont réussir à déjouer tous les pronostics, et empiler encore plus de défaites qu’en 2024. Sans le moindre doute. Ils en sont capable.

Mon Prono : 5e d’AL Central, 48-113

Le pari fou

Les White Sox passent sous la barre des 100 défaites.


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