Preview 2024 – Miami Marlins : Continuer à cultiver le paradoxe

Il y a un an à cette même période, le monde du baseball était en pleine effervescence avec la perspective de la World Baseball Classic et le début de la saison MLB. Et on peut dire que l’année 2023 nous a régalés entre le titre du Japon d’Ohtani face à Team USA, le retour des London Series et la première victoire en World Series des Texas Rangers. Nous avons eu droit à notre lot d’émotions, de beau jeu, de surprises, de déceptions, de rencontres, d’au-revoir (bye-bye Waino et Miggy)… et nous voilà déjà au départ de la saison 2024! Même sans compétition internationale à venir (il faudra attendre 2028 pour revoir le baseball/softball au programme des JO), on a hâte d’entendre PLAYBALL. Et pour tout savoir de cette saison MLB qui approche aussi vite qu’une balle lancée par Nolan Ryan, la rédac de The Strike Out vous propose sa traditionnelle série de previews. Place aux Miami Marlins, une franchise qui brouille les cartes entre ambitions et remises en question.

Les mauvaises langues pourraient vous dire que la saison de baseball 2023 à Miami a connu son apogée avant que celle des Marlins ne commence. Avec l’accueil d’une poule et des phases finales du World Baseball Classic, le LoanDepot Park a vibré derrière les différentes nations présentes du côté de « Magic City » (ou « Vice City », au choix). Une effervescence sur laquelle les Marlins ont pu surfer, eux qui ont commencé la saison dernière sur les chapeaux de roue! Avec Skip Schumaker en remplacement de l’ancienne gloire des Yankees, Don Mattingly, et avec des recrutements qui vont s’avérer judicieux voire cruciaux, les Marlins font une première partie de saison aux antipodes de la précédente.

Si l’on se concentre sur le sportif, et uniquement le sportif, la première partie de saison des Marlins est même impressionnante. Ou plutôt, leur mois de Juin va leur permettre de revoir leurs ambitions à la hausse. Après un premier mois de compétition positif, Mai a été plus compliqué, avant que la bascule ne se fasse donc en Juin avec un bilan de 19-8. En haut de l’affiche, on retrouve un Luis Arraez historique, aux alentours des .400 de moyenne à la batte, accompagné d’un Jorge Soler disponible pour faire montre d’un peu de puissance dans un lineup que l’on peut considérer comme solide à défaut d’être super talentueux.

Les premières véritables secousses arrivent autour du All Star Game, avec un mois de Juillet compliqué, avec des joueurs rentrant dans le rang du côté du lineup, et des soucis de forme voire de santé en général. Kim NG, encore GM de la franchise de Bruce Sherman à ce moment, va tenter de relancer la machine avec des trades visant à renforcer le lineup et le bullpen. Exit les décevants Jean Segura et Garrett Cooper (et quelques prospects), bienvenue Josh Bell, Jake Burger ou encore David Robertson! Si, sur le papier, ces moves font sens, leur impact va mettre du temps à se traduire en résultat positif d’un point de vue collectif. Et si l’on se recentre sur les joueurs, une plus-value va se faire sentir dans le lineup, mais cela sera plus mitigé concernant le pitching. David Robertson, par exemple, est passé d’excellent move afin d’apporter un closer de qualité à un Bullpen qui venait de faire du « blown save » une spécialité, à un problème de plus à régler pour les floridiens avec un ERA final de 5.06. Pour lui arrive alors un changement de rôle bienvenu alors que la première partie du mois d’Août aura été difficile pour Miami.

Mais les Marlins ont de la ressource et Septembre va permettre aux troupes de Skip Schumaker de tirer leur épingle du jeu. Alors que d’autres franchises comme les Cubs vont avoir de plus en plus de mal dans la dernière ligne droite, Miami va montrer ce qui en fait l’une des équipes les plus fortes dans les matchs serrés cette saison : de la résilience. Dans un peloton fourni, les floridiens, numéros uns des majeures lorsque l’on parle de victoires à un run de différence, vont réussir à terminer la saison avec un bilan de 84 victoires pour 78 défaites soit le meilleur bilan de la franchise depuis 2003 (première saison de Miggy et second titre des Marlins), et donc atteindre la post season pour la quatrième fois de leur jeune histoire! On ne les attendait pas à pareil fête et pourtant, les Miami Marlins l’ont fait!

