Félix Brown : « si tout se passe comme la Fédération l’a prévu, ça devrait être une balade amusante »

Infielder de l’équipe de France et des Templiers de Sénart, Félix Brown est aujourd’hui un visage incontournable du baseball tricolore. En 2018, le natif de Saint-Martin a décidé de se lancer dans les affaires avec la création de sa marque, Hot Hitters, spécialisée dans des équipements de baseball et softball. Pour The Strike Out, le shortstop des Bleus a eu la gentillesse d’accorder de son temps pour répondre à nos questions… et offrir une surprise à nos lecteurs. Interview. 

Portrait réalisé par Glenn Gervot durant le 7e match des Friendship Series entre la France et l’Afrique du Sud. Des series disputées à Johannesburg, Durban et Cape Town. L’Afrique du Sud remporta ce match 11 à 4 et les Friendship Series 5-2. Credit photo : Glenn Gervot 11/11/2018

The Strike Out : Bonjour Félix, avant tout merci d’avoir accepté notre interview.  Pour commencer, pouvez-vous nous raconter à quel moment le baseball a-t-il débarqué dans votre vie ?

Félix Brown : J’ai commencé à jouer quand j’avais 7 ans, après avoir entendu un ami en parler avec enthousiasme dans la cour de récréation de l’école. J’ai convaincu mes parents de me laisser essayer le week-end et boom j’étais accro.

TSO : Parlons un peu de votre carrière. Quel est votre meilleur souvenir jusqu’à présent ? Pouvez-vous nous le raconter ?

FB : Simplement le fait de se réveiller tous les matins pour faire du conditionnement hivernal à l’université et bien sûr les tournois avec l’Équipe de France.

TSO : Quel regard portez-vous sur le baseball français actuel et son évolution dans le futur ? Que manque-t-il au baseball français pour progresser et passer un cap ?

FB : Si tout se passe comme la Fédération l’a prévu, ça devrait être une balade amusante. La France n’a pas de culture baseball, mais avec l’équipe nationale, le personnel et les joueurs nous travaillons à créer une identité du baseball français.

Si tout le monde adhère à cette identité et appuie les efforts de la Fédération et des équipes nationales, des pôles et des académies de baseball, nous verrons des changements.

Le baseball se joue sur le terrain et lorsqu’un joueur a la chance de se montrer et d’impressionner un scout qui est prêt à prendre une chance sur lui, c’est que la route vers la MLB commence. Jusqu’alors nous devons juste continuer à bien travailler.

TSO : Récemment en novembre, vous êtes partis en Afrique pour les Friendship 2018 disputées entre la France et l’Afrique du Sud. Racontez-nous cette expérience que l’on devine unique ?

Félix Brown au bâton lors du match 3 des Friendship Series. Match remporté 11 à 9 par l’Équipe de France. Credit photo : Glenn Gervot 06/11/2018.

FB : C’était ma première fois en Afrique du Sud et c’était une expérience inoubliable. D’une part, il y a la gentillesse des gens qui vous font vraiment vous sentir chez vous. La chaleur de la culture sud-africaine est ressentie par la musique deep house, leur « go to » genre qui englobe les 11 langues différentes parlées dans tout le pays. D’un autre côté, le paysage est époustouflant, il vous donne vraiment envie d’explorer et de voir ce que le pays a d’autre à offrir.

TSO : Comment s’est passée la compétition ?

Tentative de bunt réalisé par Félix Brown dans le 3e match des Friendship Series en Afrique du Sud. Photo réalisée par Glenn Gervot le 06/11/2018.

FB :  Le South African French Tour ou la série Friendship, quel que soit le nom qu’on lui donne, a été, à mon avis, une grande incitation de la part des deux fédérations à faire connaître davantage ce sport aux joueurs des deux pays.

Personnellement, je suis content de ma performance, mais nous n’avons pu gagner que deux matches, donc je vais devoir ajuster mon entraînement physique et mental car l’équipe et tout le monde en France nous demandent plus que 2 victoires seulement.

TSO : Si vous deviez garder une image de cette expérience, que diriez-vous ?

Félix Brown en défense cette fois lors du Game 4 des Friendship Series. Match remporté par les Bleus sur le score de 4 à 3 pour revenir à 2-2 dans la série. Credit photo : Glenn Gervot 07/11/2018.

FB : Cette expérience sud-africaine m’a ouvert l’esprit et les yeux sur beaucoup de choses dans ma vie. Je suis revenu en France avec une nouvelle approche sur la façon dont je vais vivre mes journées. Je ne sais pas encore exactement comment le décrire, mais j’ai l’impression d’avoir eu ce sentiment quand j’essayais de signer et jouer au baseball professionnel.

TSO : Quel est votre sentiment sur la saison 2018 de Sénart qui s’est terminée en ½ contre Rouen ?

FB : Je pense qu’il va sans dire que nous n’avons pas été à la hauteur à la fin.

TSO : Par rapport à l’actualité, que pensez-vous de l’élargissement de la D1 à 12 équipes ?

FB : Je ne suis pas encore sûr de ce que je ressens à ce sujet, redemandez-moi l’année prochaine à peu près à la même époque et j’aurai plus de réponse pour vous.

TSO : Durant votre carrière vous avez joué en pro au sein de ligues indépendantes au Canada aux USA et au Japon. Quelles différences avez-vous noté au niveau du sportif et du développement entre ces différentes Indy Leagues ?