En playoffs cependant, Miami ne peut faire le poids face à l’un des ogres de sa propre division, les Phillies de Philadelphie. Très vite éliminés, les Marlins ont pu cependant se rendre compte de la réussite que fut 2023, d’autant plus lorsque l’on connait les difficultés de la franchise à atteindre le baseball qui compte, celui d’Octobre. Un paradoxe floridien qui s’observe dans son histoire, notamment lorsque l’on parle de playoffs. On se rappelle de leurs épopées victorieuses en 1997 et 2003, faisant d’elle une franchise avec autant de titres que les Mets, de 30 ans leurs ainés, et qui en à peine 4 ans d’existence en MLB avait déjà réussi là où les Padres ou les Brewers ont échoué jusqu’à présent. Mais on ne pourrait parler de paradoxe sans contempler l’aspect atypique de la chose: les Marlins n’ont été présents que dans 4 campagnes de playoffs, et entre 2003 et la saison raccourcie de 2020, n’avaient plus connu le baseball de post season. 2023 leur a donc permis de goûter de nouveau, même furtivement, à cet élixir si particulier qu’est le baseball de postseason.

Si la saison a été belle sur le plan sportif, c’est bien évidemment grâce aux performances des joueurs.

Sur le monticule tout d’abord, Miami continue de sortir des lanceurs de haut vol ou de les récupérer via des trades, notamment lorsque l’on parle rotation. Parlons en premier lieu de Jesus Luzardo. Le lanceur né au Pérou, de parents vénézueliens, est connu pour être un miraculé, à cause d’un retard. En février 2018, Luzardo, diplômé du lycée de Marjory Stoneman Douglas à Parkland en 2016, a rendez-vous avec son alma mater afin d’y faire une session de bullpen et retrouver son ancien coach. En retard de quelques minutes, il reçoit un texto de son ancien coach lui sommant de ne pas s’approcher du lycée alors qu’il n’est qu’à quelques kilomètres de l’établissement, dans lequel s’y déroule un shooting de masse. Il est en contacts avec des étudiants qui vivent la tragédie de l’intérieur. Le bilan est terrible : 17 morts et 17 blessés sont à déplorer. Jesus Luzardo garde ce traumatisme en lui, mais développe un sens de responsabilité qu’il dit avoir envers ceux qui ont subi, victimes comme familles, cette tragédie. Le joueur de 26 ans s’est donc forgé de par ses qualités sportives, mais également les événements qui ont façonné sa vie. Ayant eu un déclic il y a deux ans, il a repris là où il s’était arrêté en 2022, avec une autre belle année en haut de la rotation floridienne. L’ancien rookie des A’s a terminé la saison avec une fiche très intéressante de 3.58 ERA, 3.55 FIP, 1.215 WHIP en 32 starts et 178 manches (soit 78 de plus que son précédent record, datant de 2022). Et il n’a pas été le seul.

Ancien premier tour de draft, Braxton Garrett a été incorporé petit à petit depuis 2020, et semble sur une progression similaire à celle de son compère, en témoigne sa saison 2023 à plus de 55% de victoires, avec une fiche statistique de 3.66 ERA, 3.68 FIP, 1.146 WHIP et un ratio SO/BB de 5.38 en presque 160 manches! Autant dire que les deux solides starters ont confirmé leur émergence de 2022.

On peut bien évidemment ajouter à ces derniers le très jeune (20 ans) Eury Perez, l’attraction de la saison dernière, auteur d’une saison rookie très solide. Le géant (2m03) faisait parler de lui depuis 2021 dans les mineures, et a su se montrer dès qu’il a été appelé dans les majeures, en mai dernier. Sa première partie de saison en MLB a été tout simplement impressionnante avec, en 11 starts, un ERA de 2.36, soit la marque la plus basse d’un joueur de 20 ans ou moins ayant lancé sur au moins 50 manches depuis 1920! Pour les amoureux de stats et d’histoire il est également le plus jeune joueur depuis 1901 ayant réussi 3 starts à au moins 6 manches sans concéder le moindre run. S’il a terminé sa saison dès mi-septembre pour cause de blessure, il aura réussi une belle campagne rookie avec au final une fiche statistique très solide, compilant 3.15 ERA, 4.11 FIP, 1.128 WHIP en 91 manches lancées.

Eury Perez, le jeune lanceur prodige des Marlins, est prêt à s’ancrer d’avantage dans la rotation – Photo: Fish Stripes

Et si Sandy Alcantara (Cy Young sortant) a connu une saison plus délicate avant que le couperet concernant son état de santé ne tombe (opération Tommy John), les Marlins ont pu compter sur un groupe de starters solides (8e ERA des majeures) tout au long de la saison et notamment sa première partie. Tout n’a pas été rose pour autant, avec un bullpen inégal (21e ERA des majeures) malgré les belles saisons de Tanner Scott (2.31 ERA, 12 saves) et Andrew Nardi (2.67 ERA, 8 victoires pour 1 défaite et 3 saves), n’ayant pas reçu l’aide escomptée de joueurs comme David Robertson acquis aux alentours de la trade deadline, et des joueurs comme Trevor Rogers, trop souvent blessé pour aider la rotation de Miami.

Côté lineup maintenant, comment dire… Miami a eu du nez en tradant Pablo Lopez aux Twins pour Luis Arraez. Ou Minnesota a eu du nez en tradant Luis Arraez aux Marlins. Bref, ce deal s’apparente à du gagnant-gagnant tant Arraez a compté dans la production et la compétitivité des floridiens en attaque. Sur la première partie de saison, Arraez a flirté avec les .400 de moyenne à la batte, voyant son nom être placé à côté d’illustres légendes comme Ted Williams pour le citer. Réussissant à frapper le premier cycle de l’histoire de la franchise, à réussir des matchs à 5 coups sûrs, le joueur originaire de San Felipe au Vénézuela a survolé la concurrence, terminant avec .354 de moyenne à la batte, soit 17 points au-dessus de son dauphin et compatriote Ronald Acuna Jr pour le titre de meilleur batteur de la saison. Avec également la troisième meilleure marque en termes de nombres de coups sûrs enregistrés sur la saison avec 203 et le titre de meilleur batteur gagné en back to back dans les deux ligues, Luis Arraez aura été le moteur de l’attaque floridienne et l’une des racines de l’arbre qui a plutôt pas mal caché la forêt. L’autre racine, surtout avant le All Star break, c’est bien entendu Jorge Soler. Le MVP des World Series 2021 a fait parler sa puissance avec 23 Home runs et 51 points produits avant le break, lui permettant par ailleurs d’honorer sa première sélection au ASG. S’il a eu les problèmes rédhibitoires qu’on lui connait, comme son ratio Strikeout/But sur balle abyssal, et surtout une seconde partie de saison délicate, il a su être l’étincelle et le frappeur de puissance attitré des Marlins.

Derrière nos deux hommes, des joueurs tels que Jon Berti, Bryan De La Cruz ou encore Jesus Sanchez ont su se montrer comme des soutiens valides, et Jazz Chisolm, malgré les pépins physiques et un repositionnement en champ centre, a tout de même su être productif avec 19 Home runs, 22 bases volées en 97 matchs joués. Maintenant il aura vraiment fallu les arrivées de Josh Bell (11 Home runs, 26 points produits en .270 BA, .338 OBP, .480 SLG en 53 matchs) et Jake Burger (9 Home runs, 28 points produits en .303 BA, .355 OBP, .505 SLG en 53 matchs) afin d’avoir une offense un peu plus valable. En témoigne les rankings offensifs des Marlins sur la saison en termes de runs (derniers de la National League), d’extra base hits (12e sur 15 en termes de double, 8e en termes de triple), de home runs (10e sur 15 dans la National League) ou encore d’OPS (10e sur 15 dans la National League), confortant l’idée derrière laquelle cette équipe restait moyenne en terme de pouvoir offensif.

Un nombre de pitchers talentueux, un noyau mené par Luis Arraez en attaque, une équipe capable de remporter les rencontres serrées, tels ont été les ingrédients du succès de la franchise floridienne la saison dernière.