FB : Le baseball indépendant aux États-Unis et au canada est différent du baseball japonais car il n’y a pas vraiment d’entraînement, vous faites simplement quelques jours, habituellement une semaine d’entraînement, de printemps et commencez à jouer tout de suite. Alors qu’au japon vous vous présentez un mois entier avant la saison et pratiquez 6 jours par semaine, bien dur !  Même pendant la saison, les jours où vous ne jouez pas, il y a des entraînements. Donc du côté du développement des joueurs, le Japon se distinguera des autres pays.  Le baseball indépendant est partout dans le monde le même, vous faites partie d’une équipe avec des joueurs qui peuvent jouer et qui ont du potentiel, mais qui ont chacun un niveau d’expérience différent. Vous auriez pu sortir du baseball universitaire et votre coéquipier pourrait facilement être un gars qui a joué 7 ans dans la MLB, NPB ou une ligue professionnelle.

Félix Brown en vrac :

-2 jeux du Royaume des Pays-Bas avec les Antilles néerlandaises 2003 & 2005

-Essai mouvementé avec les Rockies du Colorado

-Bourse d’études à l’Université dominicaine de l’Ohio 2007

-Séries mondiales de la NAIA, sa première année 2008

– Semaine de baseball de Haarlem et colocataire avec Andrelton Simmon des Los Angeles Angels 2008

– Equipe de France 2010

– Graduation & Templiers de Senart 2011

– Saison au Japon 2012

– Saison à Hawaii 2013

– Saison au Québec 2014

– Templiers depuis 2015

TSO : Avez-vous un joueur favori, une source d’inspiration sur le terrain ?

FB : Mon joueur préféré a été et sera toujours Roberto Alomar. Maintenant que j’entraîne des enfants, j’utilise beaucoup de joueurs MLB comme référence mais j’ai tendance à choisir des joueurs que je connais personnellement avant les autres.

TSO : Si vous pouviez « créer » un joueur parfait, quelles seraient les compétences physiques à avoir absolument ?

FB : Bonne question, j’opterais certainement pour un joueur qui a un bon sens de lui-même (capacités) d’abord, puis je devrais choisir de bons yeux et une bonne capacité athlétique. Pour moi ce sont les choses clés. Pour le reste, je serais heureux de l’aider à se former.

TSO : Quels sont vos objectifs personnels pour 2019 ?

FB : Il y en a plusieurs. D’un point de vue personnel, d’abord être diplômé de la formation DEJEPS, puis retrouver une forme de jeu de baseball de haut niveau. Avec en ligne de mire des objectifs relevés comme finir top 3 des championnats d’Europe et se qualifier pour Tokyo 2020.

Dans ma vie perso j’aimerais passer moins de temps derrière un écran d’ordinateur. Quant à mes envies professionnelles, je dirais développer ma marque Hot Hitters pour devenir la marque n°1 du baseball et du softball en Europe.

TSO : Justement Hot Hitters, parlons-en un peu, pouvez-vous nous expliquer ce projet ?

FB : En tant que joueur de l’équipe nationale, j’ai toujours été approché par certaines marques pour les représenter en tant que vendeur ou ambassadeur, mais je n’aimais généralement pas leur produit ou bien je trouvais les produits en question beaucoup trop cher. Donc après avoir eu l’idée en tête pendant deux ans j’ai décidé de faire quelques gants de frappe peu coûteux pour mes amis. Cependant j’ai commencé à voir plus grand et j’ai décidé de créer la marque Hot Hitters. C’est à mon père Gabriel Brown que je dois l’idée du nom.

TSO : Si vous deviez résumer la philosophie de votre marque « Hot Hitters » en quelques mots ?

FB : Le projet est simple. Il s’agit d’offrir des équipements de baseball et de softball de qualité, abordables et confortables à tous les joueurs européens.

TSO : Hot Hitters a aujourd’hui un an, comment s’est déroulée cette première année dans le monde des affaires ?

FB : Ma première année dans le monde des affaires avec ma marque Hot Hitters a été géniale ! J’ai beaucoup appris sur l’importation, l’exportation et les négociations internationales. Ce qui a commencé comme une idée de fournir simplement quelques gants de frappeur bon marché pour les amis s’est transformé en une entreprise en ligne qui fournit à de nombreux pays européens et les joueurs.

Du premier produit (gant de frappeur Blue Flames) jusqu’au fait d’avoir maintenant un produit clé dans 4 catégories différentes, je pense que nous avons bien travaillé pour cette première année.

TSO : Peut-on dire que « Hot Hitters » est dans la bonne voie ?

FB : Complètement. Nous avons récemment signé un gros contrat avec un fabricant de gants, qui fournit des gants de campagne pour de nombreuses autres grandes marques et ce n’est que le début de l’évolution de la marque Hot Hitters.

TSO : Enfin, dernière question, est-il possible de faire gagner un petit cadeau à nos lecteurs pour cette fin d’année ?

FB : Avec plaisir ! Pour Noël je peux faire gagner un gros prix. Je peux donner une paire de gants de frappe, une douille de poignet à compression, un manchon de bras de compression et un protège-pouce ! (NDLR : Un jeu concours sur les comptes twitter et facebook de The Strike Out est à suivre prochainement)

 

TSO tient à remercier tout particulièrement Glenn Gervot (www.gervot.com) pour ses photos et Félix Brown pour le temps accordé à The Strike Out.  

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