Et pourtant les cicatrices de certaines choses passées en 2022 sont encore vivaces. Même si on pensait les oublier en voyant Luis Arraez chasser l’histoire, elles vont avoir des répercussions sur la version 2023 des Marlins et font partie du paradoxe sud floridien. On se rappelle par exemple du départ de Derek Jeter de son poste de CEO en février 2022, et de certaines (mauvaises?) langues qui évoquaient des luttes de pouvoir intestines. Eh bien, puisque les Marlins sont bons lorsqu’il s’agit de cultiver les paradoxes, l’intersaison va plus ressembler à celle d’une franchise ayant eu une saison décevante qu’à une franchise déjouant les pronostics, en se séparant ou plutôt en laissant partir Kim NG. Des différents dans la vision stratégique entre Bruce Sherman, le propriétaire, et sa General Manager sont évoqués pour expliquer le départ de l’architecte de la belle saison de Miami. Ce départ surprise est un des événements marquants d’une année 2023 terminée dans l’inconnue.

Mais du coup, qu’attendre de 2024?

Organigramme:

Départs notables: Kim NG, GM, Brant Brown, Hitting Coach.

Arrivées notables: Peter Bendix, President of Baseball Operations, Gabe Kapler, assistant coach, Rachel Balkovec, director of player development.

Roster:

Départs notables: Jorge Soler, David Robertson, Yuli Gurriel, Joey Wendle, Jacob Stallings

Arrivées notables: Tim Anderson, Trey Mancini, Nick Gordon, Jonah Bride

Le premier changement notable du côté des Marlins se trouve au niveau du front office. En remplaçant Kim NG par Peter Bendix, en provenance des Rays de Tampa Bay, Bruce Sherman calme les esprits en amenant un des hommes de base de l’autre franchise floridienne. De son arrivée en tant que stagiaire jusqu’à son départ en qualité de GM des Rays, Bendix a réussi, avec Erik Neander en supérieur hiérarchique, à faire de Tampa une franchise modèle lorsque l’on parle gestion et compétitivité malgré un budget modeste. Issu de cette vague de brillants cerveaux adeptes des sabermétriques, l’homme de 38 ans va pouvoir appliquer sa méthode du côté de Miami, franchise connue pour ses dépenses plutôt limitées (le payroll de cette saison, à date, est le 26e de la MLB avec 86,5 Millions de dollars environ). Des moves et une augmentation de ce payroll n’est pas à exclure en fonction des résultats de la franchise du sud de la Floride.

Peter Bendix arrive après des années de succès chez les Rays – Photo: Yahoo Sports

Justement, pour avoir des résultats similaires à ceux de la saison dernière, Miami va certainement devoir travailler sur ses points forts et limiter ses points faibles.

Le premier point fort apparent peut paraître paradoxal, au vu de l’actualité, puisqu’il s’agit de sa rotation. Oui oui, j’ai bien dit sa rotation. Vous n’êtes certainement pas sans savoir que Sandy Alcantara, l’ace des Marlins, Cy Young 2022, est d’ores et déjà forfait pour la saison 2024. Et pourtant l’optimisme est de mise du côté de Miami. C’est somme toute normal lorsque l’on voit les joueurs qui devraient remplir les 3 premiers spots de lanceurs partants. Jesus Luzardo sort d’une saison très solide et sera le numéro 1 cette saison. Non loin derrière, Braxton Garrett et Eury Perez devraient suivre dans cette rotation. Il faudra surveiller les retours de blessures, notamment du côté de Max Meyer. L’ancien lanceur star de l’université de Minnesota en Big Ten, doit revenir après une Tommy John et une rechute en 3 ans. A tout juste 25 ans, le lanceur droitier affublé d’une 4-seam, d’une slider et d’une changeup aura à cœur de prouver que le choix des Marlins en 2020 n’était en rien une erreur. D’autres joueurs sont à surveiller à l’arrière de la rotation comme AJ Puck, Edward Cabrera ou encore Trevor Rogers.

Le second point fort, c’est la propension du lineup floridien à frapper des coups sûrs. Sur le podium de la National League dans cette exercice la saison dernière, Miami va certainement s’atteler à garder ce point fort, et tenter de remédier au point faible qu’aura été la difficulté à traduire tout cela en points. Cela ne s’annonce pas si simple car parmi les battes parties, celle de Jorge Soler pourrait manquer à la franchise de Vice City. Si Jake Burger et Josh Bell seront présents sur la ligne de départ, il faudra espérer que Jazz Chisolm puisse tenir sur la durée de la saison afin d’apporter un peu plus d’explosivité à une équipe en cruel manque dans ce domaine. Miami devra également espérer plus de l’un de ses joueurs les plus coûteux en rapport qualité prix, Avisail Garcia. Luis Arraez sera toujours là en qualité de détonateur, mais il faudra qu’il soit accompagné de joueurs capable de produire si Miami veut continuer de rivaliser pour un nouvel accessit en playoffs. Et si quelques joueurs « déchus » tels que Tim Anderson ou encore Trey Mancini sont capables de renaître des cendres de leur saison 2023, alors l’espoir est permis… à moins que…

L’un des points faibles des Marlins la saison dernière a été son bullpen. Faute de mouvements incroyables, Miami va devoir s’appuyer sur les rares satisfactions comme Tanner Scott et Andrew Nardi, et espérer récupérer en Anthony Bender une autre option pour terminer les matchs. Le joueur, drafté par les Royals et ayant navigué dans différents farm systems avant de trouver son bonheur à Miami, était sur une belle ascension avant sa blessure en 2022 et une absence sur toute la saison 2023. Avec un ERA de 2.90 et auteur de 9 saves jusqu’à présent dans sa carrière en MLB, le lanceur droitier pourrait être l’équivalent d’une recrue pouvant clairement aider ses collègues releveurs.

Skip Schumaker va donc pouvoir continuer de travailler avec un effectif assez similaire à celui de la saison précédente. Il a dans son coaching staff l’arrivée notable de Gabe Kapler, qui, il faut le rappeler, a connu la saison régulière la plus victorieuse de l’histoire des Giants en qualité de manager. Autre arrivée importante dans l’organigramme : celle de Rachel Balkovec avec à la clé un poste de directrice du département de développement des joueurs.

En 2024, Miami peut certainement se battre pour une wild card, mais la franchise doit aussi penser au moyen et long terme, notamment lorsque l’on parle farm system. S’il y a quelque chose facile à remarquer, c’est le manque de prospects excitants dans la franchise de Bruce Sherman. Il y a une scission à faire cependant : on a pu observer la montée en puissance du corps de lanceurs avec des joueurs du cru (Perez, Garrett, Cabrera) et d’autres jeunes comme Noble Meyer et Thomas White en formation dans les mineures, mais on peut également observer que la quantité de joueurs de position prometteurs est très légère. Ceci est dû à des trades, certes, mais également à des choix de drafts plus ou moins heureux. Je vous vois venir et oui, la draft c’est la loterie, mais tout de même avec certains choix placés hauts, Miami a étonné en se portant sur des joueurs pas tout le temps plébiscités par les scouts, ou uniquement sur certains aspects. Jacob Berry a, par exemple, toujours été un haut prospect d’un point de vue offensif. Mais a toujours été très inquiétant défensivement, surtout lorsqu’il a été exposé en SEC, la meilleure conférence universitaire du pays. Berry est une sorte de symbole des difficultés de Miami à façonner un farm system plus intéressant, et Balkovec va devoir travailler de concert avec Bendix pour remédier à tout cela en profondeur.

Une rotation au fort potentiel malgré le forfait de sa star, un lineup qui comptera sur Arraez et un retour en forme de certaines valeurs sûres, un bullpen qui va devoir se retrousser les manches, et du travail dans la refonte du farm system : la saison 2024 de Miami s’avère intrigante, excitante, et difficile à pronostiquer. Mais je sais que vous êtes aussi là pour ça. Cependant avant cela, regardons quel joueur il faudra suivre cette saison.

En toute honnêteté, il m’a été difficile de ne choisir qu’un seul joueur à suivre. Entre celui que l’on imaginait comme le visage de la franchise, Jazz Chisolm Jr, le « remplaçant » potentiel de Jorge Soler en qualité de frappeur de puissance Jake Burger, ou les revanchards, mon choix s’est donc arrêté sur l’ancienne star des White Sox, symbole du renouveau attendu puis de l’incompréhensible chute de la franchise du Sud de Chicago.

Le shortstop est ainsi passé de double All Star et joueur incontournable de l’AL, avec quelques moments mémorables comme son walk off home run lors de la fameuse rencontre hommage à Field of Dreams, face aux Yankees, à joueur coûtant cher offensivement et défensivement, lui qui a terminé la saison dernière avec le pire OPS (.582) des majeures parmi les joueurs qualifiés. Des blessures et autres gênes physiques sont venues ralentir la carrière d’un joueur qui, à 30 ans, va vouloir rebondir et prouver qu’il peut toujours être un shortstop qui compte dans une équipe qui ne cherchera pas à se reconstruire, comme c’est le cas pour sa désormais ex-franchise. Si ça n’a jamais été un joueur démontrant puissance à la batte, en forme ça reste un joueur capable de frapper aux alentours des .300 (il a d’ailleurs remporté le batting title de l’American League en 2019), d’apporter entre 15 et 20 home runs et une bonne soixantaine de points produits. S’il laisse les blessures derrière lui, retrouve sa défense et embrasse la philosophie mise en place par Schumaker et ses assistants, à savoir une approche basée sur le contact, alors Monsieur White Sox pourrait bien être la belle surprise de ce roster.

Comme son nouveau coéquipier, Jazz a connu pas mal de pépins physiques. S’il est revenu en 2023 et a été capable d’apporter dans son nouveau positionnement de champ centre (19 home runs, 51 points produits et 22 bases volées en .250 BA, .304 OBP et .457 SLG en 97 matchs), il a dû faire l’impasse sur 65 matchs. Est-ce qu’il est difficile d’imaginer un Jazz Chisolm Jr, débarrassé de ses blessures, réussir une saison en 30-30 (30 home runs et 30 bases volées)? Absolument pas! Joueur explosif aux qualités athlétiques indéniables, le Bahamien explique avoir enfin passé un cap, mais pas sur le terrain : il s’est mis en tête de tout mettre en œuvre pour rester en bonne santé. Il investit dans sa nutrition, dans son suivi médical, pour prendre soin de son corps, tout simplement. Le joueur de 26 ans ne manque pas de confiance à l’orée de la saison et se déclare même candidat potentiel au trophée de MVP, s’il arrive à avoir de la continuité. La continuité, c’est clairement ce que toute une franchise attend de son potentiel franchise player.

Après son explosion en 2021, Jazz a réussi à devenir All Star en 2022, avant que le ciel ne s’assombrisse. Une saison terminée prématurément (seulement 60 matchs cette année là), un changement de position et des difficultés défensives qui s’en sont suivies l’année dernière… Chisolm Jr a déjà connu les joies de la starification ainsi que les affres des blessures.

Une année complète et une course au MVP pour Jazz Chisolm Jr? Photo: Yahoo Sports

Quelle version du joueur en cover de MLB The Show 2023 allons-nous avoir cette saison? Les fans des Marlins espéreront certainement avoir la version All Star, voire une version plus épurée dans son approche à la batte, avec pourquoi pas un poids accru dans le bilan de sa franchise (1.2 de WAR « seulement » la saison dernière). Si tel est le cas, Jazz pourrait bien montrer ce fameux potentiel de MVP en 2024, et coûter bien plus cher aux Marlins en terme d’extension, lui qui connait sa première année d’arbitration!

Avec une rotation solide malgré la perte pour la saison d’Alcantara et un Braxton Garrett qui ne sera pas prêt pour l’Opening Day, Miami va devoir compter sur son pitching staff, malgré un bullpen que l’on peut considérer comme quelque peu limité, et une attaque bien plus efficace afin d’espérer faire au moins aussi bien que la saison dernière.

Luis Arraez devra continuer de guider un lineup loin d’être incroyable en terme de profondeur, mais qui pourrait trouver en Burger, Chisolm Jr et Bell, assez de puissance pour capitaliser sur les coups sûrs engrangés. Si, en terme de talent pur, ce lineup n’est pas le meilleur de la NL East, les quelques joueurs référencés en son sein peuvent décider du type de saison que Miami connaîtra.

Eury Perez, Jesus Luzardo, Braxton Garrett, A.J Puk ou encore Trevor Rogers et Edward Cabrera : ces lanceurs portent une partie des ambitions de la saison des Marlins. La santé des lanceurs étant ce qu’elle est, difficile d’être totalement optimiste pour les floridiens. Étant dans la même division que les Braves et les Phillies (et les Mets…), la concurrence va s’avérer encore une fois rude pour les hommes de Skip Schumaker.

Prono : 80-82, 3ème de division

Avisail Garcia justifie son gros contrat avec une sélection au prochain All Star game, et produit le plus gros OPS (.888, soyons fou!) de sa carrière.


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